La fin du Rugby Spectacle et Business est programmée

Par Frédéric Bonnet pour 

Merci à tous les lecteurs qui ont bien voulu répondre à mes six questions sur leur regard à propos de l’évolution du rugby.

Depuis 1996 et son entrée dans le professionnalisme, le Rugby Spectacle ou Business tente de draguer un public et des spectateurs néophytes afin d’enrichir son « parrain » Canal plus et son « porte flingue » la LNR. Cette LNR ne devrait être, comme le dit Serge Simon le premier ministre de la FFR, qu’une filiale commerciale de la FFR. Mais le Rugby n’est pas le foot, et en se lançant dans une surenchère spectaculaire permanente, le Top 14 a fini pas dégoûter nombre de ses fidèles supporters. NOUS, les amoureux du Rugby n’avons pas disparu de la planète ovale. Avec nos différences et nos divergences, mais aussi avec nos célèbres valeurs fédératrices, nous sommes le dernier rempart contre les dérives du Rugby Spectacle.

La société du Rugby Spectacle

Jusqu’à l’édition 2007 de la coupe du monde de Rugby, ce sport était resté en France une affaire de passionnés et d’irréductibles retranchés dans leur patrie d’adoption nommée Ovalie.

Pour la première fois dans son existence, le Rugby accepte d’accueillir dans son habitat naturel, l’Occitanie, des spectateurs néophytes. En soi, c’est plutôt un phénomène positif.

La côte de popularité de certaines stars, Chabal ou Michalak, attire rapidement de grandes entreprises multinationales toujours à la recherche d’évènements sportifs à dimension nationale, voire internationale.

Dans un second temps, la chaine Canal plus privatise le Rugby à coup de millions d’euros pour obtenir les droits de retransmission exclusifs du championnat professionnel français, Top 16 puis bientôt Top 14. 

Les clubs professionnels français n’ont plus qu’à se regrouper dans une association pour gérer leurs intérêts spécifiques et mercantiles : ainsi nait la Ligue nationale de Rugby (LNR), face sombre de la Fédération française de Rugby (FFR).

Le Rugby professionnel se transforme en un SPECTACLE sportif financé par les marques de grandes entreprises. Un SPECTACLE que l’on vend au peuple par le biais de Canal plus et des médias grand public. Un spectacle qui est géré par la LNR.

L’objectif est bien de draguer, de séduire et de fidéliser le grand public. En effet, question rentabilité financière, le nombre d’amateurs avertis de notre sport est loin d’être suffisant pour les entreprises du CAC 40.

Qui dit spectacle, dit simplification des règles et du jeu (moins de mêlées, plus de rucks par exemple pour accélérer le jeu), plus de pom-pom girls et de feux « artificiels », un hymne officiel pompeux et dégoulinant de grandiloquence, des cadences infernales et de la concurrence à tous les postes, donc plus de blessures et de dopage, donc inflation du recrutement de joueurs dans les championnats étrangers au détriment des jeunes formés dans nos clubs…

Sauf, que cette stratégie économique, qui marche parfaitement dans le foot, n’est heureusement ni viable ni rentable dans le Rugby. Le Rugby demeurera toujours un sport de combat exigeant aussi bien sur le plan physique, que sur le plan intellectuel.

Pour percevoir sa complexité et sa beauté, le Rugby demande une initiation que Canal plus n’est pas capable ou ne veut pas dispenser. Certains spectateurs ignares et incultes (rugbystiquement) passent leur temps à siffler les arbitres, les adversaires et même leurs propres joueurs, témoignant ainsi de leur propre incompréhension des règles de base du Rugby.

La société rugbystique du spectacle a oublié ses propres supporters dits traditionnels. Son échec est logiquement programmé.

L’affluence dans les stades qui dégringole…

Des stades de moins en moins remplis.

Depuis la saison 2010-2011, le Top 14 a perdu en moyenne 1208 spectateurs par match (passant de 14032 à 12824), soit une baisse de – 8,6 %. Le RUGBY SPECTACLE ne se développe pas, il périclite.

Clubs Affluences en 2016-2017 Affluences en 2015-2016 Perte ou gain (en %) Taux de remplissage en 2016-2017 Taux de remplissage en 2015-2016
UBB 23332 24778 – 1446 (-5,8 %)  67,7 %  72 %
ASM 17684 17048  + 636 (+3,6 %)  98,2 %  94,7 %
La Rochelle 15000 14821 + 179 (+1,2 %)   100 % 98,8 % 
Toulon 13602 (17089 déloc) 14210 (18596 déloc) – 608 (-4,3 %) et – 1507 (-8,1 % en déloc) 95,1 %  99,5 % 
Toulouse 13191 (14666 déloc) 14015 (17097 déloc)  – 824 (-5,9 %) et -2431 (-14,2 % en déloc) 70 %  75,5 % 
Bayonne 12849 Pro D2    75,5 %  
Grenoble 11522 13599  – 2077 (-15,3%)  67,7 % 80 % 
Pau 10950 11717  – 767 ( -6,5%)  78,2 % 83,7 % 
MHR 10792 11537  – 745 (-6,4 %)  63,5 % 67,8 % 
Brive 10441 10899  – 458 (-4,2%)  95,8 % 99,5 % 
Lyon 10207 Pro D2    86,5 %  
Stade français 9321 11947  – 2626 (-22%)  54,8 % 70,3 % 
Racing 92 8863 10169  – 1306 (-12,8%)  80,1 % 92 % 
Castres 8375 9322  – 947 (-10,1%)  87,3 %  97,2 %

Au delà des chiffres bruts des affluences par stade, les pourcentages de remplissage de certains stades étonnent. Seuls quatre stades ont un taux de remplissage de plus de 90 % : La Rochelle qui joue à guichets fermés, l’ASM, Toulon et Brive. 

Dans certains stades (confer le tableau ci-dessus), on a l’impression d’assister à un match de Super-Rugby de l’hémisphère sud : pas pour la qualité du jeu développé sur la pelouse, mais pour les gradins qui sonnent creux.

On pourrait croire que la dégringolade de l’affluence des spectateurs dans les stades profite à Canal plus. Pas du tout, l’audience télé du rugby se tasse aussi fortement.

Comme un symbole, le magazine « Canal Rugby Club », diffusé en clair et animé par Isabelle Ithurburu, peine à atteindre les 400 000 téléspectateurs (chiffre proche des 328 000 de « Jour de rugby », en crypté), alors que la chaine en attendait 500 000.

Les audiences des matchs phares du dimanche à 16H15 se situent autour de 500 000, la moitié à peine des 1 million de téléspectateurs espérés. Les matchs programmés à 12h15 atteignent péniblement 200 000 spectateurs et ceux du samedi 350 000.

On pourrait argumenter que la baisse réelle du nombre d’abonnés à Canal plus est aussi responsable de ces faibles audiences. Faux : le « Canal football club » a lui battu un record d’audience le 3 octobre en dépassant les 1,3 millions de téléspectateurs sur Canal plus.

Malgré l’engagement de la chaîne privé pour 4 ans et la grosse somme qu’elle a du se soumettre à donner à la LNR (sous la pression de BEin sport), l’avenir médiatique et la manne financière qui en découle parait s’assombrir. Tant mieux. Vive le rugby amateur, voire le rugby dit « marron ».

Enquête sur les valeurs des supporters du Rugby 

Le RUGBY SPECTACLE a perdu en moyenne 1208 spectateurs par match depuis 2010. Des néophytes qui étaient venus dans les stades pour suivre la mode, mais aussi des supporters fidèles qui ne se reconnaissent plus dans le RUGBY SPECTACLE.

Question : quel Rugby défendent ces supporters traditionnels ?

Le point de vue des 410 lecteurs du site rugby-en-melee.com, qui ont bien voulu répondre à au moins une de mes six questions, n’ai pas censé représenter celui de l’ensemble des amoureux du rugby.

Si cette enquête n’a pas de valeur statistique, elle met toutefois en lumière la vision que se font beaucoup d’amateurs de notre sport.

Le café, avant et après le match (à Mens).

Le profil sociologique des 410 votants

  • 92 % habitent en France (26,7 % en Ile de France, 18,3 % en Aquitaine, 9,4 % en Midi-Pyrénée, 8,2 % en Rhône Alpes, 5,12 % en PACA), une grande majorité (64 %) dans des villes possédant un club professionnel.
  • 86 % sont des hommes et 14 % de femmes.
  • 26,2 % ont entre 25 et 34 ans, 20, 5 % entre 35 et 44 ans, 20,2 % entre 18 et 24 ans, 17 % entre 45 et 54 ans, 11 % entre 55 et 64 ans, 5,1 % plus de 65 ans. 
  • 48 % ont joué au rugby (de l’école de rugby à sénior hors première division), 20 % sont d’anciens joueurs de rugby de première division, 12 % sont actuellement joueurs ou entraineurs de rugby, les 20 % restant sont de simples passionnés de rugby.

Leur point de vue sur l’évolution du rugby depuis son passage au professionnalisme (281 votes)

Les joueurs ne jouent plus pour le club qui les a formé 130 votes, soit 46,2 %,

CAB 1978.

Le jeu est de plus en plus stéréotypé 30 votes, soit 10,7 % ,

Le rugby devient un sport à la mode 29 votes, soit 10,3 %

Les rugbymen sont des mercenaires 20 votes, les salaires enflent démesurément 17 votes, les gabarits des joueurs ont changé 18 votes, le dopage et les blessures augmentent 10 votes, il y a moins de violence 7 votes, on voit plus de matchs 7 votes, le rugby se développe partout en France 6 votes, le jeu est plus spectaculaire 5 votes, le rugby se modernise 2 votes.

Une grande majorité des votes (222, soit 80,4%) déplore plutôt l’évolution actuelle du rugby.

Les valeurs qui leur semblent les plus menacées par le Rugby Spectacle (311 votes)

Le manque de respect des arbitres (venant des joueurs, des dirigeants ou des entraineurs) 145 votes, soit 46,6 %, 

L’arbitre.

La solidarité entre joueurs d’une même équipe 44 votes, soit 14,1 %,

Le manque de respect du public pour les arbitres 43 votes, soit 13,8 %,

Le manque de respect du public pour les arbitres 29 votes, la convivialité lors des matchs 17 votes, l’attachement à un club 9 votes, le courage des joueurs 9 votes, l’avenir des joueurs des écoles de rugby 8 votes, le manque de respect entres joueurs 7 votes.

La disparition de la notion de respect, particulièrement vis à vis des arbitres, revient très souvent (221 votes, soit 80,9 %).

Le geste ou l’action qui représente le mieux le rugby (298 votes)

La mêlée 75 votes, soit 25,1 %,

La mêlée.

Le plaquage 44 votes, soit 14,7 %, 

La passe en arrière 37 votes, soit 12,4 %,

Le cadrage débordement 35 votes, soit 11,7 %, 

L’évitement 19 votes, la sortie du vestiaire en début de match 18 votes, la passe après contact 13 votes, la relance des 22 m 12 votes, l’essai 8 votes, le maul 6 votes, les envolées de JPR Williams et d’Aguirre 6 votes, la touche 6 votes, le talonnage 5 votes, le ruck 5 votes, le coup de pied par dessus la défense 4 votes, le drop 2 votes, la transformation 2 votes, la passe décisive 1 vote.

Le rugby est riche d’une multitude de gestes ou actions de jeu, d’où le grand nombre de réponses différentes. Les supporters français attachent toujours autant d’importance à la mêlée !

La boisson qu’ils associent au rugby (196 votes)

La bière 144 votes, soit 73,4 %,

le champagne 19 votes, le vin rouge 17 votes, l’eau 7 votes, le pastis 4 votes, le vin blanc 2 votes, le citron à la mi-temps 1 vote, le bailleys 1 vote, l’armagnac 1 vote.

Le plat qu’ils associent au rugby (226 votes)

L’entrecôte frite 101 votes soit 44,7 %,

Le cassoulet 72, soit 31,8 %,

Le pot au feu 14 votes, l’aligoté saucisse 8 votes, le sanglier au four 8 votes, les huitre 5 votes, la blanquette 4 votes, l’aïoli 4 votes, le poulet pâtes 4 votes, le gigot 2 votes, le haggis 2 votes, les sushis 2 votes.

Le style musical qu’ils associent au rugby (142 votes)

Les chants du Sud ouest 109 votes, soit 76,7 %,

Le hard rock 20 votes, soit 14 %

le rock 7 votes, la pop 2 votes, la musique classique 3 votes, la hondada 1 vote.

Le rituel rugbystique consistant à bien boire, à bien chanter et surtout à bien manger n’est pas prêt de disparaitre. 

Manger, boire et chanter ENSEMBLE

Bilan

Pour faire revenir les supporters traditionnels de rugby dans les stades, mesdames, messieurs qui dirigeaient le Rugby français n’édulcorez pas notre jeu (n’oubliez pas par exemple que les supporters aiment la mêlée, plus que les rucks), redonnez du sens à la formation des joueurs en les faisant jouer pour leur club, pour leur ville, redonnez une personnalité, un style de jeu reconnaissable aux clubs, luttez contre le fléau moderne de l’irrespect qui arrive en galopant dans le RUGBY SPECTACLE (en sensibilisant et en sanctionnant) et enfin faites qu’un match soit l’occasion de manger, boire et chanter ensemble.

12 réflexions sur “La fin du Rugby Spectacle et Business est programmée

  1. Le constat est sévère mais non surprenant. Les finalités économique et d’épanouissement sont complètement antinomiques. Ce jeu, car il ne s’agit pas ici de sport, permet à des groupes humains de vivre chaque semaine un jeu de rôle social et psychologique ou chacun découvre ses richesses intimes et sonde la profondeur de ses abimes.Cette expérience qui n’a rien d’anodin permet de progresser suivant le précepte inscrit sur le fronton du temple de Delphes: »connais-toi toi-même et tu connaitras l’Univers et les dieux « . On en est très loin…

    1. slt jj,
      je ne comprends pas trop ta version philosophique des choses du rugby(je jouais a un poste ou il fallait être plus bourricot que les voltigeurs qui nous poussaient aux fesses,peut être que ceci explique cela)si il il y avait une touche intellectuelle a saupoudrer,je m’inspirerais plutôt de machiavel(pour le rugby d’aujourd’hui)mon analyse est plus simpliste.
      si nous devons comparer disons que nous jouions un rugby saucisson,gros rouge qui tache,et aujourd’hui ce serait cheese burger ,coca cola.a notre époque le rugby avait un rôle social,il permettait d’obtenir des boulots selon tes capacités,employés de banques,municipaux etc..et quelques enveloppes.
      maintenant ce sont des entreprises à but lucratif,avec un patron,des employés(pour ne pas dire des mercenaires).
      qui plus est certains clubs sont « achetés » par des patrons qui ont eu une grande réussite professionnelle,mais qui étaient en mal de notoriété.
      qui connaissait altrad ,boudjelall,de lorenzi,savare,avant qu’ils n’investissent dans le rugby.
      ils ont fait comme faisaient les nobles du 19 eme siècle qui se payaient un théâtre pour faire jouer leur maitresse,eux ils ont achetés les meilleurs clubs ,et maintenant leur ego est flatté,ils sont connus grâce au rugby.
      ils achètent des joueurs renommés,bien que sur la pente descendante qui apportent plus sur le plan mercantile que rugbystique.leur club,c’est une colonne dépense et une autre recette,avec le désir que le chiffre de la seconde soit bien superieur.
      quant au jeu en lui même,je préfère ne pas en parler.
      il y a un commentateur plus loin qui a trouvé que le match asm,toulon avait été bon parce qu’il fallait 2 équipes pour faire un grand match.asm très bon,toulon ma’a nonu 80% des ballons rendus au pied,et je ne sais même pas si un seul ballon est arrivè aux ailes.
      je m’arrête maintenant car c’est presque l’heure de l’apéritif anisé,souvenir de bien de nos après matchs.
      je t’embrasse

      1. Concernant Boudjellal il était connu des toulonnais , ce qui n’est deja pas mal , car contrairement aux autres , il y est né , y a toujours vécu et toujours travaillé , il a investi dans le club de SA ville , ce qui n’est pas le cas des autres .

  2. Bonsoir.
    Bon article, mais un bemol.
    J ai 46 ans et je joue au rugby depuis l age de 7 ans.
    J ai ete joueur, educateur, entraineur, arbitre, dirigeant, etc…
    1. En France j ai tres rarement vue les arbitres respectes et ce depuis 40 ans que je suis dans le monde du rugby. Tout les weekend sur tout les terrains ils sont sifflés, conspués et parfois molestes physiquement.
    2. En France, la violence qu il y a dans le rugby existe depuis tout temps. Coups de poings, de pieds, genoux, agression et j en passe.
    J ai eue la chance de jouer avec des joueurs étrangers et ils ne connaissaient pas cela. J ai eue la chance de jouer et Australie, Afrique du sud, pas un mauvais geste et l arbitre respecté.
    3. Canal plus a fait evoluer le rugby depuis les années 80 (86-87). Les matchs de l epoque merci…..
    4. Il y a un magnifique reportage sur Mr Broncan qui disait que ceux qui disent que le rugby avant etait mieux se trompent……de nos jours le rugby bien jouer est une symphonie.
    5. Il y a toujours eue des joueurs qui ont jouer pour d autres clubs, ceux qui etaient plus riches. Dire le contraire c est mentir. Il y a toujours eue de l argent dans le rugby, seuleument avant on le cachait….
    A plus.

    1. Merci pour ce commentaire qui me conforte dans le fait que certains sont amnésiques ou ne connaissent le rugby que depuis 10 ans , moi j’en ai 60 et fréquente les stades depuis 53 ans marre du  » c’était mieux avant  » venant la plupart du temps de gens qui ne l’ont pas connu

  3. Ces gens-là ont les yeux rivés sur la calculette, tant au niveau des stratégies sportives que budgétaires, l’exemple est on ne peu plus évident en ce qui concerne les matchs du jeudi soir ou de la mi-journée: empocher les droits télé même si on vide les stades. Le temps où les matchs se joueront à huis clos, mis en boîte et diffusés en différé n’est peut-être pas très loin, et les jeux romains réinventés, version moderne. A propos des vertus liées à ce sport: solidarité, amour du maillot, respect du peuple du rugby, partage et communion, la dite élite a tout jeté, elle dévore sans vergogne les jeunes talents formés par ces clubs de l’ombre, ne disposant que de budgets de misère, à des conditions scandaleuses, mais ne se sent nullement concernée par leur maintien sinon leur survie. La dérive s’accélère, et, condamne plus vite qu’on ne l’imaginait, une culture sportive chevillée au corps de tous les supporteurs éduqués et fins connaisseurs.
    Merci M. Bonnet pour vos excellentes analyses, continuez, nous poussons derrière.

  4. La différence entre les taux de fréquentation des différents stades est souvent due à la qualité du jeu proposé, ou en tout cas à la volonté de produire un jeu d’attaque plaisant comme celui de l’ASM ou de La Rochelle.
    Si on ajoute à Montferrand le soucis de valoriser sa formation, peut être pourrait on se servir de l’exemple de ce club pour faire évoluer le Rugby Français. Les Néo Zélandais, eux, s’y sont intéressés. A bon entendeur……….

  5. Echanger n’est pas polémiquer, donc ce qui suit reflète mon opinion sans rejeter les commentaires de Jean et de Bernard, pour ce qui est du non respect des arbitres il est le fait d’une minorité, et le phénomène de mode amène des publics non initiés, prompts à hurler. L’arbitre demeure un acteur essentiel, ce qui exige depuis la professionnalisation une grande qualité arbitrale, ce qui n’est pas toujours le cas, peut-on savoir pourquoi (hormis le top 14) dès le pro D2, les arbitres de ligne sont limités, le plus souvent, à la seule touche? Les mauvais coups étaient effectivement plus fréquents et sournois, il y a trois décennies, par contre le nombre d’accidents graves et des commotions progresse dramatiquement. La sur-musculation, naturelle(?) la recherche exclusive de super athlètes aboutiront à l’exclusion des gabarits normaux et génère l’affrontement frontal et rarement la technique de l’évitement, il y a aussi beaucoup à dire à propos des déblayages- agressions, lors les rucks. Il est vrai que l’ASM propose un jeu très aéré, et si nous devons nous inspirer de l’ éducation- formation des Néo-Z , ils ne disposent pas pour autant de supports financiers comparables à ce club.

  6. Fred,
    je pense qu’il serait important d’effectuer une corrélation entre ce que tu nommes le  » profil sociologique des votants » et les « réponses  » Je suis très surpris du résultat en particulier des rapports à l’arbitre ! J’ai discuté de cela avec les 1er concernés ( jeunes ou moins jeunes) ils marquent le même étonnement. L’on sait en socio que selon d’ou l’on parle, pourquoi l’on parle, pour qui l’on parle, les propos seront modifiés; je ne t’apprend rien ( c’est pour cela que nous faisons un échantillon type à qui nous faisons passer un pré-sondage)
    D’ailleurs, d’autres résultats sont plus qu’intéressant à ce propos :  » Les rugbymen sont des mercenaires 20 votes, les salaires enflent démesurément 17 votes, les gabarits des joueurs ont changé 18 votes, le dopage et les blessures augmentent 10 votes, il y a moins de violence 7 votes  » (peux tu donner les % stp) il me semble que ceux se porte en faux avec ceux que d’autres disent du Rugby d’aujourd’hui. Merci de t’être lancé dans l’aventure, mais il faut aller plus loin, être plus précis car je trouve bien l’idée de se questionner au delà de notre  » club » et sur une échelle nationale. On a les retour qu’on mérite l’Instit !!!

    1. JY,
      La sociologie des votants comme je le dis en préambule est celle des centaines de mes lecteurs qui ont bien voulu répondre via fb. Donc environ 10 % des « amis » fb de rugby-en-mêlée. Donc effectivement comme je l’écris il y un biais évident dans la mesure où mes lecteurs ont de manière générale un parti pris et un point proche du mien. C’est donc une étude partisane, je l’assume totalement. Pour les % tu est à même je pense de les faire en action du nombre votant par question. Si tu veux aller plus loin, pas de problème je te confie le projet. Et oui, on a des retours positifs ou non dès que l’on s’exprime. Des avis contraires constructifs, des accords sympas, des félicitations, des commentaires aigres doux et quais pinaillages. Normal quoi, la vie en société.

  7. Tu as bien compris quand aucun cas je ne moquais ton travail je le trouve intéressant et en distance des sites quotidiens et autres lieu plus ou moins officiel du rugby et cela est rafraîchissant
    Bien fais attention de ne pas céder aux sirènes
    Je vais essayer de voir au retour des championnats des arbitres ( ça me titille) et peut différemment te proposer un truc sur les filles t as rien contre je pense ?
    Bonne fin de semaine

  8. Après lecture de tous les commentaires , j’en rejoint plusieurs sur des points précis qui ne concernent que le rugby pro . Indéniablement l’évolution du rugby depuis son professionnalisme n’appartient plus totalement à la progression technique et stratégique du jeu. Il me semble plutôt constaté pour l’ensemble des clubs une sélection draconienne et majoritaire de joueurs hors normes sur le plan athlétique , associés à une petite minorité de joueur stratèges avec plus ou moins de réussite dans leur jeu , encadré par des stafs sous l’obligation de résultat car eux même placé sur un siège télécommandé ( voire éjectable ) par un président exigeant de résultat, de notoriété qui lui même est « mouillé » dans un système capitaliste de sponsors . Bref on voit que c’est « du donnant donnant » et on propose donc d’un jeu où on assure , plutôt frileux en prise de risque . Je pense que tout le monde sera d’accord pour reconnaître que l’organisation défensive collective à pris le dessus sur tous les objectifs offensifs . Que l’on marque des essais sur des tournovers , sur des séances longue durée de conservation du ballon les ruck , car l’affrontement physique est tel qu’il est le moyen de marquer un essai en restant organiser au cas où . Parfois cela est débridé individuellement par un geste d’éclat ou par une séquence de jeu de passes avec un enchaînement avants/ trois quarts action qui est devenue assez rare .
    En ce qui concerne le manque de respect des arbitres Top 14/ Pro D2 ce qui me gêne c’est le comportement des stafs sur les décisions du corps arbitral sachant que chaque fait et geste est filmé par la télévision . Les bras levé au ciel des paroles à l’appui assez inconvenantes sur les arbitres de touches et sur le 4eme arbitre , c’est à mon avis pas un bon exemple éducatif de comportement mais qui passe à la télévision .
    Enfin au sujet de la « violence  » elle est devenue maintenant monnaie courante dans le jeu courant puisqu’on l’appelle « l »engagement en border-line du règlement  » avec des déblayages terribles et féroces que de temps à autre l’arbitre sanctionne , mais les blessures y sont devenues légions . Par contre les volées collectives de marrons sont devenues rares , et quand ils y en a ça va pas jamais trop loin , c’est pas méchant et ça permet aux joueurs de se retrouver autour d’une notion de solidarité d’équipe .

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