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Les instituteurs, le rugby en général et le rugby landais en particulier

Par Frédéric Bonnet

Merci à Christian et Christophe Laussucq pour leur témoignage.

Merci à M.Francis Poustis pour son superbe livre : les acteurs du rugby landais. Ed.Passiflore

 

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Michel Moncla instituteur (professeur de écoles) au centre avec le CAB 

Le rugby landais a offert plus de 130 rugbymen et rugbywomen aux différentes équipes nationales françaises. Les nombreux clubs du département ont obtenu 117 titres de champion de France toutes catégories. Ces résultats sont uniques pour un département rural, qui ne comptait que 397 226 habitants en 2013 (le plaçant à la 61 ème place des départements françaisen nombre d’habitants) et dont les deux plus grandes villes, et rivales rugbystiques, Dax et Mont de Marsan, comptent chacune moins de  40 000 habitants.

Ce formidable succès est le fait de l’exceptionnelle association, dès 1904, du milieu notable et du milieu enseignant pour le développement du rugby dans ce département. Un exemple pour le rugby français au XXI ème siècle ?

Certainement, à condition de ramener le jeu de RUGBY dans les écoles primaires. Aussi, faut-il sensibiliser, former et persuader les professeurs des écoles que ce jeu est facile à enseigner, utile pédagogiquement et plaisant pour les élèves. Passer à des formes de jeu novatrices tel le rugby à 5, le rugby toucher plus deux secondes ou le toucher-bloquer devient indispensable.

La culture de l’ovale dans les Landes n’est pas un vain mot. Que ce soit dans les Landes des plages océaniques, les Landes de l’armagnac, celles de la Chalosse, les Landes girondines ou celles limitrophes du pays basque. Ce sont les étudiants landais de la cité universitaire de Bordeaux qui importèrent le rugby dans leurs villages landais, d’abord sous sa version française « la Barrette ». Le premier club de rugby naquit en 1904 à Dax. Son extension dans tout le département fut le fait du radicalisme, mouvement politique républicain anticlérical et de gauche, et de la franc-maçonnerie. Comme Jack Arnold, chef d’établissement du collège de Rugby, les notables radicaux, laïques et maçonniques, associés aux instituteurs des écoles primaires des Landes s’entendirent pour voler le rugby à l’aristocratie foncière locale. Certains que la sociabilité de ce sport et ses vertus pédagogiques allaient dans le sens de la société qu’ils voulaient mettre en place, ils développèrent ce sport plus que nulle part ailleurs.

L’instruction et l’éducation de la jeunesse étant la spécialité des instituteurs, les hussards étaient placés naturellement en première ligne pour transmettre les valeurs du rugby à leur jeunes élèves. Il était fréquent jusque dans les années 60 que les instituteurs prolongent leur travail pour l’éducation nationale en dirigeant l’école de rugby locale le jeudi et le week end. 

Le point culminant de la réussite du rugby landais fut la finale du championnat de France le 2 juin 1963, qui vit s’affronter l’Union Sportive Dacquoise et le Stade Montois. Les abeilles montoises gagnèrent le bouclier de Brennus dans un match plus que heurté, mais cette année là c’est le rugby landais qui triompha. Le professionnalisme porta un coup presque fatal au rugby dans les Landes. Ne subsiste désormais que deux clubs professionnels en pro D2 : Mont de Marsan et Dax. Et un seul club en élite amateur, la fédérale 1, Saint Vincent de Tyrosse. Pour autant les clubs et les écoles de rugby landais n’ont pas disparus, mais à des échelons inférieurs : Aire-sur-L’Adour, Hagetmau, Saint Paul les Dax, Saint Sever, Souston ou Tarnos sont toujours bien vivants.

LES INSTITUTEURS ET LE RUGBY LANDAIS

Didier Argueil, centre du stade Montois dans les années 80-90 et instituteur

De nombreux instituteurs furent à l’origine de la création de clubs de rugby dans les Landes, ou à tout le moins des éléments prépondérants du rugby landais. C’est eux qui découvrirent, formèrent, éduquèrent et entraînèrent la plupart des joueurs de rugby des clubs landais. 

JM. Sabathé fonda en 1986 le Rugby Club Amollois à Amou avec le patron du café des Sports.

R. Ducourneau rassembla les meilleurs joueurs de l’école normale dacquoise dans les années 50 pour créer une équipe l’US Dax qui compte certes plus de réussite sociale  (P Albaladéjo par exemple) que de médailles, mais atteignit cinq fois la finale du championnat de France de 1956 à 1973.

H. Donès créa avec un industriel du bois et un pharmacien le club de rugby de Gabarret en 1910.

G. Laboursan, international B de Saint Sever, fut à l’origine du renouveau du club d’Habas en 1962.

J. Nagouas fut à l’origine de la création de l’AS d’Hossegor en 1928.

M.Nagouas (est-il de la même famille que J.Nagouas ?) et G.Lagurgue, créent en 1908 l’US de Saint Vincent de Tyrosse, club aux quatorze internationaux. Le père de Peio Alvarez, M. Alvarez etait aussi un instituteur-éducateur de l’école de rugby.

H.Lavielle et CH.Boucau fondèrent avec 5 autres notables le RC Linxois à Linxe en 1922.

G.Delest crée l’UA Mimizan en 1907.

L’association scolaire des bouton d’or de Mont de Marsan est à l’origine des couleurs du Stade Montois créé en 1908. C’est G.Laboursan fondateur du club d’Habas qui forma Benoit Dauga. M. Darrieussecq, père de Marcel pilier ou deuxième ligne du Stade Montois et parent de l’écrivaine, était lui aussi un instituteur-éducateur de rugby à Peyrehorade. En 1963, deux autres champions de France étaient instituteurs : Pierre Lestage et Christian Darrouy.

A Montfort en Chalosse, c’est l’instituteur J.Daverat qui détecta les talents des frères Boniface.

Omer Saint-Orens créa le CA Morcenx avec deux amis, l’un médecin, l’autre cafetier.

Louis Destrem créa l’école de rugby de Mugron et sillonna tout le canton pour prêcher la « bonne parole rugbystique ».  

G.Dubois, père de l’entraineur des lignes arrières de l’équipe de France, fut repéré dès l’école normale. Il créa ensuite en 1967 l’école de rugby de Peyrehorade qui forma entre autre trois demi d’ouverture internationaux : Titou Lamaison, Jeff Dubois et Julien Peyrelongue. Citons aussi M.Camblats, père du joueur de La Rochelle, autre instituteur-éducateur du rugby.

A Roquefort, c’est JF Santaoloria qui créa un club de rugby en 1905.

En 1909, M.Moresmau fut le premier dirigeant du club de rugby de Saint Paul les Dax, le voisin de la grande US Dax. 

R.Brunet fonde en 1942 le Sanguinet AC. 

Avec un camarade pharmacien, V.Arlainville l’instituteur crée l’AS de Souston en 1903.

C’est D.Espelette, directeur de l’école laïque du Boucau qui créa en 1907 le Boucau-Tarnos Stade, club situé à cheval sur les deux départements basque et landais.

En 1942, P.Laporte présidait la jeunesse sportive Villeneuvoise de Villeneuve de Marsan.

Enfin, J.Bats et un ami industriel du bois ont créé le club d’Ychoux en 1923.

Cette liste prouve l’importance des instituteurs dans le développement du rugby dans ce département. Ils continuent ainsi le travail de leur collègue anglais Thomas Arnold. Mais en lui apportant une note universelle et laïque, par rapport au rugby anglais plus aristocratique et élitiste.

Dans les années 90, on trouvait dans le championnat de première division francais de rugby un peu moins d’une quarantaine d’enseignants-joueurs de haut niveau, dont la plupart étaient profs d’EPS, mais seulement 7 joueurs instituteurs ou professeurs des écoles. Ils perpétuaient la tradition entretenue auparavant par l’instituteur cévenol Olivier Saïsset à Béziers ou Jacky Ayral à Tulle :

Michel Moncla à Bégles, Didier Argueil au Stade Montois, Christophe Recoules et François Giovannini à Rodez, Pierre Nouaille à Limoges, Olivier Mandrillon à Dijon et Alain Cauquil à Mazamet

EVOLUTION DU NOMBRE D’ENSEIGNANTS DANS LES ÉQUIPES DE PREMIÈRE DIVISION DEPUIS 1978

En 1978, on trouvait dans les 80 clubs de championnat de première division français de rugby pas moins de 108 enseignants-joueurs de haut niveau (84 profs d’EPS et 24 instituteurs, soit une moyenne de 1,35). Cette proportion reste stable en 1982 dans les 40 clubs de première division, avec 55 enseignants-joueurs de haut niveau (52 profs d’EPS et 3 instituteurs, soit une moyenne de 1,375), en 1988, 82 enseignants-joueurs de haut niveau répartis dans 80 clubs (74 profs d’EPS et 8 instituteurs, soit une moyenne de 1,025), jusqu’en 1996 dans les 20 clubs du groupe A1 avec 26 enseignants-joueurs de haut niveau (25 profs d’EPS et 1 instituteur, soit une moyenne de 1,3).

Equipe des enseignants d’Aquitaine dans les années 70-80 avant une rencontre à Biarritz : Durin et Crampagne du CAB, Moustier, Jalby, Garain, Duclos, Gabrillagues, Laussucq de MERIGNAC, Martegoutte de SALLES, Herbecq du SBUC, Barrère et Allard de SAINT MEDARD EN JALLES.

Il y avait à l’époque du Rugby amateur le tournoi des enseignants qui voyait s’affronter principalement les landais, les girondins et ceux des basses Pyrénées, auxquels venaient s’ajouter de temps en temps des Midi-Pyrénéens. Ces pédagogues-rugbymen auraient formé de belles équipes de France :

En 1978 : 15 Aguirre (Bagnères) ou Gabernet (ST) ou Crampagne (Bègles) 14 Mérou (USAP) ou Balangue (Oloron) 13 Trillo (Mérignac) ou Pecune (Tarbes) 12 Plantey (Salles) ou Perrier (AB) 11 Coste (ASM) ou Rispal (Bagnères) 10 Delage (Brive) ou Leta (AB) 9 Laussucq (Mérignac) ou Broncan (Lombez) 8 Pétrissans (AB) ou Aucagne (Vichy) 7 Herrero D (Nice) ou Saisset (Béziers) 6 Ayral (Tulle) ou Rouet (AB) 5 Junca (Bègles) ou Barry (Angoulème) 4 Sonnes (Stade Montois) ou Appriou (Salles) 3 Causse (ST) ou Masse (Gaillac) 2 Pouget (Cahors) 1 Ballatore (Nice).

En 1982 : 15 Aguirre (Bagnères) ou Gabernet (ST)14 Novès (ST) 13 Lom (Stade Montois) ou Mesny (Grenoble) 12 Castagnet (Pau) ou Deleris (Tarbes) 11 Mourguiart (BO) 10 Arrambide (Avignon) ou Harran (Dax) 9 Martinez (ST) ou Vilquin (Angoulème) ou Pierre (Nice) 8 Cigagna (Bagnères) ou Blach (Albi) 7 Skrela (ST) ou Gratton (Agen) 6 Lanta (Mazamet) ou Delavaissière (Grenoble) 5 Uthurry (Oloron) 4 Pepelnjack.W (Grenoble) 3 Lairle (ST) 2 Clerc (Bègles) 1 Richaud (Grenoble).

En 1988 : 15 Pouyau (Racing) ou Joandet (Bègles) 14 Chassain (Cognac) ou Chevarin (Bourgoin) 13 Argueil (Mont de Marsan) ou Alvarez (BO) 12 Chadebech (Ussel) 11 Moncla (Pau) ou Saphy (Marmande) 10 Plantey (Salles) ou Recoules (Rodez) ou Cambérabéro. D (Béziers) 9 Viarouge (Rodez) ou Cambérabéro G (Béziers) 8 Cazaute (Narbonne) ou Pedrotti (Rodez) 7 Janeczeck (Tarbes) ou Janick (ST) 6 Ferrier (Dax) ou Maset (ST) 5 Campet (La Rochelle) 4 Mougeot (Bègles) 3 Lairle (ST) 2 Insardi (Voiron) ou Ferruit (Grenoble) 1 Savio (ST).

En 1996 : 15 Fauthoux (Bègles) ou Bastide (USAP) 14 Loubere (Agen) ou Bardou (Grenoble) 13 Feuillade (BO) ou Plana (USAP) 12 Sieurac (Colomiers) 11 Salacroux (RCT) ou Sebie (Périgueux) 10 Mazas (BO) ou Debardieux (Dijon) 9 Macabiau (USAP) 8 Ecanvil (Dijon) ou Descamps (PUC) 7 Descaillot (Dijon) ou Carrias (Périgueux) 6 Pueyo (Colomiers) ou Mandrillon (Dijon) 5 Gras (Montpellier) 4 Mougeot (Bègles) 3 Etcheto (Pau) 2 Retière (Dijon) 1 Escribano (Colomiers)

La source se tarit malheureusement avec l’abandon d’un des principal pilier du Rugby : l’amateurisme. La très grande majorité des rugbymen modernes se sont éloignés des contingences de la vie « civile ». La plupart ne peuvent même pas jouer pour leur club formateur. Petit à petit, le Rugby s’est éloigné des écoles primaires et des collèges et a ainsi abandonné ses valeurs éducatives. Il est devenu un métier. Fermez le ban.

CHRISTIAN ET CHRISTOPHE LAUSSUCQ, PÈRE ET FILS AU SERVICE DU RUGBY DEPUIS DES ANNÉES

 

Voyage de fin de saison de l’école de Rugby de Lacanau en 1983.

Christian Laussucq (170 cm, 67 kg) est né à Mont de Marsan en 1952. Il a donc tout naturellement suivit les traces de son père, Gilbert Laussucq rugbyman au Stade Montois, en jouant pour les abeilles jusqu’à 18 ans. Son choix de devenir instituteur l’amène alors dans la capitale du Sud Ouest Aquitain à Bordeaux. Dès l’école normale, il joue au poste de demi de mêlée pour le SBUC (un des clubs des étudiants bordelais) et à Mérignac (le SAM). Il finit sa carrière de joueur à Lesparrce Médoc et à Pauillac. Comme beaucoup d’enseignants, il devient rapidement entraineur à Mérignac, notamment de ses deux fils, demi de mêlées comme lui, Julien (né en 1975, 170 cm, 65 kg) et Christophe (né en 1973, 175 cm, 70 kg).

Mais, Christian Laussucq n’a pas transmis sa passion qu’à ses fils, il a aussi enseigné le Rugby à ses élèves, filles et garçons, de l’école primaire de Lacanau de 1972 à 2010. Il a forgé deux générations de joueuses, de joueurs, d’amoureuses et d’amoureux du Rugby. Il a perpétué la tradition et l’idée du jeu éducatif que Thomas Arnold avait codifié au XIX ème siècle.

Comme de nombreux autres enseignants-rugbymen, il a recréé l’école de Rugby de l’AS Lacanau en 1979. Ainsi, il retrouvait tous les mercredis après-midi ses élèves (et leurs parents), ses fils et leurs copains. Il fabriquait ce qui manque tant à notre société moderne, le lien social et le sens du collectif, la communication et le respect entre les parents et les enseignants, entre l’école de la République et la société.

Ses deux fils sont devenus des rugbymen et on joué dans un premier temps pour le SBUC ou Mérignac. Julien est revenu travailler pour la commune de Lacanau comme moniteur des sports, Christophe a eu une carrière internationale qui l’a mené du Stade Français à Bègles, en passant par Bourgoin, Castres, Pau et Leicester. Le Rugby professionnel les a séparé.

Toutefois, le Rugby amateur les a de nouveau réunis. Il y a 4 ans, les deux frères ont décidé de reprendre le club de leur père, des séniors jusqu’à l’école de Rugby. Julien est entraineur de l’équipe première de l’AS Lacanau qui évolue en première série du comité Côte d’argent et Christophe s’occupe de l’école de Rugby du club quand son travail d’entraineur du Stade Montois en Pro D2 lui laisse un peu de temps.

Ecole de Rugby de Lacanau avec Christophe et Julien Laussucq les fils de Christian Laussucq, leur entraineur.

Parti de Mont de Marsan dans les années 70, passé par Lacanau, Bordeaux, Paris et même l’Angleterre, le Rugby joué et vécu par la famille Laussucq a fini par revenir dans la cité landaise quarante après. Il faut dire que chez eux le Rugby a une âme, du sens et de la saveur. Il n’est ni un produit consommable et jetable, ni un divertissement spectaculaire à haute rentabilité financière. Il est le Rugby, ce jeu éducatif et sacré, qui forge le caractère des hommes et des femmes.

LE RETOUR DU RUGBY DANS LES ÉCOLES PRIMAIRES : UNE SOLUTION POUR L’ÉQUIPE DE FRANCE

Le succès du rugby joué en Nouvelle Zélande tient en grande partie à son caractère universel chez les Kiwis. Dans les écoles primaires les jeunes filles et les jeunes garçons jouent tous à une forme de rugby appelée touch-rugby. Un rugby qui développe la technique individuelle et la vision du jeu. Le rugby y est devenu le sport national. Le plus grand entraineur des All Blacks, Graham Henry, était instituteur. On peut toujours dire que les All Blacks ont toujours eu un temps d’avance sur les autres nations.

C’est oublier une partie importante du rugby français : le rugby que l’on jouait dans les Landes depuis le début du vingtième siècle était avant gardiste. Un rugby à la fois vif et rapide, malin et intelligent, robuste et résistant. Bref, un rugby total, qui se rapproche de celui des néo-zélandais. Et si redonner toute sa place au rugby dans les écoles primaires françaises était la solution pour retrouver une grande équipe de France ?

La fédération de handball ne s’y est pas trompée. Le handball est le sport collectif le plus largement enseigné dès l’école primaire. Et l’équipe de France de handball cumule les succès depuis 1992.

Le temps d’une génération, si le monde du rugby adaptait l’enseignement de ce jeu pédagogique aux particularités des écoles primaires en passant par le rugby à 5 ou par le rugby toucher plus deux secondes, le XV de France pourrait revenir au premier plan. 

 

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Christophe Recoules instituteur à Rodez

5 Commentaires

  1. C’est vraiment très intéressant et très documenté comme d’habitude. Il y a un côté nostalgique qui ne me déplaît pas. On y retrouve les noms des joueurs qui ont illustré les récits pour ne pas dire les fables de nos jeunes années.
    Pour essayer de contribuer à cette réflexion que vous menez sur le rugby et ses valeurs , je dirais qu’il était un formidable moyen une sorte de médiateur qui contribuait à l’éducation et à la réflexion sur la société. Mais comme pour beaucoup de concepts inventés pour réfléchir il a été récupéré pour devenir une fin en soi. J’ai souvent rencontré ce phénomène dans mon travail d’éducateur spécialisé. C’est par exemple le concept de médiation qui a servi à interroger la pratique sociale des intervenants sociaux. Et bien cela a fini par être récupéré et on en a fait un métier.
    Il me semble toutefois que cet esprit amateur et éducatif existe encore dans les écoles de rugby des petits clubs et que parfois la pénurie de joueurs , si elle est prejudiciable au rendement de l’équipe et un peu difficile à vivre au moment des compétitions , permet et oblige même à rester attentif aux enfants et à leurs valeurs humaines autant que rugbystiques.

  2. c’est un bel article ! ancien instit, je n’ai pas vu figurer le nom de Christian Darrouy dans l’article

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