La troisième mi-temps, un trésor du rugby qui se perd

La troisième mi-temps symbole du jeu de Rugby, moment de convivialité partagé après un match entre coéquipiers, mais aussi si possible avec les adversaires, tend à disparaître, tout du moins dans le monde impitoyable et égo-centré du rugby professionnel.

Ce moment privilégié dont on  connait le point de départ, mais rarement les prolongements, a toujours été un prétexte cathartique pour être ensemble. Un moyen de souder les hommes entre eux et d’apaiser les tensions générées par le combat.

Ce n’est pas pour rien que la grande majorité des sièges historiques des clubs français étaient des cafés, suivant en cela la tradition des Club House anglais. Seul sport de combat collectif à célébrer les vertus du sacro-saint collectif, la troisième mi-temps est ontologique à la nature du jeu de Rugby et lui donne pleinement sa dimension sociale. Sans troisième mi-temps, le combat rugbystique n’est plus que violence. 

La chaine d’Union ou le cercle des joueurs de rugby

Regardez un match de rugby : intangiblement en début et en fin de match vous verrez les joueur se serrer en ronde pour mieux se souder. Un geste devenu naturel qui vient de l’origine de la création de ce jeu, comme la mêlée, le ballon ovale, le temples que sont les stades de rugby, les essais, le chiffre trois, le nombre XV, la troisième mi-temps, les poteaux en forme de H et comme de manière générale l’imaginerie rugbystique et son esprit.

Paris, 20 août 1996 : Le jour où la fédé (FFR) a cédé le volant au rugby professionnel

Le 15 juin 1996 à Albi lors d’une assemblée houleuse la FFR décida de créer la Commission nationale du rugby d’élite (CNRE) présidée par l’ancien parachutiste expert-comptable Séraphin Berthier, ancien trésorier du FC Grenoble. Mais cette commission pris rapidement pour mission de mener un combat interne secret contre la FFR, contre le jeu de Rugby amateur, bref contre l’Histoire, au profit des intérêts particuliers des clubs. 

L’Histoire du XV de France en 13 périodes (à raconter aux néo et futurs internationaux)

De tout temps, l’identité rugbystique de la France a été représentée par le XV de France : son maillot bleu, son emblème le coq, ses héros, ses rituels, ses mythes et ses récits d’aventures. Que l’on suive ses exploits dans le tournoi des cinq nations via le transistor ou sur un poste de télévision lors des coupes du monde, les « bleus » ont toujours conservé une dimension sacrée que ce soit pour les joueurs ou les spectateurs. A chaque époque, le style de jeu du XV de France reflétait une manière d’exprimer une culture et une éducation.

Avant l’arrivée du professionnalisme, être sélectionné en équipe de France représentait l’apogée d’une carrière sportive. Ce n’est plus le cas depuis que le TOP 14 et la coupe d’Europe absorbent la quasi totalité de la lumière médiatique du jeu de Rugby.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que notre rugby n’a toujours pas digéré sa financiarisation effrénée. La LNR et les clubs professionnels écrasent le XV de France et le relègue peu à peu à la seconde division du niveau international.

On a le XV de France que l’on mérite. Certes, mais ce n’est pas une excuse ou une fatalité . Il est plus que temps de revenir sur la fabuleuse Histoire du XV de France pour donner quelques idées aux potentiels réformateurs du modèle rugbystique français. Car, l’ignorance ne peut que conforter le CAC 14 et laisser les « bleus » à l’abandon dans leur prison dorée de « Marcatraz ». 

FFR ou LNR : il faut choisir

La réussite du modèle rugbystique Néo-Zélandais révèle en creux et en négatif l’abyssal échec du modèle bicéphale français. L’aigle à deux têtes (FFR et LNR) qui dirige le rugby en France pique du nez tel un kamikaze en perdition. La double personnalité du rugby français l’empêche de fonctionner intelligemment et rationnellement.

Les intérêts de la LNR et de la FFR sont à ce point divergents, voire opposés, qu’il est impossible de faire autre chose que du surplace : à savoir avoir un CAC 14 surpuissant qui attire les meilleurs joueurs de la planète et un XV de France aux résultats de plus en plus grotesques.

Pourtant, des solutions existent, encore faudrait-il que la FFR reprenne son leadership sur la LNR. Et que cessent les querelles de personnes et les faux débats ineptes. Il faut changer de paradigme : les clubs sont aux service des joueurs, de leur formation, de leur santé, de l’équipe de France et du rugby. Pas l’inverse.

La réussite des All Blacks en 7 leçons

La réussite éclatante et la suprématie sans partage du Rugby Néo Zélandais sur la planète ovale depuis plus de cent ans n’est pas le fruit du hasard. La fée du rugby ne s’est pas particulièrement penchée sur le rugby made in kiwis. Non, le mythe des All Blacks a été pensé et travaillé longuement et intelligemment. Il répond à un besoin de cohésion sociale et culturel nationale dans un pays peu peuplé et situé aux antipodes des origines du rugby : l’Europe.

L’Histoire symbolique des poteaux de rugby en H

Par Frédéric Bonnet Les symboles du jeu de Rugby : Partie I     Il suffit d’observer des enfants organiser un matcH de rugby dans une cour d’école ou sur un terrain vague pour comprendre que la condition sine qua non à toute partie passe obligatoirement par la recherche d’un ou de deux buts. Ce […]

Le Rugby des cafés et des bistrots

Alors que le jeu de Rugby anglais est frappé au coin du classicisme et appartient tout entier à l’aristocratie estudiantine, aux publics schools et aux grandes universités prestigieuses, son héritier et rival français siège au sens propre et figuré beaucoup plus modestement dans des cafés, des bistrots, des bars, des brasseries, voire des hôtels : des lieux bien plus populaires. Enfin siégeait, car depuis 1995-1996 et l’arrivée du professionnalisme, les clubs de rugby pro appartiennent désormais à des consortium plus difficilement localisables. Il n’en reste pas moins que les clubs français demeurent la cellule vivante du rugby français. Chacun des 1885 clubs français représente un modèle réduit de la société qui l’a inventé. Avec le stade, le lieu  de rencontre de cette mini-société ovale est le café : une spécificité française.