Les raisons pour lesquelles un rugbyman ou une rugbywoman ne devrait pas se doper

Par Frédéric Bonnet (ancien pharmacien hospitalier, détenteur du DESS neuropsychopharmacologie et toxicomanie, professeur des écoles et amoureux du rugby)

Une version power point de cet article, allégée et plus attractive, sera bientôt disponible. N’hésitez pas à me la demander dans vos commentaires.

Remerciements à Alexis Dejardin (préparateur physique du RCT, de Brive, de Tulle, de Béziers, de Bayonne et de la fédération française et vietnamienne d’athlétisme) pour son aide, au docteur Christian Bagate (médecin en charge de la lutte contre le dopage à la FFR et de la protection des mineurs) et au  docteur Jean Pierre de Mondenard (médecin du sport spécialiste des questions de dopage) pour leur expertise et à Florence Brugnago  pour ses idées.

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Le monde sportif a toujours été tenté par l’utilisation de produits dits dopants pour améliorer les performances des joueurs. Dans notre société qui va toujours plus vite, qui demande toujours plus d’efficacité et de rentabilité et qui rend le travail si rare, précaire et flexible, le rugby devrait être un lieu de résistance. Il l’est de moins en moins depuis l’arrivée du professionnalisme en 1995 : risque de sur-médiatisation des joueurs, productivité sportive accrue, augmentation de la pression des résultats à court terme, hyper concurrence entre joueurs. Le rugby a bien changé en 20 ans. A ce titre qu’est ce qui peut empêcher en 2016 un rugbyman de se doper ? Sa santé, l’intégrité de son corps et de son cerveau. Encore faut-il qu’il soit bien informé des risques qu’il prend, s’il se dope.

Le dopage, la société et le rugby.

La définition du dopage a été fixée par le droit français par les lois du 3 juillet 2008 et du 12 mars 2012. Elle a pour but de fixer un cadre à une réaction des pouvoirs publics confrontés à un comportement jugé inadmissible, à savoir : 

  • l’usage ou la tentative d’usage d’une substance ou d’une méthode interdite,
  • le refus des se soumettre à un prélèvement d’échantillon ou le fait de s’y soustraire sans justification valable ou de l’éviter,
  • la possession de substances ou méthodes interdites,
  • le trafic de toute substance ou méthode interdite,
  • l’administration ou la tentative d’administration d’une substance ou d’une méthode interdite à un sportif.

Cette définition est valable pour l’ensemble des sportifs en France.

Pour lutter contre le dopage, les professionnels de la santé peuvent s’appuyer sur la loi française Buffet du 23 mars 1999. Celle-ci introduit le concept de la protection de la santé des sportifs. Le dopage y est ainsi abordé sous l’angle de sa dangerosité pour la santé.

Par ailleurs, pour les professionnels de la santé, la notion de conduite dopante est centrale. Elle a été définie par P. Laure en 2000 comme étant le processus comportemental de consommation de substances licites ou illicites à des fins de performance. Peu importe le produit consommé, c’est le processus qui compte. Le dopage qui ne concerne que la prise de produits illicite ne serait qu’une forme spécifique de la conduite dopante.

Sans nier la responsabilité individuelle des sportifs, le fait est que le dopage est avant tout un problème de société. La recherche perpétuelle de la performance prônée par la société ultra-libérale rend le dopage des sportifs quasi inévitable. D’ailleurs, sur les 27 millions de personnes dopées évaluées en 2017, les sportifs ne représentent qu’une part importante mais pas majoritaire 36 %, derrière les clients de salles de fitness (39 %), mais devant les professionnels de la sécurité (militaires, policiers..) et les membres du show-biz (cinéma, musique…).

On distingue d’ailleurs trois types de sportifs dopés :s 

  • ceux aisés et très bien informés (de 5 à 7 % des sportifs dopés) : ils achètent des médicaments originaux et chers des labos pharmaceutiques ou ont accès aux biotechnologies les plus modernes.
  • ceux moins mais, mais bien informés (de 20 à 25%) : le rapport qualité prix des médicaments détournés est un critère important.
  • ceux mal informés et beaucoup moins aisés (70 à 75 %) : ils achètent des produits moins chers et illégaux, contre faits en général et à la pureté très incertaine via internet. 

Qu’en est-il du dopage dans le rugby ? Ce sport fut créé en Angleterre au milieu du dix neuvième siècle pour enseigner aux jeunes aristocrates une idée et une vision du monde qui se fonde sur quatre principes : la solidarité entre les hommes, le respect de chacun, le courage et l’amateurisme. Arrivé en France, grâce au milieu estudiantin et universitaire, d’abord au Havre puis à Paris, il fut rapidement confisqué au monde aristocratique par les républicains du Parti radical socialiste et la Franc maçonnerie. Le rugby se diffusa essentiellement dans le sud ouest de la France, grâce aux instituteurs et aux professeurs de collège ou de lycées qui y voyaient un moyen d’éducation très utile. Ainsi, le rugby a toujours été un acte de résistance aux dérives de la société. L’arrivée du professionnalisme en 1995 a considérablement modifié la donne : il a progressivement gangréné l’esprit du rugby sans toutefois le dénaturer encore totalement. Mais les mêmes causes entrainant les mêmes effets, rappelons-nous que dans les années 30 en France, l’amateurisme marron entraina l’expulsion par les anglais de l’équipe de France de rugby du tournoi des 5 nations de 1932 à 1946 !

Le dogme politique prédominant en France est actuellement : la croissance, la croissance, la croissance. Le développement du dopage a connu une accélération dans les années 2000 pour 4 raisons principales :

  • un contexte d’exaltation de la réussite individuelle ou collective,
  • les progrès de la pharmacologie,
  • la révolution des ventes par internet
  • et enfin la croissance fulgurante du chiffre d’affaire du sport professionnel.

Le marché illicite des produits dopants est structuré à l’échelle internationale de la façon suivante : des pays producteurs (Hongrie, Bulgarie, Russie, Pologne, Ukraine ou Pays baltes), des pays possédant des laboratoires de transformation des matières brutes (Pays-bas, Suisse, Espagne ou Mexique), des pays de stockage (Belgique ou Suisse) et des pays consommateurs (Etats unis Asie du sud-est ou Europe). On estime ces flux financiers engendrés par le dopage en 2010 à 10 milliards d’Euros pour les sportifs pro (200000 personnes dans le monde) et à 30 milliards pour les sportifs amateurs (8 millions de personnes).

On estime le poids financier des clubs sportifs en France en 2005-2006 :

  • à 8 800 millions d’Euros pour les clubs amateurs,
  • à 1387 millions d’Euros pour les ligues 1 et 2 de foot,
  • à 340 millions d’Euros pour le top 14 et la Pro D2,
  • à 116 millions d’Euros pour la Pro A et la Pro B de basketball,
  • à 62 millions d’Euros pour les divisions 1 et 2 de handball
  • et 40 millions d’Euros pour la Pro A et B de volley-ball.

Du point de vue financier le rugby se trouve en deuxième position en France ! Des chiffres d’affaires multipliés par cinq au moins en vingt ans ! 

En rugby, on recherche toujours plus de  vitesse, encore de la vitesse et de la puissance. Les matchs s’enchainent, les temps de jeu explosent (de 20 minutes dans les années 90 à bientôt 50 minutes, mais avec la possibilité de faire huit changements en cours de partie), les postes sont triplés, la concurrence est la loi, la productivité sportive est installée, les présidents de clubs pressurisent managers, entraineurs et joueurs pour avoir des résultats à court terme, le nombre de blessures augmente, la sur-médiatisation ressemble à celle du foot. Au final, certes les joueurs sont très bien payés (beaucoup plus que le français moyen, mais beaucoup moins que le footballeur moyen), mais leur carrière est courte et leur travail de plus en plus précaire. Le risque de burn out collectif n’a jamais été aussi important. Les rugbymen étaient des héros que l’on croisait au marché le samedi, ils sont en passe de devenir des stars qui sont groupés-enfermés par nationalité dans des villas de luxe, hors de la ville, loin de leurs supporters. Bien entendu, l’essence même du jeu, ses règles et l’esprit de ses règles font que nos rugbymen, quand on les croise au bord du terrain d’entrainement, restent toujours abordables et ouverts. Mais encore faut-il que les entrainements soient accessibles au public. Pourquoi se doper, que l’on soit rugbyman, sportif ou simple citoyen ? Pour se préparer ou accéder à un travail (entrainement), pour s’y maintenir le plus longtemps possible (compétition ou match) et pour y retourner le plus vite possible en cas de licenciement ou de blessures (récupération). La France est détentrice du record mondial de consommation de tranquillisants et anxiolytiques : 13 millions de français. La tentation du dopage est consubstantielle à la notion de compétition et donc à la volonté d’être le meilleur. Ainsi, il existe de très nombreuses et puissantes raisons de se doper, mais une essentielle de ne pas se doper : la nécessité pour chacun de préserver sa santé,  son corps et son cerveau. Ne négligeons pas non plus l’aspect préventif et dissuasif de la FFR (fédération française de rugby), de l’AFLD (Agence française de lutte contre le dopage), des douanes, de la gendarmerie et de la police nationale. Ni la dimension éducative, éthique et morale du sport qui assimile le dopage à la tricherie. 

Enfin, pourquoi vouloir que le sport en général, et le rugby en particulier, soit meilleur et plus propre que le reste de la société ? Ne serait-il pas plutôt un bon témoin et un révélateur des sociétés dans lesquelles il prend forme ? 

La lutte contre le dopage en rugby

En France la lutte contre le dopage a débuté dans les années 60, notamment à propos des amphétamines responsables du décès du cycliste K Enemark Janssen. La lutte contre le dopage en France est un véritable millefeuille dans lequel les différents protagonistes peuvent se perdre aisément, tant les intervenants sont nombreux. C’est une des raisons de l’inefficacité avérée de la lutte contre le dopage. Un échec qui se déroule dans un anonymat quasi général et qui n’est troublé, de temps à autre, que par le battage médiatique qui accompagne chaque nouvelle affaire de dopage. Les organismes en charge de la lutte contre le dopage sont les suivants :

  • l’Agence française de lutte contre le dopage (AFLD). Cet organe a pour mission l’élaboration et la mise en oeuvre des contrôles. Les membres de cette instance publique sont nommés par décret par les gouvernements en place.
  • Le ministère des sports dont le rôle est de coordonner la prévention, l’éducation et la recherche au sujet du dopage.
  • La FFR, dont un élu du comité directeur, est chargé de la préservation de l’intégrité des rugbymen et de la lutte contre le dopage et toutes les formes d’addiction.
  • l’Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique (OCLAESP), service de police judiciaire luttant contre les trafics.
  • Le Comité national olympique et sportif français (CNOSF), qui intervient à ce sujet par le biais de sa commission médicale,
  • Les Antennes médicales de prévention de dopage (AMPD), qui soigne entre autre les sportifs déjà convaincus de dopage.

La mission du responsable de la lutte contre le dopage à la FFR , le docteur Christian Bagate, va de la lutte contre les paris sportifs à la lutte contre toutes les formes d’addiction (alcool, cannabis..) et de dopage. Depuis 2002, la FFR a mis en place un suivi longitudinal des joueurs de rugby et dispose d’un budget de 600000 euros pour la LNR, 150000 euros pour les équipes de rugby amateur et de 180000 euros pour les équipes de France. C’est ce suivi longitudinal qui a permis de déceler par exemple des perturbations de la TSH chez une centaine de joueurs de 2006 à 2008, autour de Biarritz, Bayonne et Pau. Bien entendu, la question cruciale reste l’amélioration des paramètres sélectionnés dans ce suivi (hormone de croissance par exemple). Enfin, un DU (diplôme universitaire) de médecine et de kiné du rugby a été mis en place, ainsi que des enseignements concernant le dopage auprès des centres de formation, des commissions médicales et des différentes équipes de France. 

Selon les années, le rugby est le troisième (2012 et 2014) ou le quatrième (2013) sport le plus controlé en France. Il l’est de plus en plus et rejoint quasiment le nombre de contrôles de l’athlétisme et du cyclisme. Le rugby était en 2012, le sport ayant proportionnellement le plus de résultats anormaux par rapport au nombre de contrôles effectués : 23 cas pour 588 contrôles.

L’annonce de ces chiffres par Madame Lasne cette année là avait déclenché une vive polémique dans le monde de rugby et entrainé un rétropédalage de l’AFLD. Dans tous les cas il n’est pas question ici de stigmatiser un sport en particulier. Ce pourcentage de nombre de résultats anormaux est tombé à la troisième place ces deux dernières années (derrière le triathlon, la natation, le cyclisme ou l’athlétisme selon les années).

On peut aussi s’étonner du nombre démesuré de contrôles effectués dans des sports comptant peu de licenciés (cyclisme, athlétisme, voire rugby), par rapport au peu de contrôles concernant la gigantesque fédération de football ou celles de base-ball et de handball : deux poids, deux mesures ? Le dopage existe en rugby, comme dans les autres sports et comme dans la société en général. Est-il organisé, institutionnel ou simplement le fait d’actes isolés ? Nul ne le sait. 

En terme de probabilité, pour une fenêtre de détection de 48 heures, une sensibilité des tests d’à peine 40 %, 12 contrôles par an et un dopage en continu, le rapport du risque d’être contrôlé positif est d’un sur trois. Mais pour un contrôle par an (cas le plus fréquent et probable en rugby), ce rapport est de 2,9 %.

Il faut donc être très maladroit, insouciant ou malchanceux pour être convaincu de dopage quand on est rugbyman. 

 

Nombre de contrôles urinaires effectués en rugby

2012 2013 2014
588 707 1012

Nombre de contrôles urinaires effectués dans les principaux sport en France

  2012 2013 2014
Cyclisme                              (119 300 licenciés) 1812 contrôles 1,82 % contrôles anormaux (33 cas) 1732 contrôles 1,9 % contrôles anormaux (33 cas) 1686 contrôles 1,36 % contrôles anormaux (23 cas)
Athlétisme                               (270 000 licenciés) 1164  contrôles 2,4 % contrôles anormaux (28 cas) 1472 contrôles 1,5 % contrôles anormaux (22 cas) 1338 contrôles 0,89 % contrôles anormaux (12 cas)
Rugby                                        (438 140 licenciés) 588 contrôles 3,91 % contrôles anormaux (23 cas) 707 contrôles 2,3 % contrôles anormaux (16 cas) 1012  contrôles 0,59 % contrôles anormaux (6 cas)
Football                                     (2 135 190 licenciés) 548 contrôles 2,74 % contrôles anormaux (15 cas) 747 contrôles 0,9 % contrôles anormaux (7 cas) 778 contrôles 0,25 % contrôles anormaux (2 cas)
Handball                             (513 190 licenciés) 452 contrôles 1,11 % contrôles anormaux (5 cas) 224 contrôles 0 % contrôles anormaux (0 cas) 401 contrôles 0,25 % contrôles anormaux (1 cas)
Triathlon                              (46 720 licenciés) 433 contrôles 2,31 % contrôles anormaux (10 cas) 350 contrôles 2,9 % contrôles anormaux (10 cas) 284 contrôles 0,35 % contrôles anormaux (1 cas)
Natation                                   (300 930 licenciés) 418 contrôles 0,96 % contrôles anormaux (4 cas) 263 contrôles 2,7 % contrôles anormaux (7 cas) ?
Basketball                                 ( 600 170 licenciés)   394 contrôles 2,03 % contrôles anormaux (8 cas) 418 contrôles 2,2 % contrôles anormaux (9 cas) 345 contrôles 0,3% contrôles anormaux (1 cas)

En 2015-2016, le nombre de licenciés de rugby a augmenté de 7617 personnes ; portant le nombre total de licenciés à 445 757 personnes, un record en France. Pourtant, le nombre de contrôles antidopage a régressé fortement en tombant à 730, des chiffres proches de ceux de 2013. La lutte antidopage dans le rugby ne semble plus une priorité…

Les produits dopants et les méthodes dopantes / leurs répercussions sur l’organisme 

On considérera ici comme produit dopant toute substance agissant sur le système nerveux central. Rappelons ce que disait le physiologiste Claude Bernard : il n’y a pas de différence essentielle entre un médicament et un poison. Tout se résume à une question de dose, de quantité introduite dans l’organisme. Par ailleurs, il faut du temps avant qu’une substance chimique détruise l’organisme ou le rende dépendant d’elle. L’héroïne fut longtemps commercialisé en tant qu’antitussif, avant que l’on se rende compte de ses effets indésirables (dépendance…).

I Ceux qui augmentent la masse musculaire

Les stéroïdes anabolisants

Ce sont des hormones stéroïdiennes de synthèse proches de la testostérone qui agissent sur l’hypophyse et l’hypothalamus. Découverts en 1940, les anabolisants, furent détournés de leur usage médical par des sportifs dès 1954. Ils sont commercialisées sous le nom de nombreux médicaments (androstènedione, clostébol, DHEA, fluoxymestérone, métandiénone, méténolone, oxandrolone, stanozolol, dianabol, nandrolone, testostérone, trenbolone, anapolon, boldenone, turbinant, Winstrol, Anavar ou Primobolan…). Les athlètes russes ont été les premiers à les utiliser, mais rapidement le fléau s’est étendu aux EU (nageurs, haltérophiles ou footballeurs américains). Ces substances sont utilisées comme brûleur de graisse, agissant rapidement pour développer la force et la masse musculaire. En général, elles sont prises par voie orale et par injection intra musculaire à des doses 100 fois plus élevées que celles prescrites pour traiter des cancers, ce qui augmente d’autant plus le risque d’effets indésirables, déjà nombreux et graves à doses normales.  Les anabolisants sont pris de manière intermittente lors des périodes d’entrainement et en pré-saison pendant plusieurs semaines par la méthode dite des empilements (les utilisateurs prennent plusieurs stéroïdes en même temps, ce qui permet de diminuer les doses de chacune d’entre elles). Les molécules qui ont une demie vie courte (qui s’éliminent rapidement de l’organisme) sont privilégiés pour ne pas être détectés lors des contrôles antidopage. 

Rapidement les sportifs sont revenus à la testostérone, car cette molécule sécrétée par le corps est indétectable. Les experts établirent donc un seuil critique du rapport urinaire testostérone et épitestostérone (T/épiT). Sans dopage, 90% de la population à un rapport égal à 1. Reste que pour 0,8% des individus, ce rapport se situent naturellement hors normes. De plus, les sportifs trouvèrent la parade en s’administrant de l’epitestostérone. Désormais, ce rapport est jugé anormal s’il dépasse 6. 

Les effets indésirables à court et long terme sont édifiants :

  • hépatite et cancer du foie, de la prostate et des testicules 
  • hypertension artérielle et infarctus cardiaque ; hypertrophie du coeur
  • augmentation du taux de cholestérol dans le sang
  • diabète
  • apnée du sommeil
  • diminution de la taille des testicules
  • stérilité
  • féminisation définitive des hommes (voie aiguë de castrat, apparition de seins chez l’homme…) ou virilisation définitive de la femme (voix rauque, hirsutisme…)
  • augmentation du risque d’infections
  • ruptures musculaires, accidents tendineux particulièrement au niveau des genoux
  • chute de cheveux
  • acné
  • soudure prématurée des cartilages de conjugaison pour les ados
  • trouble de l’humeur (dépression, agressivité, passage à l’acte violent, suicide)
  • signes cliniques visibles d’une personne sous anabolisants : féminisation et démasculinisation des hommes (atrophie testiculaire et apparition des seins) et masculinisation des femmes (voix rauque et apparition de poils)

Anecdote sportive : Lors de la prise au long cours d’anabolisants, il est fréquent que de véritables seins (gynécomastie) apparaissent chez les sportifs masculins. Pour lutter contre cet effet indésirable, les joueurs prennent des anti oestrogènes. Malheureusement pour un rugbyman italien de l’équipe d’ Amatori Catania, ces médicaments sont interdits et facilement détectables : démasqué !

Les prélèvements sanguins et urinaires des sportifs étant conservés pendant une dizaine d’années, on se rend compte en 2016 (grâce aux progrès fait depuis dans les techniques de détection des produits) qu’une trentaine des sportifs ayant participé aux JO de Sotchi en 2008 étaient chargés à un cocktail de trois stéroïdes, méténolone, trenbolone et oxandrolone (pratique de l’empilement) mélangés à du whisky ou du martini (censé accélérer les effets) !

Bernard Castang ancien décathlonien, puis joueur de Rugby de 1969 à 1978 à Avignon, La Voulte puis Tulle aux mensurations impressionnants pour l’époque (192 cm pour 104 kilos), faisait l’éloge des anabolisants qu’il considérait comme des produits diététiques (tient cela rappelle les discours actuels à propos des compléments alimentaires) contrairement aux amphétamines (Maxiton à l’époque).

Le talonneur sud afriquain des Sharks Monde Hadebe, 24 ans, 177 cm et 101 kg, a été suspendu 4 ans pour un contrôle positif à deux substances dopantes, dont les stéroïdes anabolisants en juillet 2016.

La LH ou hormone luteinisante

Le clomiphène, le cyclofénil et le tamoxifène stimulent la production hypophysaire de LH. Cette hormone déclenche la sécrétion de testostérone par le testicule.

La créatine

C’est un acide aminé naturel présent dans les fibres musculaires et le cerveau, qui joue un rôle essentiel dans l’apport d’énergie aux cellules musculaires et dans la contraction musculaire. Elle est présente dans l’alimentation protéinée (viande, poissons), mais elle est aussi fabriquée par le foie à partir d’autres acides aminés. Pour être active, elle doit être phosphorylée au niveau du muscle : elle constitue alors une source énergétique musculaire pour répondre aux efforts intenses et brefs. Elle fut utilisée dans les années 90 dans les milieux culturistes suite à des publications scientifiques. Elle est prise par voie orale ou en injection. A 20 ou 30 g de créatine par jour pendant une ou plusieurs semaines, soit 10 fois la quantité utile et nécessaire pour le corps, on estime que cela revient à manger 4 à 5 kg de viande par jour ! Du fait de son utilisation récente, on manque encore de recul concernant ses effets à long terme. mais de nombreuses études ont montré l’inefficacité d’une supplémentation en créatine, tant sur la puissance maximale développée que sur les sensations de fatigue musculaire ou la récupération.

Par contre ses effets indésirables pour le corps commencent à être mieux connus :

  • déchirures musculaires
  • rétention d’eau 
  • problèmes rénaux majorés par les injections (néphropathie, insuffisance rénale)
  • problèmes cardiaques
  • irritations gastriques et diarrhées

Anecdote sportive : alors que je travaillais dans un service de pharmacovigilance (service qui collecte les témoignages d’effets indésirables des médicaments et d’autres substances), je reçu le coup de téléphone du médecin d’un club de rugby de première division française. Il voulait savoir si la créatine pouvait entrainer des diarrhées, la moitié de son équipe ayant été affecté en plein match de ce désagrément digestif…

Les athlètes de l’Antiquité tentaient d’augmenter leur force physique en consommant différents types de viande selon leur sport : les sauteurs de la chèvre, les pugilistes du taureau, les lutteurs du porc gras…

Les bêta 2 agonistes : clenbutérol et salbutamol 

Ce sont des bêta stimulants d’usage vétérinaire pour le clenbutérol (Ventipulmin) indiqué dans le traitement broncho pulmonaire des chevaux de course ou humain pour le salbutamol (Ventoline, Airomar, Asmanal, Buventol, Combivent, Ventide, Spréor, Eolène, Salbumol, Ventodisk), le salmétérol, la terbutaline, le formotérol ou le fénotérol indiqués dans le traitement de l’asthme en inhalation. Leur détournement pour usage dopant s’est fait comment souvent par hasard. S’ils renforcent tous la ventilation pulmonaire par leur action bronchodilatatrice, ils sont aussi utilisés à forte dose pour leurs propriétés stimulantes puis anabolisantes comme les stéroïdes. La ventoline est donc autorisée pour les sportifs asthmatiques à des doses très précises et sous forme d’AUT.

Les effets indésirables à forte dose sont :

  • palpitation cardiaque et tachycardie
  • ruptures tendineuses et musculaires
  • tremblements
  • troubles du comportement
  • crampes
  • céphalées
  • cancer du foie.

Anecdote sportive : le salbutamol fut à l’origine de l’introduction de la notion de seuil pour une substance. On se rappelle que ce qui fait la drogue, c’est la dose. Ainsi, depuis l’an 2000, il est considéré qu’un sportif dont le taux urinaire est inférieur à 100 nanogrammes/ml d’urine est un patient asthmatique qui se soigne (soit 16 bouffées par jour, au-delà le salbutamol n’est pas plus efficace), qu’entre 100 et 1000 ng, il est positif à un stimulant et qu’au delà de 1000 ng, il est dopé aux anabolisants.

En 1997, Max Godemet, DTN de la FFR, dira que lors de la défaite de l’équipe française de rugby contre les Sudaf 52 à 10, quinze des springboks étaient sous salbutamol (Ventoline), car ils souffraient d’asthme d’effort !

Gaz xénon et argon

Inhalés, ils stimulent la production de testostérone et améliorent la masse musculaire, la puissance et la résistance à la fatigue. Ils favorisent aussi la production naturelle d’érythropoïetine EPO.

Ils peuvent entraîner des frissons, une bradycardie, une hypertension ou une hypotension et une dépression respiratoire.

Hormones de croissance (hGH-somatotrophine) et hormones peptidiques comme la gonadotrophine chorionique (hCG)

Cette hormone est naturellement fabriquée dans le corps, mais elle peut être synthétisée. Elle participe à la régulation des organes, à la croissance du corps en augmentant la masse musculaire (gain en puissance) et en diminuant la masse grasse. Découverte en 1944, elle fut utilisée par des sportifs en 1980. Elle est encore très difficilement détectable, sinon de manière indirecte par son action sur les os : prognathisme ou menton qui avance, allongement de la taille des os.

Elle entraine une hypertrophie osseuse (poignets, genoux, chevilles, mains et pieds), une déformation irréversible du visage et de la tête (avancement prononcé de la mâchoire inférieure, augmentation du périmètre crânien), un diabète irréversible et une croissance anormale du coeur, du foie, des reins et de la thyroïde. On peut aussi retrouver une hypertension, une insuffisance cardiaque, voire un collapsus. ne parlons pas du risque d’encéphalite  (maladie de Creutzfeldt Jacob) en cas d’injection de produit contaminé.

Anecdote sportive : un rugbyman de rugby à XIII du club de Wakefield est le premier sportif à avoir été contrôlé positif à l’hGH en 2010 .

En 1991, le docteur B. De lignères, endocrinologue, disait que l’on trouvait presque plus facilement de l’hGH dans les clubs de culturisme des banlieux parisiennes (via la Belgique et l’Espagne) qu’à l’hôpital !

Les prohormones ou précurseurs hormonaux

Les prohormones sont des hormones non matures fabriquées par l’organisme : elles précèdent donc la synthèse du cortisol, de la testostérone ou des hormones thyroïdiennes par exemple. Il est probable que ces molécules soient détournées de leur usage thérapeutique pour leurs effets dopants. On retrouve donc les mêmes effets recherchés et indésirables qu’avec les hormones qu’elles précèdent. Concernant les hormones thyroïdiennes les effets recherchés par les sportifs sont : augmentation de la consommation d’oxygène et du métabolisme de base, augmentation de la synthèse de la créatine par exemple. Mais attention à forte dose ces hormones ont des effets paradoxaux.

Les effets indésirables sont toutefois nombreux : irritabilité et excitation, , ostéoporose, thermophobie, hyperglycémie, fonte musculaire (amyotrophie), tachycardie et exophtalmique. 

Anecdote sportive : le suivi longitudinal instauré par la FFR a permis de déceler des perturbations de la TSH chez une centaine de rugbymen de 2006 à 2008 de première division, autour de Biarritz, Bayonne et Pau. La compensation de la baisse de l’hormone thyroïdienne T3 induite par l’extrême intensité des surentraînements, par la prise d’hormones thyroïdiennes est désormais considérée à du dopage. La prise d’hormones thyroïdiennes, en augmentant la demande en oxygène, favoriserait la fabrication endogène d’EPO.

En 1981, Mohammed Ali en aurait pris à des fins d’amaigrissement des simulation centrale.

L’insuline

L’insuline est utilisée sous forme de médicament chez les patients diabétiques. Cette hormone produite naturellement par le pancréas a une action hypoglycémiante. Elle stimule aussi la libération de l’hormone de croissance ; c’est cette propriété qui peut être recherchée dans le monde sportif.

Ses effets indésirables sont loin d’être anodins : tremblements, sueur et hypothermie. accidents cardiovasculaires et infarctus du myocarde, surdosage mortel (confusion, troubles visuels et coma).  

Anecdote sportive : des body builders ont été retrouvés morts par coma par hypoglycémie parce qu’ils se dopaient à l’insuline.

II Ceux qui sont des stimulants

Les amphétamines

Ces médicaments (ou non) psychostimulants et anorexigènes (Maxiton, Benzedrine, Lidépran, Mératran, Ritalin, Methedrine, Pervitin, Captagon, Tonédron, Survector, Métamphétamines, Ecstasy, Effexor, Zyban, bupropion) ont été synthétisés pour la première fois en 1887. Au départ dans les années 30, ces médicaments étaient utilisés en inhalation contre les rhinites (rhume). Ces produits étaient largement banalisés : durant la seconde guerre mondiale, le gouvernement britannique distribua des millions de cachets d’amphétamines à sa population civile et à ses soldats (pas moins de 72 millions de comprimés distribués aux soldats britanniques) pour qu’ils tiennent le coup. Contrairement aux anabolisants, qui sont utilisés pendant les périodes d’entrainement, les amphétamines le sont plutôt juste avant les compétitions. L’utilisation des amphétamines par les sportifs date de 1936, mais l’interdiction de son utilisation par le CIO de 1968 ! 

Les effets des amphétamines apparaissent 1 à 2 heures après leur ingestion et durent quelques heures : diminution, parfois totale, de la fatigue musculaire, de la faim et de l’envie de dormir ; augmentation de la confiance en soi (sentiment d’invincibilité), de la mémoire et de la concentration, accélération de la réflexion et sentiment d’euphorie. Les personnes qui en prennent ont le sentiment d’être des surhommes et de pouvoir s’entrainer ou jouer plus longtemps sans ressentir de fatigue. L’abolition du signal d’alarme naturel qu’est la fatigue, entraine les sportifs a continué leur effort jusqu’à l’épuisement.

Mais attention, la descente est terrible ! Le contre coup est directement proportionnel aux effets positifs précédents, sauf qu’ils sont inversés :

  • envie irrépressible de dormir et insomnie,
  • impatience, irritabilité, nervosité et agressivité ou accès de violence disproportionnée
  • perte de confiance en soi et dépression
  • vertiges
  • maux de tête et fatigue intellectuelle
  • hypertension, palpitations cardiaques et infarctus du myocarde
  • crampes
  • perte de poids
  • mouvements incontrôlés et dyskinésies tardives
  • confusion, délire, paranoïa et hallucinations psychotiques
  • dépendance (qui pousse à renouveler la prise d’amphétamines) et tolérance (qui nécessite d’augmenter les doses pour avoir les mêmes effets)
  • le dépassement des limites du corps peut entrainer une issue fatale par épuisement général du sportif (décès d’un cycliste sur le tour de France, Tom Simpson, notamment)
  • les signes cliniques de « l’amphétaminé » type sont : perte de la vision, bouche sèche, chair de poule, nausées, érection, froideur des extrémités, visage enxieux, grincement des dents, nez pincé, palpitations, pupilles dilatées et sudation.

Anecdote sportive : Certes les amphétamines étaient directement impliquées dans le décès de Tom Simpson par collapsus et hyperthermie le 13 juillet 1967 sur les pentes du mont Ventoux sur le tour de France. Mais la légende du tour oublie généralement de préciser que le coureur avait auparavant ingurgité quelques décilitres d’alcool. Les deux substances combinées à la déshydratation due à l’effort physique et la chaleur auront été fatales au malheureux sportif.

Dans un de ses livres, le géologue et alpiniste O. Dyhrenfurth dénonce la prise de Maxiton par M.Herzog et L. Lachenal lors de l’ascension de l’Himalaya dans les années 30. 

Afin de quantifier l’effet des amphétamines sur ses temps de course, Anquetil, coureur cycliste, s’était prêté à une expérience lors de tests grandeur nature dans une compétition contre la montre. Cette évaluation effectuée sur une épreuve chronométrée italienne, le Grand Prix de Forli, avait donné – en l’absence de Bomba (dynamite) – une détérioration de la vitesse moyenne de 2,5 km à l’heure sur un parcours de quatre-vingt-sept kilomètres, soit 5,7 % de débours. A titre de comparaison, signalons que Jean-Marie Leblanc, patron du Tour de 1989 à 2006, évaluait à trois kilomètres/heure le gain de vitesse moyenne procuré par l’ÉPO.

La cocaïne

Obtenue à partir de la distillation des feuilles de coca, c’est en plus d’être un produit dopant, une substance illégale en France. C’est un psychostimulant comme les amphétamines qui est fumé ou injecté. Il agit très rapidement (10 minutes), mais ses effets durent en moyenne 30 minutes seulement. 

Comme les amphétamines la cocaïne entraine une dépendance, des troubles du rythme cardiaque, une hypertension artérielle, des infarctus, des irritations nasales (si sniffé), des crises convulsives. A long terme, des accidents vasculaires cérébraux, une insuffisance cardiaque, des troubles du sommeil, des pertes d’appéti, des psychosest et des épisodes dépressifs.

Anecdote sportive : entre le XIXe et le XXe siècle les fioles (appelée couramment « topettes », petite toupie en picard) de Choppy Warburton, ancien coureur à pied, faisaient fureurs dans le monde sportif. Elles contenaient un mélange de caféine, de strychnine, de cocaïne et même d’arsenic ! Véritable élixir de vitesse, les cyclistes en buvaient sans retenue.

Jack London, romancier et journaliste sur le Tour de France, relate dans son célèbre article « les forçats de la route » que certains cyclistes avaient dans leur sacoche des fioles avec de la cocaïne pour les yeux et du chloroforme pour les gencives !

L’éphédrine et pseudoéphédrine

L’éphédrine est un alcaloïde de l’éphedra, un arbuste. C’est un psychostimulant présent dans de nombreux médicament décongestionnant en ORL (Actifed, Sudafed, Humex…). Il est interdit en compétition mais autorisé lors des périodes d’entrainement. Utilisé à forte dose, ses effets sont proches de ceux des amphétamines. L’éphédrine fut découverte en 1934 et détournée de son usage médical en 1964.

Anecdote historique : les chinois mâchaient des feuilles de ma huang, un arbrisseau qui contenait de l’éphédrine. Ils considéraient ces feuilles comme le « must » des fortifiants et des défatigants. 

Aicar ou acadésine ou GW501516

L’acadésine est un cardioprotecteur agoniste des PPAR delta des tissus graisseux et musculaires. Il n’a jamais été commercialisé, alors qu’il est connu depuis 1956. Il permettrait de stimuler les fibres musculaires liées aux effort d’endurance, il diminuerait la fatigue et augmenterait les filières aérobies. Cette substance est naturellement produite par l’organisme, elle est donc encore difficilement détectable. Selon une étude américaine réalisée sur des souris, les rongeurs dopés à l’Aicar ont réussi à courir 44% plus longtemps que leurs congénères. Le montant d’une cure s’élèverait à 500 000 euros. Nous ne possédons pas encore assez de recul concernant les effets indésirables de cette nouvelle pilule dite de l’endurance.

On cite toutefois une augmentation de la température centrale, des cas d’immuno suppression (augmentation du risque d’infection), des perturbations hépatiques et des troubles de l’activité motrice. Sans compter que l’on ne connait pas ses effets à forte dose.

Anecdote sportive : En 2009, l’Agence française de lutte anti dopage pointait du doigt l’anormale maigreur de certains cycliste du Tour de France. Un médecin colombien d’une équipe du Tour aurait été interpellé en 2012 avec de l’Acier dans une valise …

Les compléments alimentaires ou autres boissons d’efforts

Les compléments alimentaires et les différentes boissons d’efforts sont devenus très à la mode ces dernières années : pour lutter contre le cancer, pour mieux bronzer, pour éviter la chutes des cheveux, pour lutter contre la fatigue…Selon les publicités ces produits sauraient tout faire ! La prise de ces produits concerne la société toute entière.

Selon une étude de l’antenne médicale de prévention du dopage du Languedoc Roussillon, le marché mondial en 2006 des compléments alimentaires représentait 200 milliards de dollars. Selon une étude réalisée en 2009, 15 % des hommes et 28 % des femmes en consommeraient au moins trois jours par semaine, depuis plus d’un an.

La législation française à propos de ces produits ne garantit que la qualité, la composition et l’absence de contamination de ces produits (norme AFNOR NF v94-001). ce n’est pas le cas des produits que l’on peut se procurer sur internet ou dans certains pays étrangers. Dans tous les cas, l’alternative à la prise de ces produits très couteux reste une alimentation variée et équilibrée. Par ailleurs leur utilisation chronique pose la question de leurs effets indésirables à long terme, sans parler des contrefaçons nocives.

Or ces produits sont tout sauf banals : entre décembre 2008 et octobre 2015, 282 signalements d’effets indésirables par des médecins, des pharmaciens ou des diététiciens ont été reçus par l’ Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation ANSES. Les effets les plus fréquents étaient des troubles hépatiques, cardiovasculaires (tachycardie, arythmie, AVC), des troubles gastro-intestinaux, des allergies ou des maladies neurologiques et psychiatriques (troubles anxieux et troubles de l’humeur).

Les substances les plus souvent incriminées sont celles censées augmenter la masse musculaire comme la créatine (voir plus haut), les protéines de lait (lactosérum et caséines), la DHEA (Déhydroépiandrostérone) et celles dites « brûleurs de graisse » comme la choline et la L-carnitine, sans oublier les stimulants comme la caféine (voir plus bas).

Cas particulier – L’higénamine ou norclaurine (HIC) fait partie des composants des plantes comme la Tinospora crispa qui poussent dans les forêts tropicales ou mixtes à feuilles caduques en Asie et en Afrique. On la retrouve dans des compléments alimentaires * développés et commercialisés comme « brûleurs de graisses ». Elle agit sur les récepteurs bêta adrénergiques et stimule le système cardia-respiratoire, le système nerveux central et augmente la masse musculaire. Elle est utilisée à forte dose par le monde sportif pour son action d’augmentation de la lipolyse (brûleur de graisse) et de la thermogenèse. On en retrouve alors dans les urines en cas de contrôle antidopage.

Toutefois, la vrai raison de son utilisation chez les sportifs est tout autre : elle est surtout utilisée pour son effet stimulant, améliorant le temps de réaction, la vitesse de démarrage, la lecture du jeu, la vista et la détente verticale. En gros, toutes les prises d’information sont accélérées.

Attention, cette substance a des effets indésirables : tremblements, hypokaliémie, tachycardie, troubles du rythme cardiaque, ruptures tendineuses et musculaires.

L’higenamine n’est pas une nouvelle venue dans le marché international des molécules dopantes.

Les sportifs devraient se tenir au courant en permanence des risques qu’ils prennent en ingérant diverses substances pour améliorer leurs performances sportives. En effet en 2017, l’higenamine apparait citée dans le groupe des bêta 2-agonistes interdits en compétition et à l’entrainement : Fénoterol, formoterol, higénamine, indacaterol, olodaterol, procaterol, reproterol, salbutamol, terbutaline et vilanterol.

* On retrouve cette substance notamment dans un produit dénommé « dyno ». Mais attention, il y a des substances apparentées dans d’autres produits commercialisés

En général, on retrouve ces produits sous forme de gélules, pastilles, gouttes … ne sont malheureusement pas des médicaments. Malheureusement, car s’ils le devenaient le contrôle de leur prescription et de leur dangerosité  serait assuré plus efficacement. 

Ils peuvent comprendre des sels minéraux, des vitamines, des micro-nutriments, des extraits d’herbes ou d’organes et enfin des produits d’origine synthétiques divers. Les besoins naturels en divers nutriments sont normalement couverts par une alimentation équilibrée. Il n’a jamais été démontré un quelconque besoin accru en micro-nutriments proportionnellement à la dépense énergétique. Les sociétés commercialisant les différents produits sur le marché font références à de pseudo-études scientifiques.

Les apports en une seule vitamine entraine des déséquilibres, c’est les cas aussi pour les sels minéraux (douleurs digestives pour le magnesium,  infarctus du myocarde et cancers pour le fer par exemple), certaines plantes sont toxiques à doses élevées particulièrement les phytooestrogènes qui entraient des cancers des testicules, de la prostate notamment, la vitamine A ou rétinol est nocive en cas de grossesse, la Vitamine D peut entrainer des cancers du sein, le Gingko, le fer, le calcium, le Millepertuis, le magnésium entraîner des interactions dangereuses avec certains médicaments, la levure de riz rouge entraine des douleurs musculaires violentes et des atteintes hépatiques, la p-synéphrine entraine des hépatites, des hyperphosphorémies, des insuffisances rénales, des tachycardies, des syndromes anxieux… 

Anecdote sportive : selon les études, 44 à 100 % des sportifs en consommeraient régulièrement. Une étude réalisée de 2001 à 2002 sur 634 compléments alimentaires venant de 13 pays différents montre que 15 % d’entre eux contient des stéroïdes anabolisants. 

Cette année, un joueur de football de Liverpool n’a pu être sélectionné en équipe de France pour participer à la coupe d’Europe pour avoir été contrôlé positif à l’higénamine (ou norcoclaurine), un bêtastimulant brûleur de graisse, après avoir ingéré des compléments alimentaires. Dans le passé, Diego Maradona avait été condamné pour les mêmes faits à15 mois fermes et 15400 euros d’amende. Il faut savoir que ces brûleurs de graisses sont surtout utilisés pour leur effet stimulant améliorant le temps de réaction, la vitesse de démarrage, la lecture du jeu, la vista et la détente verticale.

Dans le même genre, un produit fait fureur dans certains vestiaires avant les matchs : le boosterJack3D. Il faut dire qu’en plus des substances habituelles, le »no1 des vasodilatateurs » du marché américain des compléments alimentaires contient de la créatine, de la caféine à forte dose et surtout de la DMAA ou geranamine (1,3-diméthylamylamine) un psycho stimulant proche de éphedrine.

La caféine et ses apparentés

C’est un alcaloïde qui appartient à la famille des xanthines. Dans le café, la caféine est trois fois plus concentrée que dans le thé. A petites doses, la caféine améliore les perceptions sensorielles et a une action stimulante. Elle produit aussi une vasodilatation des coronaires qui améliore le fonctionnement du coeur et elle épargne l’utilisation du glycogène à l’effort, ce qui entraine une plus grande utilisation des graisses circulantes. Parmi les autres molécules stimulantes, on trouve l’oxymétazoline (autorisée à usage local), l’amineptine, l’amiphénazole, le carphédon, la fencamphamine, le mésocarbe, le pentétrazole, le pipradol ou la terbutaline.

A fortes doses par contre, la caféine provoque des palpitations, voire des tachycardies, des tremblements, des angoisses et des insomnies. Le seuil de concentration urinaire en caféine a été fixé en 1986 à 12 microgramme par millilitre : ce qui équivaut à l’absorption de 8 litres de café par jour ! Mais évite les injections de caféine.

Anecdote sportive : pour être contrôlé positif au Guronsan, il faudrait en ingurgiter 10 comprimés en deux heures.

Jacques Anquetil, coureur cycliste, a déclaré, en 1967 au journal miroir du cyclisme, préférer se faire une piqure de caféine plutôt que de boire trois tasses de café, qui lui feraient mal au foie…

Selon le quotidien Sport Bild, en 2016, un tube de Guronsan (un tube contient 15 comprimés, chaque comprimé contient 50 mg de caféine) aurait été retrouvé dans le vestiaire des bleus après leur demi finale contre l’Allemagne lors de l’Euro en France. Ce médicament antifatigue n’est pas interdit, mais figure sur une liste de surveillance pour apprécier son mésusage.

Enfin, parmi les stimulants on retrouve de nombreuses autres molécules type nicéthamide, substance que l’on retrouve associée au glucose dans la spécialité Coraline-Glucose ou Gly-Coramine. C’est un stimulant cardio-respiratoire.

III Ceux qui rendent euphoriques

Les corticostéroïdes

Les corticostéroïdes (cortisone) sont des hormones produites par les glandes surrénales.  Ils ont une action anti-inflammatoire et sont utilisés sous forme de médicaments contre les maladies auto-immunes et les rhumatismes sous forme d’injection ou par voie orale. Certains ont un effet court (Prednisone, Prednisolone), d’autres ont un effet prolongé (Bétaméthasone, Dexaméthasone, Cortivazol). Ils ont été mis sur le marché médical en 1936 et utilisés comme produits dopants dès 1960. Ils peuvent être détournés de leur utilisation médicale pour leurs effets euphorisants, pour retarder la sensation de fatigue, se sentir plus fort, mais gare aux effets indésirables nombreux et graves.

Œdèmes et augmentation du poids, élévation de la glycémie, hypertension artérielle, diminution des anticorps, brûlures et ulcération gastro-intestinale, fractures, embolies artérielles, crampes musculaires, atrophie musculaire, glaucome, cataracte, convulsions, changement d’humeur, insomnies et psychoses. Ces effets indésirables sont irréversibles lorsque la corticothérapie est utilisée au long court.

Anecdote sportive : en 1997, Max Godemet, DTN de la FFR, dira que lors de la défaite de l’équipe française de rugby contre les Sud af 52 à 10, dix huit joueurs Springboks blessés étaient sous corticoïdes injectable !

Des hackers russes ont piraté les fichiers de l’Agence mondiale antidopage (AMA) et publié les données de nombreux athlètes de premier plan ayant participé aux Jeux de Rio en août dernier. On apprend ainsi que sous couvert d’Autorisation d’usage à des fins thérapeutiques (AUT), ces sportifs pouvaient prendre des produits dopants en toute légalité. 

Dans L’Equipe du 18 septembre, on découvre que Wiggo a reçu des injections d’un corticoïde interdit – la triamcinolone – pour traiter un asthme avant les Tours 2011, 2012 et le Giro 2013. Pour se justifier, le cycliste britannique explique que : « l’injection de triamcinolone est un traitement intramusculaire pour l’asthme approuvé par les autorités sportives » et qu’il avait une AUT pour ce motif. Sauf que la triamcinolone en intramusculaire n’est pas le traitement de l’asthme mais de la rhinite allergique ainsi que de problèmes rhumatologiques ce qui bien sûr n’est pas la même chose.

Pour illustrer ces dérapages, le témoignage de Philippe Gaumont, licencié de l’équipe Cofidis, est éclairant   : « Il n’y a pas de produits masquants, seulement des « ordonnances masquantes ». Pour la cortisone ou les corticoïdes, il suffit d’avoir une bonne justification thérapeutique pour que les contrôles positifs deviennent négatifs. Voilà comment ça se passe : le médecin de l’équipe t’envoie voir un allergologue, c’est obligatoire. Celui-ci constate que tu es sensible aux acariens et te prescrit un spray. On avait la consigne à chaque fois de demander à tout prix du Nasacort® (triamcinolone acétonide). Pourquoi ? Car c’est un spray qui permet de masquer la cortisone. Quand on va au contrôle, on déclare qu’on est allergique aux acariens, qu’on a une prescription de Nasacort® et qu’on en a pris le matin par voie nasale. Et à côté, on a pu se faire tranquillement une injection de Kenacort® (produit interdit contenant lui aussi de la triamcinolone acétonide) car, au contrôle, on ne sait pas faire la différence entre le spray et l’injection. Ensuite, le médecin t’envoie vers un dermatologue. Tu te grattes un peu les testicules avec du sel pour lui montrer que tu as des rougeurs et il te prescrit six mois de Diprosone® (bétaméthasone) en pommade. Comme ça, derrière tu peux te faire du Diprostène® (interdit, contenant lui aussi de la bétaméthasone) en injectable sans risquer non plus d’être positif. » [Le Monde, 15.03.2004]

La corticotrophine ou ACTH, tétracosactide

La prise d’ACTH ou synacthène entraîne une augmentation du taux de cortisol dans le sang et peut-être recherché par les sportifs pour son effet euphorisant. Il est utilisé sous forme d’injections.

Sa prise peut entrainer les mêmes effets indésirables que les corticostéroïdes : des œdèmes, une hyperglycémie, une hypertension artérielle, une ostéoporose et des troubles psychiatriques. 

Anecdote sportive : dans le peloton du Tour de France des années 80 circulait un cocktail appelé « friandise du Dr X » qui mélangeait de la testostérone, de la cortisone et de l’ACTH.

IV Ceux qui diminuent les douleurs

Les anti-inflammatoires ou AINS, le paracétamol et le Di-Antalvic

Les Anti inflammatoires non stéroïdiens (aspirine, Ibuprofene, Nifluril…) sont des médicaments qui furent développés car les corticostéroïdes avaient trop d’effets indésirables. Pour un sportif, ces médicaments permettent d’atténuer la sensation des difficultés de l’effort et de la douleur, de pallier aux effets indésirables des stimulants (amphétamines) et de jouer malgré une blessure comme les anesthésiques locaux.

Ils ont toutefois encore de nombreux effets indésirables : irritations et saignements gastriques, éruptions cutanées, œdèmes, bourdonnement d’oreille et spasmes bronchiques. 

Anecdote sportive : lors des coupe du monde de football 2002 et 2006, 23 % des joueurs prenaient des AINS 2 matchs sur 3 et plus de 10 % en prenaient avant chaque match. Seuls 19,7 % d’entre eux ne prenaient rien ! Ces chiffres, qui dépassent largement l’incidence des blessures rencontrées dans ces compétitions, démontrent que les AINS ne sont majoritairement pas pris pour des raisons thérapeutiques (pour soigner une douleur).

Les opiacés ou narcotiques

Les dérivés de l’ Opium (Fentanyl, morphine, héroïne, Méthadone, Tramadol, codéine…) furent développés pour leurs propriétés analgésiques et antalgiques, très utiles dans la lutte contre la douleur. Ces molécules provoquent aussi un relâchement musculaire et une diminution générale de la sensibilité. La prescription de ces médicament stupéfiants a rapidement été restreinte à cause de leurs très  nombreux effets indésirables.Ils pourraient donc être détournés par les sportifs pour lutter contre le trac, le stress afin de gommer les enjeux de la compétition, pour diminuer la douleur.

Principalement, il faut signaler le risque majeur de dépendance (envie irrépressible d’en reprendre, plus le produit entraine un effet rapidement, plus ce besoin irrépressible revient tôt) et de tolérance (nécessité d’augmenter les doses pour avoir les mêmes effets). Attention au risque de dépression cardio respiratoire en cas de surdosage.

Anecdote sportive : en 1962, la fameuse intoxication alimentaire de Superbagnères sur le Tour de France, qui avait engendré un nombre important de vomissements chez des cyclistes, fut attribuée à des soles pyrénéennes avariées… Il s’agissait en réalité de l’introduction de morphiniques sur le tour de France selon le docteur L.Maigre, médecin chef du Tour.

Le cannabis (marijuana ou herbe, haschisch ou résine)

Depuis des siècles la plante de cannabis est cultivée pour son principe actif : le THC, Tétra hydro cannabinol. A faible concentration, ce stupéfiant a des effets désinhibants proches de l’alcool, il diminue le stress et a des effets euphorisants. Mais à plus forte concentration, il devient un hallucinogène puissant. Le haschisch-doping apporte trois types d’effets :

  • euphorie et excitation motrice
  • augmentation de l’agressivité
  • suppression de l’inhibition

Il entraine une dépendance comme les autres stupéfiants. Mais aussi une hypotension orthostatique, une tachycardie et des psychoses.

Anecdote sportive : De 1995 à 1996, plusieurs dizaines de sportifs ont été contrôlés positifs au cannabis, parmi lesquels des footballeurs professionnels (gardiens de buts entre autre). Produit illégal en France, il fait parti de la classe S8 des produits interdits par l’agence mondiale antidopage. Pourtant, le haschisch doping fait toujours l’objet d’une certaine mansuétude, dans certaines fédérations ou même dans certaines instances censées lutter contre le dopage. 

Les anesthésiques locaux ou dits de contact

Ce sont des substances qui suspendent par contact la transmission des sensations douloureuses. Ces médicaments (bupivacaïne, lidocaïne, mépivacaïne, procaïne…dérivés de la cocaïne) sont utilisés dans le monde sportif pour suspendre une douleur entravant le niveau de performance, sans toutefois en soigner la cause. Un leurre qui accroit l’étendue de la blessure.

Anecdote sportive : Selon Guy Roux en 1990, entraîneur de football à l’AJ Auxerre, certains footballeurs ont payés les piqures qui leur ont été faites pour pouvoir jouer en coupe du monde. 

Philippe Guillard raconte dans l’équipe en mai 2016, comment il a joué la finale contre Agen avec un tendon qui se baladait en dessous du pied (en fait une luxation des péroniers). Descendu du bus avec ses béquilles, il a pourtant joué tout le match, plus la prolongation, sur une jambe qu’il ne sentait plus. Comment : grâce à une piqure d’anesthésiant avant le match.

Le miroir des sports raconte que le pilier du stade montois, JB Amestoy, aurait joué un match en 1965 avec une tendinite grâce à deux piqures d’anesthésiant avant le match et deux autres pendant le match. 

Le courage nécessaire à la pratique du rugby ne devrait  pas être confondu avec le mépris du corps des sportifs.

V Ceux qui améliorent la respiration et l’oxygénation

Ces molécules sont venues « révolutionner » les anciennes techniques utilisées pour améliorer l’oxygénation des muscles : caissons hypnotiques ou séjours à haute altitude (innovation de la RDA en 1979).

EPO ou érythropoïétine et CERA

Cette hormone peptique naturelle (fabriquée par les reins) ou synthétique (Eprex, Recormon, Affimax ou CERA) est utilisée dans le traitement des anémies. L’EPO stimule la fabrication d’hémoglobine et des globules rouges et améliore le transport d’oxygène. Il est surtout utilisé pour augmenter l’endurance. La durée de vie des dernières molécules permet une injection mensuelle. Cette molécule fut découverte en 1950 et utilisée pour la première fois comme substance dopante en 1987. Depuis la mise en place de tests qui arrivent à déceler la présence d’EPO synthétique, les sportifs se tournent vers le GA-S6, growth arrêts-specific 6, substance qui favorise la sécrétion d’EPO endogène.

Ses effets indésirables sont des poussées hypertensives, des douleurs osseusesdes thromboses vasculaires, des convulsions, des polyglobulie et des œdèmes au point d’injection.

Anecdote sportive : C.Basson cycliste de l’équipe Festinaet équipier de R.Virenque refusa de suivre le protocole de dopage à l’EPO de son équipe. Pour fabriquer plus de globule rouge, il utilisait la technique de la chambre d’hypoxie (raréfaction de l’oxygène, qui par effet rebond, stimule la production des globules rouges). 

Concernant les rugbymen Sud africains champions du monde en 1995, le nombre anormal de joueurs atteints de maladies rares si jeunes (Tinus Linee et Joost Van der Westhuizen atteints de maladie de Charcot, Andre Venter souffrant de myélite transverse et Ruben Kruger mort en 2010 d’un cancer du cerveau) pose la question du dopage. Le capitaine emblématique de cette équipe, François Pienaar, raconte dans son autobiographie la prise régulière de pilules et de piqures de vitamines B12 (cobalamine). Or les cures de vitamines B12 accompagnaient quasi systématiquement la prise d’EPO, indétectable en 1995, pour en accentuer ses effets.

Les PFC ou perfluorocarbones

Ce sont des produits composés d’atomes de fluor, de carbone et d’hydrogène. Ils sont obtenus par voie synthétique contrairement à l’érythropoïétine. Ils ont la propriété de dissoudre de grandes quantités de gaz, donc l’oxygène. Ils augmentent donc l’apport d’oxygène vers le cerveau, les différents tissus et les muscles. Il ne modifie pas l’hématocrite.

Nous ne disposons pas encore d’assez de recul pour évaluer tous les effets indésirables des PFC : fièvre, diarrhées, toxicité rénale, hépatique (foie) et pulmonaire, embolies et thromboses.

Anecdote sportive : l’affaire Festina permettra de découvrir du perfluorooctyl dans le sang d’un cycliste. Un autre cycliste de l’équipe suisse post swiss team serait mort en 1998 d’insuffisance rénale et hépatique à cause des PFC.

Les auto transfusions sanguines de « purée » globulaire

La technique consiste à prélever un mois avant la compétition 1 litre environ du sang d’un joueur et de conserver ce sang jusqu’à la compétition. Le joueur poursuit son entrainement en diminuant son intensité et a le temps de reconstituer son capital de globules rouges. Les transfusion ou auto transfusions de poches de sang prélevées  posent  le problème des risques de contamination par le HIV, mais entrainent aussi des réactions allergiques, des atteintes rénales et des chocs métaboliques. Ce procédé fut mis au point en 1970 par le Suédois B Ekblom.

Anecdote cinéphile : dans le film Mad Max : fury road, les War boys, sortes de soldats suicidaires à la botte de leur dictateur, se dopent en se transfusant  le sang d’esclaves appelés Globulars, illustrant parfaitement ce qui se pratiquait dans les années 90 sur le Tour de France.

VI Ceux qui limitent le stress et les tremblements

Les benzodiazépines (BZD) et autres « tranquillisants » ou « somnifères »

Les benzodiazépines sont des substances qui possèdent toutes des propriétés anxiolytiques (diminution de l’anxiété, Xanax), hypnotiques (sédation, Rohypnol), myorelaxantes (Myolastan, retiré du marché en France depuis 2013) et anticonvulsivantes (Valium). Elles pourraient être détournés de leur usage pour lutter contre les tremblements ou pour pallier aux troubles du sommeil liés au stress de la compétition. Toutes les BZD provoquent aussi des amnésies antérogrades (on ne se souvient pas de ce que l’on a fait) et un syndrome de soumission : c’est ce qui en a fait à un moment la drogue des violeurs. Ces molécules ont remplacé les barbituriques, qui avaient des effets indésirables trop importants.

L’inconvénient majeur de ces médicaments est la dépendance et la tolérance qu’ils entrainent. On peut citer aussi le risque de sédation trop importante, les amnésies et les convulsions en cas de surdosage.

Anecdote sportive : en 2009, la prise de BZD fut recherchée chez 29 coureurs d’une équipe cycliste du ProTour. Un seul coureur testé fut négatif ! les autres avaient pris du zolpidem (Stilnox), du bromazépam (Lexomil), de la zopiclone (Imovane), du tétrazépam (Myolastan), du diazépam (Valium) ou de l’aminoflunitrazépam (Rohypnol).

Les béta bloquants

Ces médicaments (Avlocardyl, acébutolol, propanolol et tous les autres -lols !) sont utilisés en cardiologie pour réguler et ralentir le rythme cardiaque et diminuer la tension artérielle. Leurs effets anti-émotionnels et anti stress peuvent intéresser certains sportifs. Ces médicaments ne sont interdits que dans certains sports (aéronautique, boules…), pas en rugby.

Attention, contre indication en cas d’asthme ou de diabète ! Les effets indésirables sont nombreux : hypotension, hypoglycémie, insomnies, troubles de l’humeur, troubles cardiaques…

L’alcool éthylique

Produit de consommation très répandu en France, c’est un puissant énivrant qui fut fréquemment utilisé par les sportifs dans des cocktails de stimulants alcooliques jusqu’au milieu du vingtième siècle. Paradoxalement à faible dose, l’alcool est utilisé dans les spécialités sportives de précision (escrime, pentathlon) pour ses propriétés relaxantes.

Anecdote sportive : c’est bien l’ingestion de cognac, ajoutée à la chaleur (insolation), à l’intensité de l’effort physique et à la prise de Maxiton (amphétamine), qui ont engendré la mort par collapsus du cycliste Tom Simpson sur les pentes du mont Ventoux lors du Tour de France 1967.

VII Ceux qui masquent la prise de produits dopants

Les diurétiques thiazidiques

Le Lasilix ou furosémide, l’Esidrex sont des médicaments utilisés contre l’hypertension artérielle. Ils peuvent être utilisé par les sportifs  comme agent masquant pour accélérer l’élimination des produits dopants, particulièrement les anabolisants. Mais aussi pour obtenir une perte de poids rapide. Découverts en 1956, les diurétiques furent utilisés par des sportifs dès 1968.

Ils peuvent provoquer une déshydratation, des crampes musculaires, des calculs urinaires, des insuffisances rénales et une hypotension orthostatique.

Le probénécide et bromantan

C’était un médicament (Bénémide, retiré du marché en 1994) utilisé dans le traitement du rhumatisme goutteux et de l’hyperuricémie. Il était utilisé pour camoufler l’absorption de produits dopants, particulièrement les anabolisants (testostérone et stéroïdes) car il retarde leur élimination par le rein.

Ses effets indésirables sont les céphalées, des vertiges, des anémies et des irritations cutanées.

Les alcalins

Le bicarbonate masque la prise d’amphétamines.

VIII Ceux qui améliorent la récupération

Le meldonium ou Mildronat

Ce médicament, non commercialisé en France, vient d’être considéré comme un produit dopant depuis le 1 janvier 2016. C’est un analogue d’une substance que l’on retrouve dans chaque cellule humaine (gamma butyrobétaïne). C’est un anti ischémique qui pourrait lutter contre les maladies cardiaques et les angines de poitrine. Il améliore la circulation cérébrale, la récupération après effort et les performances des sportifs. Il permettrait une meilleure résistance au stress et de rétablir plus rapidement les réserve énergétiques. Produit miracle ? Effets indésirables peu connus ?

On cite notamment : tachycardies, hype et hyper tension artérielle, problèmes digestifs et agitation psychique.

Anecdote sportive : les  quatre athlètes (deux éthiopiens, une Ukrainienne et une russe), les six lutteurs géorgiens, les deux biathlètes ukrainiens, les quatre judokas russes, les trois nageurs russes, la patineuse artistique russe, les deux rugbymen russes à 7, les deux patineurs de vitesse russes, le cycliste russe, la demi fondeuse suédoise, la patineuse artistique russe, le boxeur russe, le gymnaste russe, le volleyeur russe, le marathonien éthiopien et la tenniswoman russe ont été « piégés » par l’interdiction en janvier 2016 de la prise de meldonium. Moralité, quand on se dope, il faut se tenir au courant de l’actualité ! 

 La NBIC ou Nanotechnologie Biotechnologie Informatique et Cognitivisme

Les progrès scientifiques ont toujours été exploités par les sportifs les plus à la pointe du dopage. Dans l’autre sens ces mêmes sportifs sont de formidables cobayes plus ou moins consentants pour les scientifiques. 

Nous allons rapidement passer de l’homme « augmenté » à qui l’on ajoute des greffes et prothèses à l’homme « hybride » mi humain mi robot. Un sportif à qui on pourrait gonfler les muscles par manipulation génétique en lui greffant le gène de la myostatine, que l’on pourrait soigner en manipulant ses cellules souches pour traiter ses blessures cartilagineuses ou tendino-musculaires ou que l’on pourrait sélectionner en décodant son génome et en corrigeant dans un second temps ses déficiences génétiques. 

Rappelons que la thérapie génique est le remplacement d’un gène défectueux par un gène normal et fonctionnel ou d’introduction dans une cellule d’un matériel génétique. Ce gène sera à l’origine de la production d’une protéine manquante ou défectueuse. Aux Etats unis des équipes ont utilisé ce procédé pour renforcer les tendons de bodybuilders. La thérapie génique pourrait aussi être utilisée à des fins de dopage pour stimuler la production d’hormone par le corps (hormone de croissance par exemple), pour renforcer des tissus tendineux ou des os ou effectuer une sélection génétique. Toutefois, les équipes de recherche qui travaillent pour guérir des patients se cassent encore les dents sur des problèmes techniques : leur utilisation sur des sportifs leurs feraient courir des risques considérables (contamination par de l’ADN souillé, des virus utilisés pour le transfert des gènes souillés). A ce jour, seuls deux médicaments ont surmonté les obstacles du développement clinique : Le Gencidine qui est utilisé pour lutter contre des cancers et le Glybera qui est indiqué en cas de déficit familial en lipoprotéine lipases. 

Le détournement de la thérapie génique à des fins de dopage présentent différents risques : choc viral, risque immunogène (anémie chez des primates ayant reçu le gène de l’EPO), risques mutagènes (leucémies par exemple).

Anecdote sportive : en 2006, un entraîneur d’athlétisme allemand a été soupçonné d’appliquer le dopage génétique. Ses mails révélaient, qu’il cherchait à se procurer du Repoxygen, un produit non encore commercialisé et en cours d’essais cliniques. Ce médicament ancrerait le gène de l’EPO dans les cellules des muscles, ce qui augmenterait la production d’EPO.

La publication d’une liste de 214 gènes liés à la performance sportive chez l’homme pourrait amener dans un avenir proche à la sélection de jeunes athlètes selon leur patrimoine génétique. Devenir plus grand, plus fort et aller plus vite tous les sportifs en rêvent.

Perspectives « d’avenir »

La découverte de nouvelle méthodes de détection des substances dopantes couplée à la conservation des échantillons d’urine et de sang pendant une dizaine d’années a permis de réels progrès. Mais les avancées de la pharmacologie (étude des effets d’une substance sur le corps) offrent continuellement aux sportifs dopés de nouvelles perspectives. La pharmacopée des produits dopants s’enrichie en permanence de précurseurs indétectables des principaux produits déjà connus : corticoïdes, érythropoiétine, anabolisants, hormone de croissance ou amphétamines. 

La connaissance de plus en plus poussée des neurotransmetteurs amènera tôt au tard à l’utilisation de substances qui amélioreront et accéléreront la gestion des informations par le cerveau.

Jusqu’à présent le dopage que nous connaissions consistait à détourner des médicaments à usage humain ou vétérinaire de leur usage médical. Ce phénomène existe toujours, mais les entourages sportifs des joueurs et des équipes les plus riches utilisent désormais des substances pharmaceutiques en cours d’essai clinique, bien avant leur mise sur le marché. Certains laboratoires complices vont même jusqu’à créer des médicaments uniquement destinés à échapper au contrôle antidopage.

Ces substances sont relativement faciles à se procurer sur internet et l’on trouve même des conseils pour leur utilisation. Cette facilité d’accès à des produits dont la toxicité est soit avérée, soit encore mal connue, dont la qualité est douteuse et dont certains n’ont encore jamais été testés chez l’homme représente un véritable enjeu de santé publique.

Par ailleurs, compte tenu du nombre croissant de substances à rechercher, la lutte anti dopage ne peut plus reposer exclusivement sur le dépistage direct, mais doit faire appel à des méthodes indirectes basées sur les modifications biologiques produites par la substance incriminée dans l’organisme (passeport biologique, biomarqueurs, méthodes omiques qui peuvent repérer un muscle dopé à travers des modifications des gènes exprimés).

Les nouveaux anabolisants : les modulateurs sélectifs des récepteurs aux androgènes ou SARMs

Ces produits ont des propriétés anabolisantes, avec des effets androgéniques très limités. Contrairement aux anabolisants classiques, ils n’ont pas d’action sur la prostate chez l’homme et peu d’effet virilisant chez la femme.

Un certain nombre de ces substances sont en cours d’essai clinique. Deux au moins ont été retrouvées lors de contrôles antidopage. Un de ces produits a été abandonné suite à des effets secondaires graves lors des essais cliniques (SARM-S4). L’exemple du LGD-033, un SARM en étude clinique, illustre bien la rapidité avec laquelle les produits en cours d’étude se retrouvent sur internet : un mois et demi après une publication montrant les effets de ce composé sur la masse musculaire de jeunes adultes volontaires sains, ce composé était proposé sur internet.

Les nouvelles hormones de croissances : l’IGF-1

On trouve de nombreux secrétaguogues de cette hormone. Si leur effet sur la performance n’est pas prouvé, leur usage permet au moins de masquer la prise de GH. Dans une récente publication, des chercheurs allemands, étudiant les progrès réalisés dans les épreuves de sprint se demandent si l’IGF-1 n’est pas rentré dans l’arène du dopage. 

Les nouvelles EPO : les stabilisateurs de l’HIF-2 (inhibiteur des propyls hydrolases)

Depuis quelques années on trouve déjà :

  • les epoetines ou EPO recombinante humaine de première génération, puis deuxième (ARANESP) et troisième (CERA) génération.
  • les biosimilaires, sorte de génériques de ces epoétines
  • des copies (plus de 130 molécules à ce jour), approuvées ou non dans différents pays et dont la pureté est très discutable avec de sérieux problèmes d’allergie.
  • le premier mimétique de l’EPO, Hematide ou Peguinetaside ou Omontys, qui a reçu l’agrément de la FDA il y a juste un an et disponible à moindre coût que l’EPO.
  • Le chlorure de cobalt,  considéré comme toxique mais néanmoins très efficace pour stimuler l’érythropoïèse
  • Et les tout récent stabilisateurs de l’HIF-2.

Ces stabilisateurs de l’HIF-2 sont en essais cliniques de phase 2/3, mais pour certaines déjà disponibles sous forme de copies sur internet. Le problème avec les stabilisateurs d’HIF est qu’ils stimulent aussi une centaine d’autres gènes et que leurs effets toxiques sont encore mal connus.

Le nouveau AICAR : les modulateurs de l’utilisation des substrats énergétiques, les PPARs

Parmi les modulateurs qui permettent d’orienter le type de substrat utilisé par les mitochondries, les facteurs de transcription spécifiques, dénommés les PPARs, sont les plus à la mode. Ils accroissent l’utilisation des acides gras par la mitochondrie des fibres musculaires et donc, à terme, améliorent les performances en endurance.

Les PPARs sont des composés qui, lorsqu’ils sont activés, se fixent sur la zone promotrice d’expression de gènes cibles, et, in fine, vont permettre de produire les protéines qui agiront sur le métabolisme des fibres musculaires.

Il existe également des activateurs synthétiques remplaçants ces acides gras, appelés agonistes. Ces produits, actuellement étudiés au sein de laboratoires, devraient être particulièrement intéressants dans le traitement des états de surcharge pondérale. Mais bien entendu leur utilisation risque d’être détournée à des fins de dopage.

En effet, ces agonistes ont une incidence sur la performance. L’augmentation de l’expression de PPAR-δ dans un muscle squelettique provoque, sur des modèles animaux génétiquement modifiés, un accroissement du temps de course maximal sur tapis roulant ou de la distance parcourue.  

Ces produits sont déjà disponibles sur internet et la communauté scientifique pressent des effets secondaires très graves en cas d’utilisation non maîtrisée de ces composants, notamment sur le métabolisme hépatique et pancréatique.

Augmenter la force et la puissance musculaire, stimuler l’oxygénation pendant l’effort ou améliorer la récupération des joueurs : toutes ces qualités sont primordiales dans de nombreux sports. Mis à part  le prix prohibitif des nouvelles molécules, il y a toutes les chances que les sportifs les mieux payés et les moins regardant sur leur santé, ceux et celles qui pratiquent les sports les plus lucratifs ne se privent pas de les utiliser. Sauf que dans dix ans, ces molécules seront détectables sur des échantillons précieusement conservés dans les frigos de l’AFLD…Pas vu, mais pris au bout de dix ans.

Conclusion

Dans une société dopée à la performance et à la rentabilité, il est illusoire de penser pouvoir empêcher les sportifs de se doper en ne jouant que sur le levier de la répression. Comme toujours, surveiller et interdire n’est que partiellement efficace, d’autant que les moyens financiers sont loin d’être suffisants. Le tout répressif et les politiques de prohibition n’ont jamais fonctionné.

Il est tentant d’espérer des effets positifs d’une dépénalisation couplée à un contrôle médical et d’une régulation du dopage. Le passeport biologique qui permet aux sportifs de lisser leurs profil biologique est un premier pas dans cette direction. Une sorte d’auto-contrôle du dopage par les sportifs eux-même. Ainsi, certains n’hésitent pas déjà à s’injecter des micro-doses journalières d’EPO pour rester en dessous des seuils légaux. Mais tant que le corps médical qui s’occupe des joueurs sera employé par les clubs, le risque est trop grand d’aboutir à une véritable médicalisation de la performance usant de toutes les possibilités du dopage sans soucis aucun de la santé des rugbymen.

L’intensité du dopage étant directement et proportionnellement corrélée à la quête de la performance et à la dureté de la compétition, le dopage ne disparaitra qu’à condition de revenir à une pratique sportive désintéressée et de masse. Bref, à un retour à l’amateurisme fondateur du jeu de Rugby. Une révolution dans notre société toujours plus ultra-libérale.

En attendant ce véritable renversement de paradigme et un rugby à nouveau tourné vers le progrès social et humain, faisons alors appel à l’intelligence des sportifs en leur apportant toutes les informations pour leur permettre de prendre les bonnes décisions : pour leurs corps et pour leur santé. Dès 1955, le Dr Pierre Dumas, médecin du Tour de France préconisait entre autre d’éduquer les sportifs pour vaincre leur crédulité et leur faire découvrir les effets désastreux du « doping ». Le monde sportif américain a cette qualité de ne pas pratiquer la langue de bois à propos du dopage : selon les études, au moins 40 % des joueurs de football américain professionnels prennent avant un match de la cocaïne (effet euphorisant et stimulant), des amphétamines et des antalgiques pour ne pas sentir les coups et des anabolisants au long cours pour faire des kilos de muscles. Revers de la médaille, en 1993 la durée moyenne d’une carrière de footballeur américain était de 3,2 ans et sa longévité (durée de vie moyenne) était de 55 ans, la moitié d’entre eux décédants avant 47 ans ! Un véritable pacte contracté avec le diable. Quelle personne bien informée ferait le pari de prendre ce risque ? Mais les joueurs ne sont pas les seuls concernés par le dopage. Il convient donc de sensibiliser systématiquement et régulièrement les parents des joueurs, les jeunes joueurs des écoles de rugby et de manière générale tous les encadrants du monde du rugby. Ensuite, il faut combattre les raisons qui poussent un joueur à se doper en humanisant le calendrier : moins de match, moins de concurrence entre joueurs, moins de joueurs recrutés à l’étranger …Sanctionner les quelques sportifs pris la main dans le sac, mais leur donner la chance de se réhabiliter.

 

4 réflexions sur “Les raisons pour lesquelles un rugbyman ou une rugbywoman ne devrait pas se doper

  1. Bravo pour ce document qui est un sujet tabou dans le monde de l’Ovalie . Il est tout aussi intéressant qu’il est inquiétant pour la santé des joueurs qui franchissent la barrière vers le dopage . Il est loin le temps du guronsan et du café !

  2. très bon article. Clair, complet. Si j’étais sportive (amateur ou de haut niveau) il me dissuaderait de me doper. les conséquences sur la santé sont trop graves. Et tant pis pour les « performances ».
    Malheureusement à une époque ou on doit toujours être « meilleur » et ou le fric a pris le pas sur le sportif, il n’est pas étonnant que de + en + de sportifs (même amateurs) y aient recours. Quel exemple pour les jeunes!!!!

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