CAC 14 recherche N°3 et N°8 désespérément

Les barrages du CAC 14 illustrent de manière caricaturale les errements du jeu de Rugby professionnel français. Le grand marché pseudo régulé des joueurs de rugby fait deux victimes principales: les piliers droits et les troisièmes lignes centres. Sauf exception, Tauleigne, Picamoles ou Slimani par exemple, un joueur formé en France n’a quasi aucune chance d’être titulaire dans son équipe à ces deux postes. Au bout du chemin ovale, c’est le XV de France qui, encore une fois, en pâtit.

L’argent tue la glorieuse incertitude du jeu de Rugby

Dis moi quel est ton budget, je te donnerai ton classement. Tout n’est pas si simple heureusement, mais comme pour le football, la logique financière prédit de plus en plus souvent les résultats sportifs des clubs de rugby. Bien entendu, le phénomène n’est pas nouveau, mais l’évolution du fonctionnement budgétaire des clubs de rugby fait que, du TOP 14 à la fédérale 1, le suspense concernant l’attribution des premières et des dernières places n’existe quasiment plus.

FFR ou LNR : il faut choisir

La réussite du modèle rugbystique Néo-Zélandais révèle en creux et en négatif l’abyssal échec du modèle bicéphale français. L’aigle à deux têtes (FFR et LNR) qui dirige le rugby en France pique du nez tel un kamikaze en perdition. La double personnalité du rugby français l’empêche de fonctionner intelligemment et rationnellement.

Les intérêts de la LNR et de la FFR sont à ce point divergents, voire opposés, qu’il est impossible de faire autre chose que du surplace : à savoir avoir un CAC 14 surpuissant qui attire les meilleurs joueurs de la planète et un XV de France aux résultats de plus en plus grotesques.

Pourtant, des solutions existent, encore faudrait-il que la FFR reprenne son leadership sur la LNR. Et que cessent les querelles de personnes et les faux débats ineptes. Il faut changer de paradigme : les clubs sont aux service des joueurs, de leur formation, de leur santé, de l’équipe de France et du rugby. Pas l’inverse.

Les blessures récurrentes du rugby professionnel

La fracture ouverte de la malléole de Camille Lopez a choqué tous les amoureux du rugby. Les commotions cérébrales à répétition font parler d’elles à longueur de journées. Certains joueurs comme Darly Domvo passent plus de temps à se soigner qu’à jouer au rugby. Est-il normal qu’une personne se blesser aussi souvent en pratiquant son métier ? Non, bien entendu. Combien sont-ils chaque journée à ne pas pouvoir jouer à cause d’une blessure subie à l’entrainement ou en cours de match ? Beaucoup trop. 

Quelques vérités à propos de l’électrocardiogramme (ECG), du rugby et du sport en général

Un corps sain pour un esprit sain. De multiples études mettent en lumière les biens faits indéniables de la pratique régulière d’activités physiques et sportives sur la santé. Pour s’assurer que les futurs joueurs ne présentent pas de contre indication à la pratique sportive, des examens pour obtenir un certificat médical sont un passage obligatoire et obtenir une licence fédérale. C’est le cas dans tous les sports.

En vingt ans de professionnalisme le rugby a perdu presque tout son crédit social, éducatif et surtout sanitaire. Les affaires de dopage enterrées maladroitement, les commotions cérébrales à répétition et surtout le sentiment que le monde de l’Ovalie a décidé de sacrifier le corps des joueurs sur l’autel du CAC 14. Thomas Arnold grand codificateur du jeu de Rugby doit se retourner dans sa tombe.

Depuis cet été, l’arrêté du 24 juillet 2017 met en émoi le monde du rugby. Le ministère de la santé associé à celui des sports a décidé de rajouter la réalisation d’un électrocardiogramme (en plus de l’interrogatoire individuel et familial et de l’examen jusque là suffisants) au certificat médical nécessaire pour obtenir une licence à la FFR.  Et ce pour tout joueur à partir de 12 ans, tous les trois ans jusqu’à 25 ans, puis tous les cinq ans .

Qu’en est-il de l’utilité, du cout et de la praticabilité de ce nouvel examen. Surtout, pour quelle raison n’est-il réservé qu’à certains sports jugés à risque (la plongée subaquatique, l’alpinisme au-dessus de 2500m d’altitude) et donc le rugby à VII et à XV ?

Le jeu de Rugby peut-il vraiment être professionnel ?

Le Rugby est l’exemple archétypal de ces querelles stériles qui voient s’affronter les thuriféraires du TOP 14 à ceux qui le rendent responsable de la dégringolade apparemment inexorable du niveau de jeu du XV de France : c’est tout simplement que l’on ne parle pas du même sport, il est vrai pourtant souvent pratiqué par les mêmes athlètes… En d’autres termes on ne peut pas avoir un Rugby professionnel riche qui attire les stars de la planète entière ET une équipe de France de Rugby dominatrice. Et vice versa.

Stop à la marchandisation des joueurs de Rugby, redonnons du temps de jeu aux jeunes joueurs formés dans les clubs

La FFR a décidé la suppression des licences de couleur du championnat fédéral pour les remplacer par une licence à lettres. A terme, ce nouveau système étendu au rugby pro (TOP 14 et PRO D2) devrait limiter d’ici 2020 le nombre de joueurs non sélectionnables en équipe de France à cinq par feuille de match. Les plus réticents vont arguer que la loi Cotonou ou l’arrêt Bosman nous interdisent de le faire. C’est faux. La conséquence immédiate sera que le temps de jeu des jeunes joueurs formés par les clubs français augmentera très largement. Il ne restera plus qu’à modifier les règles du TOP 14 (prime à l’offensive comme dans les championnats de l’Hémisphère Sud) pour remettre le rugby français au niveau des standards internationaux.

Pour un avenir économique harmonieux du Rugby : lutter contre sa financiarisation

Les démagogues de la financiarisation du jeu de Rugby ressassent que si les clubs sont endettés, c’est bien de leur faute. Il faudrait donc les punir et avec eux pénaliser des villages, des villes et des régions entières. Chemin faisant en ne privilégiant que la richesse, les clubs des grandes métropoles, l’efficacité immédiate, la rentabilité à court terme à tout prix, on nie et on abandonne le patrimoine et l’essence même du jeu de Rugby français.

Le talonneur est devenu le souffre douleur du Rugby spectacle

Le modèle économique du rugby-spectacle n’a pour seul objectif que de contenter les sponsors, les actionnaires, les présidents de clubs et les médias qui s’enrichissent sur son dos. Un match est désormais un spectacle global au sein duquel les joueurs de Rugby et le jeu en tant que tel ont perdu leur place centrale. Le Rugby et ses pratiquants pro ne sont que des prétextes pour divertir les foules et amuser la nomenclatura des loges. Les nouvelles règles du Rugby vont systématiquement dans le sens de la vitesse, de l’intensité et de la puissance. Et comme on ne peut pas avoir tout et son contraire, l’explosion du nombre des blessures des joueurs n’est que la conséquence logique de cette quête absolue de la performance. Ainsi, les talonneurs sont devenus de part la spécificité de leur poste les souffres douleur de la LNR.