Le rugby professionnel enfanté par Rupert Murdoch a-t-il définitivement tué le rugby amateur inventé par Thomas Arnold dans le collège de Rugby ?

La solidarité, le courage, le respect des autres et l’amateurisme sont les quatre idées fondatrices qui ont amené Thomas Arnold, chef d’établissement du collège de Rugby, à créer un nouveau sport éducatif et pédagogique, afin de socialiser tous les jeunes hommes qui étaient à sa charge. C’est la raison pour laquelle ce sport de combat, que l’on nomme depuis rugby, s’est toujours distingué des autres. Pourtant, quelques signes précurseurs d’une lente dégradation apparaissent sur les terrains et inquiètent.

Comparaison du nombre de joueurs de rugby recrutés à l’étranger entre le top 14 et les autres championnats de rugby dans le monde

Dans un précédent article (Les raisons de la faiblesse actuelle de l’équipe de France de rugby), j’ai essayé d’analyser les différentes causes de la dégringolade du quinze de France dans la hiérarchie du rugby mondial. Le recrutement massif de joueurs à l’étranger effectué par les clubs du top 14 me semble la cause principale de ces échecs récurrents. La comparaison des principaux championnats mondiaux sur ce point est éloquente.

La touche et l’alignement au rugby : un ballet silencieux savamment chorégraphié

Tout supporter ou connaisseur de rugby ne peut que rester émerveillé devant le magnifique spectacle que représente la touche au rugby. La conquête collective et aérienne du ballon de rugby est un véritable ballet silencieux, mélange de corps qui se déplacent verticalement ou horizontalement le long d’une ligne imaginaire, l’alignement, et de regards qui scrutent les intentions adverses. Le maître de ballet n’est autre que l’entraineur des avants : à l’UBB il se nomme Régis Sonnes.