ecole primaire Histoire du jeu Menu Rugby

L’enfance du rugby. Pour un retour du rugby dans les écoles primaires

Par Frédéric Bonnet

Les élèves de CP et CE1 de l’école Jean Macé de Villenave d’Ornon en première ligne devant M.Biensan, M.Bureau, M.Renac, M.Esquerre, M.Garcia, M.Dubouil, Mme Barbier, M.Bonnet; Mme Gindreau Blanquet et un parent d’élève.

 

Projet innovant d’initiation au jeu de rugby à l’école en Cycle 2 (CP-CE1-CE2)

Jeudi 28 juin 2018, c’était jour de rugby scolaire au stade Trigan de Villenave d’Ornon.

Depuis deux années, les professeurs des écoles des classes de CP-CE1 et CE1 de l’école primaire Jean Macé à Villenave d’Ornon, Mme Gindreau Blanquet et M. Bonnet, mènent un projet de rugby avec leurs élèves de cycle 2 ; en partenariat avec M. Dubouil, président de l’école de rugby du RCV, et ses éducateurs M. Biensan, M. leblanc, M.Lailheugue et M.Esquerre.

Ce projet pédagogique innovant soutenu par l’Education nationale en la personne de l’Inspectrice de l’Education Nationale de la circonscription de Talence, Mme Barbier, et de sa conseillère pédagogique EPS, Mme Bonnet, a été récompensé le jeudi 28 juin par la Fédération Française de rugby (FFR) représentée par le comité départemental de la Gironde, en la personne du président de sa commission scolaire M.Renac et de son agent de développement M.Bureau.

Les enseignants ont reçu un kit complet de matériel de rugby (ballons, chasubles etc).

Le projet pédagogique s’appuie sur deux idées fortes :

  • pratiquer un rugby sans plaquage (rugby à 5 ou toucher deux secondes),
  • exploiter la dimension morale et civique (enseignement moral et civique, EMC) de ce jeu.

En plus du développement classique des qualités motrices des élèves, l’accent est donc mis sur la promotion de la mixité (fille, garçon), sur la lutte contre toutes les formes d’exclusion, sur la nécessité de la coopération entre élèves et sur le respect des règles.

Ce cycle d’enseignement du rugby organisé sur huit semaines grâce aussi au concours de la ville (qui a fourni les bus de transport scolaire) a été l’occasion d’ouvrir l’école aux parents d’élèves, qui ont été nombreux à participer aux séances, en tant qu’accompagnateurs et bénévoles, sous le contrôle pédagogique des deux enseignants.

Comme chaque année, le cycle s’est terminé par un tournoi de rugby et un gouter offert aux enfants par le club.

D’ailleurs, le partenariat entre la circonscription, le club, la ville et la FFR pourrait être encore amené à se développer l’année prochaine grâce à la signature d’une convention et l’extension du projet à d’autres classes et d’autres écoles du secteur.

Paroles d’élèves

A l’attaque

J’ai aimé…

Yeleena : jouer au rugby parce que mon équipe gagnait souvent. Mais surtout parce que j’ai pu le faire avec mes amies jade, Léonie et Maxine. C’était rigolo de courir partout.

Jade : car mon équipe a souvent gagné, même si une de mes amies était méchante avec moi.

Léonie : le rugby parce que j’ai pris du plaisir à jouer contre Jade, ma copine.

Maxine : quand j’ai marqué un essai pendant le tournoi.

Julie : car pour une fois j’ai pu jouer en équipe avec des garçons.

Clémence : car Félicia m’a souvent donné la balle. Toute notre équipe a bien travaillé ensemble. On a été géniales.

Noah : car je me suis amusé et j’ai découvert les passes en arrière.

Maëli : quand j’ai aidé le maître en arbitrant un match.

Bastien, Matthéo et Lino : le tournoi parce qu’à la fin il y avait un gouter et un diplôme de rugby même pour les perdants. 

Juliette : car c’est trop cool et ça ne fait pas mal. L’année prochaine je m’inscris au club et je jouerai au stade Trigan avec Maxence. Mon père est content, il peut regarder les matchs avec moi.

Elena : car j’ai montré à mes parents que le rugby c’est aussi pour les filles. En Roumanie, ce sont les garçons qui y jouent. J’ai couru tellement vite qu’ils n’ont pas pu m’arrêter. On s’est fait des passes avec Léonie et Lyla. Je me suis bien amusé.

Baptiste : car j’ai pris du plaisir à jouer contre mes adversaires. On se serrait la main à la fin des matchs.

Yohan : car contrairement au foot on se fait des passes tout le temps et tout le monde a le ballon. 

Isalys : car j’ai joué en groupe sans me disputer.

Elise : lancer des passes à mes camarades.

Martin : quand Hugo avait la balle pour que je le touche à deux mains.

Mélissa : quand je toucher les autres pour défendre.

Anaé : car c’était drôle de faire des passes tout le temps.

Maxime : même si mon équipe n’a fait presque que perdre.

A l’attaque, le soutien n’est pas loin.

 

Le rugby est né dans un collège en Angleterre au XIX è siècle pour des raisons essentiellement pédagogiques. Thomas Arnold directeur du collège de la ville de Rugby s’est saisi d’un jeu pratiqué librement par ses élèves pour le codifier.

Cet enseignant visionnaire avait deux buts :

  • développer les qualités motrices et athlétiques de ses élèves,
  • faire de ce jeu un prétexte pour un enseignement moral et civique moderne.

Plus de cent après, le rugby semble toujours pour les mêmes raisons le jeu collectif idéal en école primaire, particulièrement en cycle 2. Ce projet pédagogique innovant s’appuie sur deux idées fortes :

  • 1- pratiquer un rugby sans plaquage, rugby à 5 ou toucher deux secondes (forme d’entrée dans le jeu de rugby aux règles moins complexes à enseigner et moins « accidentogène », pouvant même se jouer sur des surfaces goudronnées).

Certes, une pratique précoce et spécifique d’un sport apparaît une méthode efficace pour développer une expertise optimale des jeunes sportifs. Mais, il faut donc adapter les formes de jeu aux âges des enfants.Le rugby est un sport à haute composante à la fois technico-tactique mais aussi physique. La littérature scientifique conseille avant l’âge de 10 ans de donner de l’importance à l’amusement, de ménager des moments de jeu libre et de ne pas spécialiser les enfants à un poste précis. D’où le choix d’une forme de jeu de rugby adaptée aux élèves de cycle2.

De 5 à 10 ans l’enfant est généralement attiré par toutes les activités sociales que l’école lui propose. Mais, il a une capacité de concentration encore réduite au profit d’une pulsion vers la découverte. 

La mise en place de plusieurs ateliers (4 par exemple) n’excédants pas 10 à 15 minutes est donc cruciale. Dans un premier temps les situations simples favorisant la réussite et le plaisir doivent être mises en place. La progressivité des situations pédagogiques est obligatoire (séances après séances, les enfants retrouvent les mêmes activités, que l’on complexifie au fur et à mesure).

Toucher deux secondes pour se retourner et faire la passe

L’enfant apprend à jouer avec les autres en suivant des règles précises et à canaliser son énergie et son agressivité. Il commence à appréhender le fonctionnement coopératif et la notion d’appartenance opposée, c’est à dire à découvrir les notions de partenaire et d’adversaire. Il construit aussi la notion fondamentale d’estime de soi.

La règle d’or de l’enseignant réside donc dans la valorisation systématique de l’effort individuel ou collectif des élèves, plutôt que le résultat final (dans le même ordre d’idée la dédramatisation des échecs au moment des matchs de toucher deux secondes est indispensable).

Les notions d’entraide, de coopération, de civisme et de courage (il en faut à cet âge pour aller affronter balle en main une ligne adverse, même si on interdit le placage) sont cardinales.

Concernant le civisme, les enfants sont responsabilisés concernant le matériel, la sécurité (la leur et celle des autres), voire pour certains l’arbitrage.

Au delà des situations pédagogiques d’enseignement, chaque enfant a besoin de moments d’appropriations libres (individuels ou collectifs) du jeu. L’enseignant doit donc penser à ménager des moments de pauses régulées soit entre les ateliers soit à la fin de la séance. Le critère de réussite à ce sujet  : l’appropriation de ballon de rugby pendant les temps de récréation…

Ligne de défense et ligne d’attaque
  • 2- exploiter la dimension morale et civique (enseignement moral et civique, EMC) de ce jeu.

En plus du développement classique des qualités motrices des élèves, l’accent est donc mis sur :

  • la promotion de la mixité (fille, garçon),
  • sur la lutte contre toutes les formes d’exclusion (sociale, handicap physique ou psychologique),
  • sur la nécessité de la coopération et l’entraide entre élèves lors du projet collectif que représente le rugby,
  • sur le respect (de sa propre intégrité et de celle des autres, de l’arbitre, des partenaires et des adversaires et de manière plus générale donc celui des règles du jeu),
  • la communication et la verbalisation des émotions.

L’imaginaire de l’enfant doit être suscité, nourri et développé en intégrant le jeu de rugby dans un projet transversal pluridisciplinaire. Celui-ci doit mêler EMC (les valeurs du rugby), art (trophées, symboles, maillots, iconographie, gestuelle du jeu) , mathématiques, français (les récits d’aventures sportives du rugby), histoire du jeu (naissance en Angleterre, diffusion en France, clubs..) et géographie (les pays qui le pratiquent). J’ai utilisé comme support le magazine de révision scolaire dédié au rugby que j’ai rédigé pour la partie pédagogique avec l’éditeur Maracuja pour le Racing 92 en 2018.

Pour finir, il est important que les enfants se sentent acteurs du jeu. Le jour suivant les séances, les enfants peuvent restituer leur ressenti (négatif ou positif, sous forme de dessin ou d’écriture) dans une boite à idée …ovale. Filmer des bouts de leurs matchs de rugby à 5 ou de toucher deux secondes leur permet aussi de verbaliser les procédures qu’ils ont mises en place et de prendre du recul sur leurs propres actions. Il est primordial dans ces moments que l’enseignant ne soit que le guide et le passeur de la parole, seuls les enfants débattent et donner leur point de vue. Les jugements de valeur sont proscrits de fait d’emblée : seule compte la mise en lumière de ce qui marche ou ne marche pas et comment y remédier. En quelque sorte, les enfants effectuent au fur à mesure des séances leur propre auto-évaluation.

Tentative de débordement

Contributions essentielles des différents enseignements au socle commun

L’EPS développe l’accès à un riche champ de pratiques, à forte implication culturelle et sociale, importantes dans le développement de la vie personnelle et collective de l’individu. Tout au long de la scolarité, l’EPS a pour finalité de former un citoyen lucide, autonome, physiquement et socialement éduqué, dans le souci du vivre ensemble. Elle amène les enfants et les adolescents à rechercher le bien-être et à se soucier de leur santé.

Elle assure l’inclusion, dans la classe, des élèves à besoins éducatifs particuliers ou en situation de handicap. L’EPS initie au plaisir de la pratique sportive.

L’EPS répond aux enjeux de formation du socle commun en permettant à tous les élèves, filles et garçons ensemble et à égalité, a fortiori les plus éloignés de la pratique physique et sportive, de construire cinq compétences travaillées en continuité durant les différents cycles :

  • Développer sa motricité et apprendre à s’exprimer en utilisant son corps.
  • S’approprier par la pratique physique et sportive, des méthodes et des outils.
  • Partager des règles, assumer des rôles et des responsabilités.
  • Apprendre à entretenir sa santé par une activité physique régulière.
  • S’approprier une culture physique sportive et artistique.

Pour développer ces compétences générales, l’EPS propose à tous les élèves, de l’école au collège, un parcours de formation constitué de quatre champs d’apprentissage complémentaires :

  • Produire une performance optimale, mesurable à une échéance donnée.
  • Adapter ses déplacements à des environnements variés.
  • S’exprimer devant les autres par une prestation artistique et/ou acrobatique
  • Conduire et maitriser un affrontement collectif ou interindividuel.
Toucher deux secondes ou rugby à 5, les contacts restent rudes

Domaine du socle : 1

  • Développer sa motricité et construire un langage du corps
    • Prendre conscience des différentes ressources à mobiliser pour agir avec son corps.
    • Adapter sa motricité à des environnements variés.
    • S’exprimer par son corps et accepter de se montrer à autrui.

Domaine du socle : 2

  • S’approprier seul ou à plusieurs par la pratique, les méthodes et outils pour apprendre
    • Apprendre par essai-erreur en utilisant les effets de son action.
    • Apprendre à planifier son action avant de la réaliser.

Domaine du socle : 3

  • Partager des règles, assumer des rôles et des responsabilités pour apprendre à vivre ensemble
    • Assumer les rôles spécifiques aux différentes APSA (joueur, coach, arbitre, juge, médiateur, organisateur,…).
    • Élaborer, respecter et faire respecter règles et règlements.
    • Accepter et prendre en considération toutes les différences interindividuelles au sein d’un groupe.

Domaine du socle : 4

  • Apprendre à entretenir sa santé par une activité physique régulière
    • Découvrir les principes d’une bonne hygiène de vie, à des fins de santé et de bien-être.
    • Ne pas se mettre en danger par un engagement physique dont l’intensité excède ses qualités physiques.

Domaine du socle : 5

  • S’approprier une culture physique sportive et artistique
    • Découvrir la variété des activités et des spectacles sportifs.
    • Exprimer des intentions et des émotions par son corps dans un projet artistique individuel ou collectif.
    • Départ petit côté
    • Attendus de fin de cycle

Dans des situations aménagées et très variées :

  • S’engager dans un affrontement individuel ou collectif en respectant les règles du jeu ;
  • Contrôler son engagement moteur et affectif pour réussir des actions simples ;
  • Connaitre le but du jeu ;
  • Reconnaitre ses partenaires et ses adversaires.
  • Compétences travaillées pendant le cycle
  • Rechercher le gain du jeu, de la rencontre.
  • Comprendre le but du jeu et orienter ses actions vers la cible.
  • Accepter l’opposition et la coopération.
  • S’adapter aux actions d’un adversaire.
  • Coordonner des actions motrices simples.
  • S’informer, prendre des repères pour agir seul ou avec les autres.
  • Respecter les règles essentielles de jeu et de sécurité.
  • Exemples de situations, d’activités et de ressources pour l’élève
  • Jeux traditionnels simples (gagne-terrain, béret, balle au capitaine, etc.)
  • Jeux collectifs avec ou sans ballon (à effectifs réduits).
Un contre un, contre pied
  • Repères de progressivité

Tout au long du cycle, la pratique d’activités collectives doit amener les élèves à se reconnaitre comme attaquant ou défenseur, développer des stratégies, identifier et remplir des rôles et des statuts différents dans les jeux vécus et respecter les règles. Au cours du cycle les élèves affrontent seuls un adversaire afin d’obtenir le gain du jeu, de développer des stratégies comme attaquant ou comme défenseur et de comprendre qu’il faut attaquer tout en se défendant (réversibilité des situations vécues).

Organisation pratique

Module d’apprentissage de 8 séances d’une heure tous les jeudis après midi de 14 heures à 15 heures. Dates : 26 avril -3 mai -17 mai -31 mai – 7 juin -14 juin – 21 juin – 28 juin 2018. Lieu : Stade Trigan à Villenave d’Ornon. Transport : assurés par les bus scolaires de la commune de Villenave d’Ornon. Matériel et éducateurs : fournis par le Rugby Club Villenavais

Jeu libre, plaquage et petits tas reviennent naturellement

Déroulement

Toutes les séances s’inspirent du livret rugby à l’école réalisé en collaboration avec le comité Côte d’Argent présidé poar M. Barbe et sa commission développement présidée par M. Coup en 2017 et M. Frédéric Bonnet entre autre.

 Situation de mise en train de 2 minutes (jeux de course, manipulation du ballon).

  • Rotation des 8 équipes, deux par deux, sur les 4 ateliers, dont l’atelier 1-situation de référence qui revient à chaque séance (jeu de rugby toucher 2 secondes).
  • Chaque atelier dure 14 minutes (1 minute pour chaque rotation).
  • Evaluation (jeu de rugby toucher 2 secondes) diagnostique initial (1° séance) et final (8° séance).
  • Tournoi final entre les 8 équipes (classées par deux niveaux) et gouter.

Evaluations initiales: I° séance (matchs de rugby à toucher 2 secondes)

Comportement

Acquis

sur 53 élèves

Pourcentages 2018

Rappel pourcentages 2017

Va vers le ballon

 

 

39 sur 53

73,5 %

43 %

Fait des passes en arrière

 

 

30 sur 53

56,6 %

31 %

Maîtrise le ballon

 

 

28 sur 53

52,8 %

43 %

Cherche des espaces libres

 

 

32 sur 53

60,4 %

20 %

Adapte son placement comme attaquant

25 sur 53

47,2 %

31 %

Adapte son placement comme défenseur

17 sur 53

32 %

20 %

Est capable d’arbitrer

8 sur 53

15 %

2 %

Respecte les règles du jeu, ses coéquipiers et ses adversaires

 

 

44 sur 53

83 %

43 %

Joue collectivement

33 sur 53

 

62,3 %

43 %

Seize enfants sur les 53 présents (30,1 %) avaient suivi l’année dernière le même cycle rugby (ils étaient en CP). Cette forte proportion peut expliquer en partie les résultats globalement meilleurs de cette évaluation initiale par rapport à l’année précédente.Plus particulièrement concernant l’aptitude à aller vers le ballon et le respect des règles (Enseignement Moral et Civique).

Une meilleure maitrise du ballon et la capacité de faire des passes en arrières sont les compétences à travailler en priorité lors des prochaines séances.

Le travail sur l’adaptation du placement en attaque et en défense viendra ensuite.

On fixe le défenseur et on fait une passe

Evaluations finales : 8° séance (matchs de rugby à toucher 2 secondes)

Comportement

Acquis

sur 53 élèves

Pourcentages 2018

Evolution par rapport à la 1° séance

Va vers le ballon

 

 

44 sur 53

83 %

Plus

9,5

Fait des passes en arrière

 

 

51 sur 53

96 %

Plus

40

Maîtrise le ballon

 

 

44 sur 53

83 %

Plus

30

Cherche des espaces libres

 

 

40 sur 53

75,5 %

Plus

15

Adapte son placement comme attaquant

35 sur 53

66 %

Plus

19

Adapte son placement comme défenseur

47 sur 53

88 %

Plus

56

Est capable d’arbitrer

26 sur 53

49 %

Plus

34

Respecte les règles du jeu

 

 

51 sur 53

96 %

Plus

13

Joue collectivement

49 sur 53

 

92 %

Plus

30

Tentative d’évitement

Pendant toute la période des 8 séances un projet pluri disciplinaire centré sur le rugby a été mené en classe (EMC, mathématiques, français, histoire du jeu de rugby, en prenant comme support le magazine de révisions scolaires et sportives créé par l’éditeur Maracuja pour les fans du #Racing92 )

Au cours des 8 séances aucun élève n’a été blessé.

5 élèves ont suivi une ou deux séances gratuites de rugby dans l’école de rugby du RCV un mercredi après midi en juin.

Un tournoi final de toucher 2 secondes a opposé les 8 équipes d’élèves qui ont toutes disputées 4 matchs. Le tournoi s’est terminé par un gouter offert par l’école de rugby du Rugby Club Villenavais et la remise d’un kit de matériel de rugby en présence de représentants de tous les partenaires du projet. Au cours de ce tournoi et de ses 10 matchs, les élèves ont marqué 167 essais, soit plus de 16 essais par matchs.

En tout 3 éducateurs du club ont participé aux 8 séances. Le club a fourni le matériel nécessaire aux séances.

14 parents d’élèves différents ont accompagné bénévolement les huit séances sous la responsabilité et le contrôle pédagogique des deux enseignants, permettant ainsi d’ouvrir largement l’école vers l’extérieur.

Ce projet pédagogique innovant qui mêle étroitement jeu de rugby et enseignement moral civique est une des manières de ramener le jeu de Rugby à sa vraie place : dans les cours de récréation. C’est aussi l’occasion de lui redonner son sens originel : rassembler les jeunes enfants, filles et garçons avec toutes leurs différences individuelles autour d’un projet commun pour créer et former une société de demain plus juste et solidaire. 

Essai en bout de ligne

Qu’est ce que le jeu de Rugby sinon un moyen pédagogique pour éduquer notre jeunesse à être plus ouverte, respectueuse, solidaire et courageuse, soit en quelque sorte un prétexte pour forger de jeunes femmes et de jeunes hommes à l’esprit sain dans un corps sain ? Ce jeu est une histoire de combats collectifs des plus costauds qui aiment à se mêler et à s’entremêler pour accoucher d’un ballon capricieux, car ovale, pour le transmettre à des arrières véloces organisés en lignes aux inspirations quasi divines faites de crochets, d’évitement, de recherche d’espace et de décalage pour offrir en cadeau au dernier maillon de la chaine le ballon si chèrement conquis pour qu’il puisse marquer le fameux essai. 

Pourquoi le jeu de Rugby a-t-il progressivement déserté les cours de récréation et petit à petit les écoles de rugby ?

Le rugby a toujours eu l’image d’un sport « dangereux », voire violent. Ma mère, pour ne citer qu’elle, a longtemps résisté dans les années 70-80 à Nimes pour que je ne m’inscrive pas dans l’école de rugby du RCN, puis du RC Toulonnais. C’est bien parce qu’elle redoutait que ce jeu ne blesse son fils si frêle et fragile. Quelle excuse pouvait bien invoquer mon père pour la faire changer d’avis ? Les valeurs du rugby et son image quasi chevaleresque. 

Le professionnalisme a gommé l’aspect pédagogique et social du jeu de rugby, lui retirant au passage sa raison d’être. Il en faut de l’abnégation et de la volonté ; il faut préparer un sacré argumentaire pour annoncer à ses parents d’élèves en début d’année que l’on va faire un cycle rugby au cours de l’année de CE1 de leur enfant ! Heureusement la qualité d’écoute et l’intelligence des parents d’élèves surpasse généralement l’image désastreuse du TOP 14.

On pourrait croire que le choix de pratiquer un rugby sans placage, sans mêlée ou ruck, sans déblayage à l’épaule nie une partie de ce qui fait l’essence du rugby, le combat collectif. C’est méconnaitre les enfants agés de 5 à 10 ans. Aller vers le ballon, s’en saisir, courir droit vers la ligne adverse et tourner la tête en arrière pour offrir le ballon à un (e) équipier (e)au contact de l’équipe adverse, c’est faire preuve à cet âge d’une sacrée dose de COURAGE COLLECTIF. Ils auront bien le temps d’apprendre à plaquer plus tard si le goût du rugby leur a été instillé avant 10 ans.

Le courage d’affronter l’adversaire. Avec ses copines et copains c’est plus facile.

Ils auront en tout cas toutes et tous appris qu’à plusieurs on est plus fort, que les différences entre les individus sont une richesse et que le courage est une vertu indispensable pour affronter les différents obstacles de la vie.    

6 Commentaires

  1. Sans savoir qu il y aurait cet article aujourd hui hier j ai laisse un commentaire appelant a facilite le retour du Rugby a l’école mais sous une forme peu dangereuse (jeux a toucher) comme cela se faisait naturellement il y 50 ans dans la cour de l ecole la rue ou l espace vert du coin. L’implication de Bernard Laporte auprès de l education nationale est imperative et urgente. L effet champion du monde au foot va rendre les recrutements en Edr compliques

  2. Superbe idée d’un développement accompli. Les enfants sont ouverts mais encore faut-il prendre le temps de le faire. Exemple magnifique. Merci pour les gamins ils auront beaucoup appris. Magnifique travail pédagogique que j’ai vu faire de la même façon dans les classes du même âge en Nouvelle Zélande et Australie. Les enfants ne jouent pas directement dans les clubs et ne pratiquent pas que le rugby à l’école.
    Une histoire du système NZ dans variationsetideesrugby.blogspot.com

  3. Nous avons et nous allons réaliser ce type d’expérience au RCMETZ au printemps prochain en collaboration avec Sport pour Tous et la ville de Metz.
    Rugby initiation et tournoi Interquartier dans cinq quartiers messins.
    De quoi faire naître des vocations……

  4. Bravo pour ce cycle d’initiation à la balle ovale rondement ou plutôt « ovalement » bien mené ! Il est grand temps pour nos jeunes pousses de trouver ou de retrouver sur tous les terrains de France et de Navarre , le plaisir et la joie de jouer avec un ballon ovale , surtout en évitant les adversaires , en multipliant les passes et les courses . Bref du rugby de mouvement nature comme on l’aime tous .

  5. Frédéric
    Si on pouvait utiliser les défauts actuels de ,notre ministre actuel, ainsi que du président (Laporte) pour imposer une méthode qui marche pour généraliser la pratique du rugby dans les classes primaires, je veux mettre mes « critiques » avec un mouchoir dessus, bien profond dans ma poche, pour que cette expérience se généralise.
    Allez hop une méthode unique d’apprentissage à la lecture et au rugby au CP.
    j’ai cru comprendre que Laporte doit rencontrer JM Blanquer d’ici quelques semaines. Glissons leur l’idée. Caressons les dans le sens du poil, dans l’intérêt du rugby.
    Il suffirait je crois de leur faire lire la conclusion de cet article…
    Pour ma part, par manque d’infrastructures, par manque d’activités d’initiation au collège, j’en suis resté le « frêle enfant et ado » qui fréquentait les cadors en rugby de l’époque, mais qui n’a jamais fait l’expérience collective de ce sport…. Balancer des dizaines de ballons jamais rendus chez le voisin en tapant au pied dans le ballon (seule chose qu’on peut faire seul) c’était un peu limité comme expérience.
    Merci encore pour cet engagement au service des filles et des garçons de votre école.
    « On doit réintroduire la formation au rugby dans les écoles, les lycées ; reprendre toute la formation autour des plaquages ; refuser les collisions avec les joueurs qui ne sont pas porteurs du ballon. Les éducateurs, enfin, doivent être mieux formés. Là, il y a eu un choc à la tête. Ce n’est jamais anodin. »
    dans https://www.lamontagne.fr/billom/sports/rugby/2018/05/23/deces-d-un-jeune-rugbyman-de-billom-le-desarroi-du-neurochirurgien-clermontois-jean-chazal_12857874.html

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *