Les blessures récurrentes du rugby professionnel

La fracture ouverte de la malléole de Camille Lopez a choqué tous les amoureux du rugby. Les commotions cérébrales à répétition font parler d’elles à longueur de journées. Certains joueurs comme Darly Domvo passent plus de temps à se soigner qu’à jouer au rugby. Est-il normal qu’une personne se blesser aussi souvent en pratiquant son métier ? Non, bien entendu. Combien sont-ils chaque journée à ne pas pouvoir jouer à cause d’une blessure subie à l’entrainement ou en cours de match ? Beaucoup trop. 

Quelques vérités à propos de l’électrocardiogramme (ECG), du rugby et du sport en général

Un corps sain pour un esprit sain. De multiples études mettent en lumière les biens faits indéniables de la pratique régulière d’activités physiques et sportives sur la santé. Pour s’assurer que les futurs joueurs ne présentent pas de contre indication à la pratique sportive, des examens pour obtenir un certificat médical sont un passage obligatoire et obtenir une licence fédérale. C’est le cas dans tous les sports.

En vingt ans de professionnalisme le rugby a perdu presque tout son crédit social, éducatif et surtout sanitaire. Les affaires de dopage enterrées maladroitement, les commotions cérébrales à répétition et surtout le sentiment que le monde de l’Ovalie a décidé de sacrifier le corps des joueurs sur l’autel du CAC 14. Thomas Arnold grand codificateur du jeu de Rugby doit se retourner dans sa tombe.

Depuis cet été, l’arrêté du 24 juillet 2017 met en émoi le monde du rugby. Le ministère de la santé associé à celui des sports a décidé de rajouter la réalisation d’un électrocardiogramme (en plus de l’interrogatoire individuel et familial et de l’examen jusque là suffisants) au certificat médical nécessaire pour obtenir une licence à la FFR.  Et ce pour tout joueur à partir de 12 ans, tous les trois ans jusqu’à 25 ans, puis tous les cinq ans .

Qu’en est-il de l’utilité, du cout et de la praticabilité de ce nouvel examen. Surtout, pour quelle raison n’est-il réservé qu’à certains sports jugés à risque (la plongée subaquatique, l’alpinisme au-dessus de 2500m d’altitude) et donc le rugby à VII et à XV ?

Les nouvelles substances dopantes en rugby et dans d’autres sports collectifs : pas vu, pas pris ?

De tout temps le dopage a suivi de très près les progrès réalisés dans le domaine médical et pharmaceutique. Ainsi régulièrement, de nouvelles substances ayant des potentialités dopantes ou masquantes viennent augmenter la liste des substances et méthodes interdites. Toutefois, une des particularités du dopage réside dans le fait que l’arrivée de nouvelles substances ne chasse pas l’usage des plus anciennes :  les anabolisants, amphétamines, cocaïne, corticostéroïdes, narcotiques, canabinoïdes, hormones de croissance, testostérone, EPO et autres diurétiques ne sont pas prêt de disparaitre. Mais la quête perpétuelle de performance pousse les dopeurs et les dopés à se tourner vers des substances médicamenteuses non encore commercialisées tout simplement parce quelles ne sont pas encore détectables. Pas vu, pas pris !

Les effets délétères à court et moyen terme pour la santé de nos joueurs de rugby des commotions cérébrales

Le jeu de Rugby ne peut pas être professionnel. Le sport spectacle divertit certes les foules, enrichit certaines entreprises (retour sur image…) ou engraisse quelques personnalités ou joueurs. Mais, il détruit à petit feu la santé de ses pratiquants. Les commotions cérébrales à répétition sont des bombes à retardement dont on commence à mesurer les effets délétères gravissimes.

Le talonneur est devenu le souffre douleur du Rugby spectacle

Le modèle économique du rugby-spectacle n’a pour seul objectif que de contenter les sponsors, les actionnaires, les présidents de clubs et les médias qui s’enrichissent sur son dos. Un match est désormais un spectacle global au sein duquel les joueurs de Rugby et le jeu en tant que tel ont perdu leur place centrale. Le Rugby et ses pratiquants pro ne sont que des prétextes pour divertir les foules et amuser la nomenclatura des loges. Les nouvelles règles du Rugby vont systématiquement dans le sens de la vitesse, de l’intensité et de la puissance. Et comme on ne peut pas avoir tout et son contraire, l’explosion du nombre des blessures des joueurs n’est que la conséquence logique de cette quête absolue de la performance. Ainsi, les talonneurs sont devenus de part la spécificité de leur poste les souffres douleur de la LNR.

L’arimistane la nouvelle star des produits dopants ?

Régulièrement, les instances qui sont chargées de la lutte contre le dopage modifient la liste des produits interdits dans le sport en général et dans le Rugby en particulier. A chaque fois, c’est l’occasion de piéger les sportifs les plus crédules ou les moins informés. Car, à moins de conjuguer les deux qualités de sportif de haut niveau et d’expert pharmacologue, les rugbymen n’ont aucune chance de s’y retrouver. Le dernier scandale en date fait suite à la mise à jour du 1 janvier 2017 et concerne l’higénamine. Il y avait eu avant elle, l’affaire du meldonium. Le prochain scandale pourrait venir de la détection de l’arimistane dans le sang de nos sportifs préférés. Mais, ce n’est pas le seul produit à risque. Donc à moins de ne pas suivre la mode contemporaine et de ne prendre aucun produit, il est préférable d’être bien informé…

Le cocktail cortisone-cocaïne ou dopage du début de semaine dans le Rugby

L’actualité remet encore sur le devant de la scène le dopage dans le monde du rugby. Cette fois-ci, il est question de cocaïne. Encore une fois, certains médias, d’anciens joueurs et des pseudos spécialistes des addictions chimiques n’assènent que des contre vérités à ce sujet. La défense est toute trouvée, les sportifs n’en prennent que pour un usage festif. Alors, condamnons vite les accusés et passons à autre chose. Rétablissons à nouveau quelques vérités scientifiques.

L’higénamine ou norcoclaurine (HIC) nouvelle star des produits dopants en Rugby ?

Certaines équipes de Rugby doivent se sentir plus visées que d’autres par les contrôles antidopage. Il faut dire qu’incriminer les clubs les plus médiatiques est plus profitable pour les médias que sortir des affaires touchant les joueurs amateurs ou faire un débat de fond sur le dopage. Quelle est donc cette nouvelle molécule l’higenamine incriminée et surtout quel est l’intérêt de son utilisation pour des rugbymen ?

Evolution du gabarit moyen des rugbymen en 5 périodes de 1978 à 2016

Visionner deux finales du championnat de France de rugby à 40 ans d’intervalle permet de mesurer l’évolution de notre sport. Les formes de jeu, le temps de jeu, les mêlées, l’organisation des équipes, les maillots et les gabarits des joueurs semblent radicalement différents. Les gabarits des rugbymen ont-ils tant évolué ?

Les compléments alimentaires protéines : un leurre qui cache la prise d’anabolisants

Il y a une concordance de plus en plus frappante entre la mode de la médecine anti-âge et la prise de compléments alimentaires. Rien de plus logique puisque dans les deux cas  le but est de dépasser les limites physiologiques. Dans les années 80, les entreprises commercialisant les stéroïdes anabolisants utilisaient les stars du cinéma (Stallone, Schwarzenegger ou Van Damme) pour faire la pub de leurs produits.

Rien n’a changé 40 ans après, sauf que ce sont désormais les joueurs de rugby bodybuildés qui font la promotion de compléments alimentaires. Or, même si ces produits ne sont toujours pas considérés comme illégaux, ils posent plusieurs types de problèmes.