Le rugby français aussi est en état d’urgence !

Par Frédéric Bonnet

Merci à Michel Sespiaut pour le titre et à Christian Darlet pour les images

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La Voulte 1976

Le rugby a été privatisé et n’est plus un bien public. Il appartient désormais à des chefs d’entreprises et aux médias qui l’utilisent pour gagner de l’argent en le rentabilisant à outrance. Ces grands despotes, leurs commerciaux et leurs lois de la finance, ont volé les clubs, leurs infrastructures, leurs supporters, les maillots et les joueurs au peuple de l’Ovalie. Ils les ont acheté à bas prix pour en faire leurs choses et s’en servir à des desseins qui n’ont rien à voir avec l’essence même de notre sport. À qui l’ont-ils volé ? À nous toutes et tous, qui avons été éduqués grâce à ce sport. Pourquoi l’ont-ils volé ? pour s’enrichir directement ou indirectement. Seuls les cyniques peuvent se réjouir de la lente et progressive dégradation de notre sport. Il était un fait social culturel, il se transforme en un spectacle qui joue avec la santé de ses acteurs, les rugbymen.

Si rien n’est fait dans les prochaines années, il y a fort à parier que le rugby deviendra un mélange de football, de jeu du cirque et de football américain. Les clubs se transformeront en franchises régionales qui porteront des noms de marques. Le Rugby club pastis de PACA à la place du RCT, les pneus Michelin d’Auvergne à la place de l’ASM ou le château Margaux des girondins à la place de l’UBB.  

Les principales victimes en seront les joueurs. Ceux qui auraient pu, grâce au rugby, s’élever socialement et humainement. Ou tout simplement prendre du plaisir dans ce magnifique sport collectif. Toutefois, rien n’est perdu, car ce qui a été volé par une minorité peut être repris par la majorité silencieuse. Encore faut-il que nous prenions toutes et tous conscience du gouffre devant lequel se trouve le rugby.

Évolution du nombre d’habitants des villes des clubs de rugby de première division

Les ligues américaines sportives ont démontré combien la localisation de clubs dans des grandes agglomérations était importante financièrement parlant. Le potentiel de spectateurs, la fréquentation des stades, la commercialisation d’un sport et la puissance du sponsoring sont proportionnels à la taille des métropoles.

Le professionnalisme a fait disparaître le rugby des plus au moins gros villages de moins de 20 000 habitants (celui de Mimizan, La Voulte, Beaumont, Salles, Saint Claude ou Saint Girons qui faisaient partis de la première division dans les années 1975-1977). Toutefois, en 2003, huit ans après le début du professionnalisme, la majorité des clubs de rugby se situait encore dans villes moyennes de 52 à 100 000 habitants ; contrairement aux clubs de football localisés très majoritairement dans des grosses métropoles de plus de 100 000 habitants. 

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Mimizan 1976
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Salles 1976

Cette spécificité rugbystique a disparu, la grande majorité des clubs du Top 14 de rugby sont désormais situés dans des agglomérations de plus de 100 000 habitants.

Le nombre moyen d’habitants des clubs de rugby de première division est passé de 48 658 en 1998/99 à 60 575 en 2002/2003 et enfin à 160 000 en 2016/2017.

C’est d’ailleurs un miracle (ou un signe de talent) que Brive, Castres ou Bayonne, les trois villes de moins de 52 000 habitants arrivent encore à se maintenir en Top 14.

Villes Saison 2002/2003 Saison 2016/2017
Plus de 100 000 habitants

6 (37,5%)

Toulouse, Montferrand, Paris, Bordeaux-Bègles, Grenoble et Perpignan

9 (64%) 

Toulouse, Montferrand, paris, Bordeaux-Bègles, Grenoble, Montpellier, Toulon et Lyon

De 52 000 à 100 000 habitants

2 (12,5%)

Pau et Béziers

2 (14,2%) 

Pau et La Rochelle

De 20 000 à 52 000 habitants

8 (50%)

Narbonne, Mont de Marsan, Montauban, Biarritz, Colomiers, Agen, Castres, Bourgoin-Jallieu 

3 (21%)

Brive, Castres et Bayonne

Moins de 20 000 habitants 0 0
 

16 clubs

60 575 habitants en moyenne par club

14 clubs

160 000 habitants en moyenne par club

Evolution des budgets des clubs de rugby du Top 14

La forte augmentation du nombre d’habitants moyens des villes des clubs du Top 14 depuis les années 2000, couplée à l’explosion des sommes reversées par Canal plus à la LNR, a fait grimper en flèche les budgets des clubs de première division. Le budget moyen des clubs du Top 14 est passé de 6,75 millions (min 4- max 13,4) en 2003/2004 à 21,53 (min 11,62-max 30,87) en 2015/2016, soit un chiffre multiplié par 3,1 en moyenne. Seule l’identité des clubs les plus riches n’a pas changé en 12 ans. Dans l’ordre : Toulouse (13,4 à 30,87 millions, soit x 2,3), l’ASM ( 9,5 à 29,20 millions, soit x 3) et le stade français ( 7,07 à 27,65 millions, soit x 3,91). 

Les cinq autres clubs toujours présents en Top 14 ont aussi fortement augmenté leur budget. L’UBB, enfant du SBUC et de Bègles de 4,8 à 20,43 millions (x4,2), La Rochelle de 4,1 à 16,43 (x4), Grenoble de 5,58 à 21,73 millions (x3,9), Pau de 5,3 à 17,31 millions (x3,2), Castres de 8 à 20,34 millions (x2,5) et Agen de 6,04 à 11,62 (x 1,9 seulement).

Pour la saison 2016-2017, le budget moyen d’un club de Top 14 est passé à 23,34 millions d’euros, soit plus 1,81 million d’euros.

Saison 2003/2004 millions d’euros Saison 2015/2016 millions d’euros (prévisions pour 2016-2017)
Toulouse 13,4  Toulouse 30,87 ( 31,57 ; +o,7)
ASM 9,5 ASM 29,20 (29,7 ; +o,5)
Castres 8 Stade français 27,65 (27,67)
Stade français 7,07 Toulon 26,86 (25,51 ; – 1,35)
USAP 7,05 Racing 24,26 (25,42 ; + 1,16)
Biarritz 6,6 Montpellier 23,46 (24,24 ; + 0,78)
Bourgoin 6,3 Grenoble 21,73 (21,72)
Agen 6,04 UBB 20,43 (24,20 ; + 3,77)
Colomiers 5,88 Castres 20,34 (21,50 ; + 1,16)
Grenoble 5,58 Pau  17,31 (19,62 ;+ 2,31)
Narbonne 5,3 La Rochelle 16,43 ( 18,24 ; +1,81)
Pau 5,3 Oyonnax 16,01 (remplacé par le LOU ; 24,68)
Béziers 4,6 Brive 15,28 (16 ; + 0,72)
Montauban 4 Agen 15,28 ( remplacé par Bayonne ; 16,82)
Rapport entre Montauban et Toulouse de 3,35 Rapport entre Agen et Toulouse de 2,02

Evolution des affluences dans les stades de rugby

L’augmentation substantielle du nombre d’habitants des villes possédant un club pro ainsi que la diminution du nombre des clubs en élite (40, puis 16 et enfin 14) ont fait exploser les chiffres des affluences moyennes dans les stades. Ainsi, on est passé de 2450 spectateurs par stade et par match en moyenne durant la saison 2001/2002 du Top 16 à 13 642 par match en Top 14 en 2015/2016. Soit une multiplication par un facteur de 5,5 en 14 ans. Plus d’argent dans les caisses des clubs, plus de spectacle sur le terrain, plus de chocs entre titans, plus de pom pom girls, plus de vagues dans les tribunes. En contrepartie, un jeu de rentre dedans de plus en plus stéréotypé, plus de blessures de joueurs et moins de connaisseurs dans les tribunes.

L’UBB est un bon exemple pour illustrer cette évolution. Ce club, nait de la fusion entre le SBUC de Bordeaux et le CAB de Bègles, est passé de la Pro D2 et du stade Moga (ex Musard) de 9000 places de la banlieue ouvrière de Bordeaux, au stade Chaban Delmas de 35000 places. Au passage, le club a abandonné ses fidèles supporters des damiers de l’Academie de Bègles pour les remplacer par un nouveau public, qui vient au stade pour festoyer en attendant le clou du spectacle : la fameuse vague de la deuxième mi-temps. Un succès économique indéniable, un succès sportif qui se dessine, mais au prix de la disparition d’un club centenaire.

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Bègles 1976
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Bègles 1975

 

Saison 2001/2002 Top 16 Saison 2015/2016
ASM 4380 UBB 25539 (x 18 de Bégles à Bordeaux)
USAP 3514 Toulon 19307
Toulouse 3352 Toulouse 18795 (x 5,6)
Béziers 3300 ASM 17047 (x 3,9)
Bourgoin 3087 La Rochelle 14744 (x 6,08)
Biarritz 2875 Grenoble 13657
Stade français 2583 Pau 12354 (x 6,2)
Agen 2496 Stade français 11577 (x 4,48)
La Rochelle 2423 Montpellier 11552
Pau 1990 Racing 10497
Dax 1650 Brive 10271
Bégles 1399 Oyonnax 9908
Castres 1359 Castres 9584 (x 7)
Narbonne 1226 Agen 8316 (x 3,3)
Colomiers 1169  
2450 en moyenne  13642 en moyenne (x5,5)

 Evolution du salaire moyen des joueurs pro

Depuis son invention au 19 è siecle, le rugby refusait l’idée du professionnalisme. Pour autant, il était courant que les joueurs touchent des rémunérations occultes de leurs clubs. Le rugby amateur amenait certes, une promotion sociale des joueurs au sein de la ville de leur club ou dans les entreprises de la région, elle leur permettait aussi traditionnellement de poursuivre leurs études ou d’exercer une profession (en général à mi-temps).

Mais l’argent de l’économie souterraine du rugby se transformait plus souvent en salaire déguisé qu’en argent de poche… le fameux amateurisme marron. On estime par exemple qu’un joueur du RCT touchait l’équivalent de 15 532 € en une saison en 1976, de 53998€ à Beziers en 1972, de 12750 à 29752 € à Romans en 1978, 11922€ à Cahors en 1981, 14590€ à Nimes en 1983, 37512€ à Bourgoin-jallieu en 1986, 34780€ au LOU en 1990 ou 115255€ à l’ASM en 1995.

Pour donner une estimation du niveau de vie des joueurs de rugby des années 70, rappelons par exemple qu’un instituteur gagnait 4 fois moins bien sa vie qu’un joueur de rugby biterrois (18000 francs bruts par an contre 70000 francs bruts). De nos jours, un professeur des écoles en milieu de carrière gagne 10 fois moins bien sa vie qu’un rugbyman du Top 14 d’un « gros » club (26000 € bruts par an contre 267 000 € bruts). Plus globalement, on considère que le salaire moyen d’un rugbyman du Top 14 est cinq fois supérieur à la moyenne du pays.

Notre championnat est considéré comme offrant les plus hauts salaires du monde du rugby : Dan Carter 1 400 000 € par an, Matt Giteau 900 000 €, Halfpenny 750 000€, Habana 600 000, Parra 550 000€ ; contre 587 000 pour Manu Tuilagi ou 580 000€ pour Picamoles en Premiership. Ces sommes faramineuses cachent toutefois une grande hétérogénéité des salaires et des contrats des rugbymen du Top 14.

Les différences salariales sont très importantes entre les joueurs au sein d’un même club, et encore plus entre les stars internationales et les autres joueurs. Ceci sans prendre en compte les différents contrats publicitaires ou droit à l’image des joueurs les plus médiatiques. Sans aucun doute, ce phénomène influe négativement sur la cohésion des équipes et sur la sacro-sainte valeur collective et solidaire du rugby.

De la saison 2001/2002 à la saison 2013/2014, le salaire brut moyen des joueurs de première division a été multiplié par 2,97 pour les clubs les plus riches, par 2,68 pour les clubs moyens et par 2,13 pour les « petits » clubs. 

Clubs par budget

Saison 2001/2002

salaires moyens

Saison 2013/2014

salaires moyens

Petits clubs 4848 euros bruts par mois, 57 696 annuel

de 7460 à 10 350 euros bruts par mois,

124 200 annuel (x 2,13 en 12 ans)

Clubs moyens 6011 euros bruts par mois , 72 132 annuel

de 11 600 à 16 120 euros bruts par mois, 

193 440 annuel (x 2,68 en 12 ans)

Gros clubs 7488 euros bruts par mois, 89856 annuel

de 16 240 à 22 260 euros bruts par mois,

267 120 annuel (x 2,97 en 12 ans)

Evolution du nombre de joueurs recrutés à l’étranger dans le rugby pro (cf articles à ce sujet sur le site)

Pour la première fois en vingt ans de professionnalisme, la balance entrée/sortie de joueurs formés à l’étranger sera négative dans le Top 14 (- 3 joueurs) et en Pro D2 (- 19 joueurs). Malheureusement, la fédérale 1 comptera 16 joueurs formés à l’étranger de plus cette année. En Top 14 cette année, on devrait compter 226 joueurs recrutés à l’étranger dont une majorité de sud-africain (56) ; de néo-zélandais  (52) ; d’australiens (31) et de fidjiens (27).

Quand on pense que notre championnat en comptait 13 en 1996/97, 63 en 2001/2002 , 71 en 2005/2006, puis 140 en 2009/2010, on mesure l’étendue des problèmes que rencontrent les joueurs formés en France pour trouver une place en Top 14, en Pro D2 (205 joueurs recrutés à l’étranger) ou même en fédérale 1 (250 joueurs recrutés à l’étranger).

Evolution du nombre et des types de blessures dans le rugby pro (cf article à ce sujet sur le site)

Le nombre de sorties sur blessure a augmenté de 40% entre 2012 et 2015. Les blessures les plus fréquentes, et en constante augmentation, sont les traumatismes du genou, les traumatismes musculaires, de la cheville et de l’épaule. Mais la « star » des traumas des rugbymen sera cette année la commotion cérébrale. On en a recensé près de 66 l’an passé, contre seulement 38 en 2014. Les autorités rugbystiques ont bien mis en place les protocoles commotion HIA1 en cours de match, HIA2 trois heures après le match et HIA3 48 heures après le match.

Mais le cas Jamie Cudmore montre bien que seule l’indépendance du corps médical vis à vis des clubs est à même de garantir la bonne application de ce protocole. Enfin, tous le joueurs ne sont pas égaux devant la blessure :

  • les postes les plus touchés sont les talonneurs, les piliers et la charnière.
  • les blessures sont plus fréquentes chez les semi pros (fédérale1) que chez les amateurs et les pros.

Conclusion 

Désormais, notre rugby professionnel est un sport :

  • de grandes métropoles comme au football, mais toujours principalement situées en Occitanie (10 clubs sur 14). Paris compte deux clubs, le Lyonnais aussi. Toutefois, notre sport peine encore à s’étendre dans le reste de la France. L’implantation du rugby dans le Nord de la France est toujours un échec (le club de Lille a disparu pour des raisons financières). Mais, il pointe son nez en Bretagne, le club de Vannes a accédé cette année à la Pro D2, et en Alsace. Strasbourg devrait postuler l’année prochaine pour une place en Pro D2.  
  • qui attire de plus en plus de spectateurs dans des stades de en plus grands.
  • qui paye de mieux en mieux ses joueurs du Top 14 du fait de la croissance importante des budgets des clubs.

Toutefois, la face cachée de cette expansion économique du rugby est moins reluisante. Des joueurs formés en France, qui n’ont plus le temps de suivre des études ou une formation autre que rugbystique, qui manquent de temps de jeu dans leurs clubs, voire qui sont au chômage et qui vivent dans une précarité sociale inquiétante.

Enfin, des rugbymen qui jouent dangereusement avec leur santé (blessures à court et à long terme, dopage) pour suivre le rythme infernal du rugby professionnel. 

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Saint Claude 1976
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Saint Girons 1975
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Beaumont de lomagne 1976

5 réflexions sur “Le rugby français aussi est en état d’urgence !

  1. Le Rugby aussi est en état d’urgence !

    L’équation n’est plus sportive mais Economique

    On verra bien le temps que tout ça durera , mais
    20 ans après , l’inflation démesurée des budgets ,tous les clubs en dehors de quelques  » franchises  » sous perfusion mécènale sont exsangues financièrement ,

    meme le modele Toulousain cité il y a peu encore en exemple de réussite devient déficitaire , les droits TV n’ont servi qu’une inflation salariale permettant d’attirer les stars étrangères qui dopent l’audience télé

    Constat implacable !

    Pendant ce temps les rétrogradations financières s’empilent jusqu’en fédérale , tout le système est gangréné sans que cela n’émeuve grand monde , du côté de la ligue ou de la FFR ,jusqu’a la déliquescence qui ne saurait tarder car ce modele économique du Rugby Pro sous sa forme actuelle n’est pas viable au risque de le voir confisquer par 4 à 6 clubs

    Rugby de clichés

    La formation et le rugby de clocher serve désormais de décors en carton pâte

    C’est un constat triste et désabusé , mais je crois lucide sur la situation

  2. Analyse exhaustive dont la première vertu est de démontrer l’évolution suicidaire du rugby: il a échappé à ceux qui l’ont fait depuis son implantation dans ses terroirs, terroirs dans l’ incapacité de suivre l’inflation galopante des budgets et plus grave la recherche exclusive du super athlète au détriment de la créativité, de l’intelligence le rapproche d’un sport de combat réservé à des titans et prochainement des gladiateurs des temps modernes. S’il n’est pas possible d’inverser une telle dérive interdisant la pratique de ce merveilleux sport collectif au commun des mortels, si l’on veut sauver ce qui peut l’être je ne vois qu’une scission totale avec ce monde, qui de toute façon n’a que faire de l’équipe nationale et de la formation, ne parlons pas de l’éducation de milliers de gamins. Sans nostalgie pour l’époque du rugby marron, il n’en demeure pas moins qu’à cette époque la promotion sociale de nombreux joueurs ( et de leur vie sociale)était une réalité, la preuve est aujourd’hui faite qu’ à haut niveau, le joueur n’est plus qu’un outil jetable, la fuite en avant financière réduira les clubs pros à une poignée de franchises, et si le peuple du rugby ne réagit pas ce sport deviendra confidentiel à l’instar de ce qui est arrivé au XIII qui avait connu la professionnalisation à la fin des années 50.

  3. Merci pour ce superbe article et cette séquence nostalgie.
    En effet, où va notre rugby que l’on a temps aimé?
    Nous procurera t-il, autant d’émotions et de plaisir à le jouer ou à le regarder dans le prochaines décennies?

  4. Bel article et les recherches toujours aussi pointues .
    Mais  » je ne crache pas (tout ) sur la soupe » , car j’ai encore du plaisir à regarder des matchs mais avec un regard différent et surtout une approche moins globale mais plus tactique du jeu . Bref, je me suis adapté ….!
    Le renforcement des structures « Club » ne me dérange pas plus que cela puisque que ce sont des entreprises qui se tirent la bourre entre elles , en pratiquant du sport spectacle ( qui n’est pas toujours au rendez vous et qui n’est plus le jeu que nous avons connu auparavant c’est vrai …. ) et le business qui va avec .
    Là où le bas blesse , que cela me met en rogne, car c’est un réel problème , c’est que le jeu proposé en haut niveau est copié , plagié puis proposé et enseigné dans les écoles de rugby ( je suis bien placé pour en parler) dès le plus jeune âge . Ces jeunes joueurs en devenir passent plus de temps à mettre la tête dans le gazon , qu’à chercher à regarder tout autour d’eux pour chercher faire vivre le ballon . Bref , là à mon avis c’est pas bon pour la suite ….!

    Enfin à mon avis , l’évolution du jeu pratiqué est la conséquence de règles qui n’évoluent pas assez vite . Les entraîneurs puis les joueurs sont en border-line avec l’interprétation des règles et la stratégie de la faute provoquée , sanctionnée par trois points , coule de source et à maintenant pris trop d’importance dans le jeu .
    De plus la politique actuelle proposée par les instances dirigeantes de notre sport est trop attentiste . Il y a de l’argent pour tout le monde alors tout le monde est content , ils laissent ronronner , tranquille et à l’arrivée aucune réflexion pour se rendre compte de l’état du rugby de masse sur le territoire avec des clubs qui survivent tant bien que mal pour faire fonctionner leur structure et faire jouer leurs équipes , ce qui est la moindre des choses par rapport au prix de la licence . Et çà c’est un secteur où l’aide est la plus importante à apporter, et en priorité , car nos clubs sont le terreau des futurs joueurs avec le label  » formé et éduqué en France » et qui doit être l’identité de notre jeu , d’un jeu qui doit continuer à nous faire vibrer .

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