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A la recherche de l’intérêt sportif perdu du jeu de Rugby : 1 la Pro D2

Par Frédéric Bonnet

 

 

Dis moi quel est ton budget, je te donnerai ton classement. Tout n’est pas si simple heureusement, mais comme pour le football, la logique financière prédit de plus en plus souvent les résultats sportifs des clubs de rugby. Bien entendu, le phénomène n’est pas nouveau, mais l’évolution du fonctionnement budgétaire des clubs de rugby fait que, du TOP 14 à la fédérale 1, et donc de la PRO D2, le suspense concernant l’attribution des premières et des dernières places n’existe quasiment plus.

 

Depuis une dizaine d’années, il n’y a plus de différence de fonctionnement entre une franchise de foot américain de la NFL (type NY Giants) et un grand club de foot européen (type PSG). Dans les deux cas, les clubs ont basculé dans une logique d’industrie du divertissement. Les deux seules différences sont l’absence de rétrogradation (notion de ligue fermée) et l’invention du système de draft (priorité donnée au recrutement des meilleurs jeunes par les clubs aux résultats sportifs les plus mauvais) aux Etats Unis. Deux différences qui permettent contrairement au système européen, de garantir une certaine équité sportive et un intérêt compétitif toujours renouvelé.

En Europe, les grandes compétitions de football souffrent d’un manque intérêt sportif récurrent. L’équilibre compétitif n’est plus assuré : le PSG écrase la ligue 1, Le Bayern la bundesliga, la Juventus la série A, Barcelone la Ligas etc. Les clubs les plus riches dominent les plus grands championnats. Les supporters s’identifient de moins en moins à leur club, la fibre émotionnelle disparait et les nouvelles enceintes sonnent creux dans certains championnats. Les fonds d’investissements ont pourri le foot. Ils commencent à le faire en rugby.

Car le jeu de rugby bénéficie d’une côte d’amour bien supérieure (39%) à celle du football (29%) grâce à ses fameuses valeurs. Encore faudrait-il que les clubs ne gâchent pas tout. Certaines dérives ressemblent comme à s’y méprendre aux divers scandales de la balle ronde, Krysna, Zahia, Aurier, Sextape. Certaines affaires rugbystiques annoncent des lendemains peu flatteurs.

Certes l’argent ne pousse pas en mêlée, ne marque pas les essais et n’améliore pas les statistiques dans les rucks. Toutefois il permet aux clubs d’augmenter les salaires de leurs joueurs et d’acheter les meilleurs rugbymen de la planète.

Chaque printemps, lors des phases finales du TOP 14 se sont peu ou proue toujours les mêmes équipes qui se retrouvent dans aux six premières places : les plus gros budgets, avec quelque fois un club surprise. La surenchère des clubs ne date pas d’hier. Toulouse avait commencé au début du professionnalisme, le Stade Français lui avait emboité le pas, suivi par Toulon, puis le Racing et maintenant le MHR.

De fait, le rugby suit les traces avec quelques années de retard de son grand frère le football. Lequel ressemble donc de plus en plus à son cousin américain. Ces sports sont majoritairement perfusés par des droits TV pharamineux, gérés par des mécènes et des actionnaires ou des fonds de pension comme toute grande entreprise de spectacle. Sauf que le spectacle rugbystique intéresse de moins en moins de monde (dans les stades et devant la TV), les dés semblant jetés avant le début de la saison.

Bien entendu, sur un match à domicile et en s’appuyant sur sa formation le SU Agen par exemple peut espérer battre les clubs les plus riches du TOP 14. Mais au final, il se bat avec Oyonnax ou Brive pour ne pas descendre en PRO D2 et n’a aucune chance de disputer le bouclier de Brennus. Pire, années après années, il se fait piller ses meilleurs éléments attirés par l’argent promis par les caïds du CAC 14.

Au final, l’enjeu sportif ne concerne que les élites qui se disputent le titre et les « sans grades » qui se battent ne pas être éliminés du TOP 14. Le ventre mou lui fini en roue libre dès la mi saison, en regardant quand même avec angoisse dans le rétroviseur.

Pour comprendre l’influence du budget d’un club de rugby sur ses résultats sportifs, il faut retracer d’abord l’histoire des rapports entre le rugby français et l’argent.  

Histoire en trois temps des budgets des clubs de rugby français

Avant 1960, l’âge d’or du Rugby français, celui des pères fondateurs 

Cette période prônait un jeu de Rugby éducatif et moral. Il y avait peu d’enjeux économiques, le rayonnement des clubs était avant tout local ou régional, et éventuellement national pour les clubs phares. Seuls le midi olympique et la presse locale couvraient les évènements rugbystiques. Toutefois, le budget des associations qui géraient les clubs passa de 40 000 euros en 1930 à 300 000 euros en 1960. Un modèle économique ASSL (adhérents, spectateurs, subventions locales) prévalait.

Les présidents de clubs étaient en général des notables locaux, le financement des clubs se faisait via des subventions municipales, les recettes de la buvette ou de différentes fêtes rugbystiques et la billetterie.  

On estime que dans les années 40, un joueur phare de Lourdes ou de Grenoble pouvait toucher l’équivalent de 200 à 2000 euros par an.

Le Rugby français préférait mettre en avant les efforts de promotion sociale de ses joueurs. L’aide des dirigeants de clubs pouvait prendre différentes formes. Du Financement des études à une Aide pour trouver un emploi ou se lancer dans une activité. On retrouve ce type de fonctionnement économique dans beaucoup de clubs de fédérales 1, ceux qui ont un budget inférieur à 1 million.

Entre 1960 et 1995, l’économie souterraine de l’amateurisme marron

Même si les clubs étaient toujours juridiquement considérés comme des associations à but non lucratifs, ils étaient désormais dirigés par des chefs d’entreprise connaisseurs ou ex-joueurs de Rugby. Progressivement le Rugby se transforme en spectacle, les clubs les plus riches recrutent des joueurs partout en France (Ovalie). C’est une période de transition entre le jeu de Rugby et le rugby marchand du XXIè siècle. Le modèle économique classique se transforme en SSSL (spectateurs, les subventions, et les sponsors d’origine locale). Ce modèle maintient encore un lien étroit, historique, géographique et économique entre les supporters, les clubs et les finances publiques ou privées.

En quinze années, le budget moyen des clubs passe de 300 000 euros à 2 millions d’euros. Les matchs de Rugby sont désormais relayés par les radios locales et nationales. Les phases finales commencent à être diffusées à la télévision. 

Ainsi dès les années 60, un bon joueur d’équipe première d’un des 80 clubs de première division pouvait monnayer ses services pour l’équivalent de 1000 euros par mois. Mais ce montant pouvait évoluer considérablement selon le statut du club. On estime qu’un joueur du Grand Béziers, de Montferrand ou du Narbonne des années 70-80 touchait autour de 54 000 euros par saison. Des sommes perçues en liquide et donc non imposables, qui étaient équivalentes aux salaires de joueurs « moyens » du Top 14 ou à ceux des meilleurs joueurs de Pro D2 en 2017. Ces salaires cachés étaient par exemple quatre fois supérieurs à celui d’un instituteur des années 70. 

Jusqu’en 1995, date du début du professionnalisme en Rugby, ces montants ont augmenté régulièrement pour atteindre 115 000 euros annuel par exemple pour un joueur de Montferrand. Tant et si bien que la Direction générale des impôts commença à s’intéresser de près aux finances du Rugby français, obligeant M Ferrasse président de la FFR, à se pencher sérieusement en 1986 sur le tabou de l’argent rugbystique. Les premières déclarations aux impôts datent de cette période, mais les premières fiches de paie officielles n’apparaissent qu’en 1995.

Les clubs ayant un budget compris entre 1 et 6 millions, donc une grande partie de ceux inscrits en PRO D2 et une vingtaine de clubs de la fédérale 1 suivent ce type de modèle d’économie.

 Après 1995, l’absurdité de la financiarisation progressive du rugby

Jusqu’en 1995, le statut juridique des clubs dépendait uniquement de la loi dite d’association 1901. Cette association possédait un numéro d’affiliation à la FFR. 

La professionalisation du jeu de Rugby a obligé les clubs à créer une société sportive (Société Anonyme à Objet Sportif-SAOS, Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée-EURL, Société Anonyme Sportive Professionnelle-SASP) pour gérer sa partie professionnelle. La plupart des clubs de Rugby et de football Pro, qui représentent 89 % du poids financier du sport pro, vont choisir de s’organiser en SASP. Cette forme de société sportive permet aux nouveaux présidents de clubs, pour la plupart PDG-hommes d’affaires, d’en devenir propriétaires tout puissant et de rendre minoritaires les parts de l’association sportive.

Dès lors, le Rugby va quitter brutalement et précipitamment son modèle de financement classique (SSSL), pour adopter celui des grandes ligues de football pro européennes, le modèle dit SATI (sponsors, actionnaires, télévisions, international). 

La FFR va déléguer la gestion du rugby pro à une ligue nationale, la LNR, pour ne plus s’occuper que du Rugby amateur et des diverses équipes de France.

Ce modèle SATI traduit les effets cumulés de la professionnalisme du rugby, de l’internationalisation de ses enjeux sportifs et de l’exposition télévisuelle. Les règles de gouvernance des clubs sont désormais définies par des actionnaires qui attendent logiquement un retour sur investissement (éventuels dividendes, mais surtout augmentation de la notoriété et des parts de marché pour leur société). La régulation des finances d’un club a désormais une dimension plus nationale, voire internationale, que locale. La proportion de joueurs provenant d’autres pays dans le championnat français symbolise bien cette internationalisation capitaliste.

Ce modèle SATI entraine le bouleversement des chiffres d’affaires des clubs sur deux points :

  • leur volume : il a été multiplié par 8 en entre 1995 et 2011 et continue à croitre chaque année.
  • leur structure : quand 90 % des ressources des clubs venait des spectateurs et des subventions publiques avant 1960, c’est désormais 65 % du budget des clubs qui provient des sponsors-actionnaires internationaux et des recettes TV (Canal plus). 

Le Rugby est devenu à la fois télé et sponsor-dépendant.Toutefois, les 97 millions d’euros par an que débourse Canal plus pour retransmettre le Top 14 et la Pro D2 au cours des saisons 2015 à 2018 n’ont rien à voir avec les 749 millions qu’il accorde tous les ans aux ligues 1 et 2 de football.

Bien entendu, des règles ont été mises en place pour contrôler les dérives de la financiarisation du rugby français. Mais faute de moyens humains et matériels pour réellement démasquer les tricheurs, toujours plus inventifs, beaucoup de clubs, du TOP 14 de la fédérale contournent légalement ou non la loi. 

Contournements légaux

la LNR a instauré des amendements aux lois ou a laissé des zones difficilement interprétables pour faire en quelque sorte du sur mesure. Et cela avantage bien entendu les plus riches. Un sponsor qui achète l’image d’un joueur voit sa somme intégrer le Salary Cap (sorte de masse salariale plafonnée). Du coup les grands mécènes patrons de firmes internationales ou nationales  demandent à des « sous-traitants » avec qui ils ont des marchés en dehors du rugby de prendre les droits d’image d’un joueur sans que cette somme apparaisse dans le Salary Cap. Ce système booster les salaires des joueurs sans que la DNACG puisse le savoir. Légal, mais  peu morale !

Contournements illégaux

La liste est longue : dons non déclarés en fin de contrat, paiement des joueurs via Bitcoin, à Madagascar, à Hong Kong, à Andorre, en Afrique du Sud ou via différents paradis fiscaux, sans que l’argent ne passe par la France, puisqu’ils passent par des sociétés fictives.

Certains clubs ne déclarent pas les avantages fiscaux obtenus en payant leurs joueurs à l’étranger.

Les fins de contrat sont aussi un bon moyen de passer outre le Salary Cap, soit en mettant les joueurs en préretraite ou en revendant le joueur à un autre club contre un montant qui couvre son salaire. Car les indemnités de licenciement sont déclarées dans le Salary Cap.

On est loin des petits arrangements des clubs de fédérale 1 avec les faux frais kilométriques et les non déclaration à l’URSAF.

Rugby, argent et résultats sportifs des clubs 

La proportion de clubs obtenant des résultats sportifs correspondant à leur budget varie très peu selon les niveaux de championnats et les poules auxquels ils appartiennent. Les poules 2 et 3 de la fédérale 1 restent indécises, mais du TOP 14 aux autres poules de la fédérale 1, en passant par la PRO D2, les gros budgets se battent entre eux, laissant les autres clubs lutter pour ne pas descendre.

Proportion de clubs ayant des résultats sportifs qui correspondent à leur budget

  • TOP 14 : 71,5 %
  • PRO D2 : 63 %
  • Poule 1 de la fédérale 1 : 82 %
  • Poule 2 de la fédérale 1 : 54,5 %
  • Poule 3 de la fédérale 1 : 63,5 %
  • Poule 4 de la fédérale 1 : 100 %

PRO D2

En ligue 1, championnat de football de première division, les quatre plus gros budgets qui sont tous supérieurs à 100 millions, trustent les quatres premières places du championnat (PSG : 540 millions, Lyon : 240 millions, Monaco : 170 millions et OM : 120 millions). Le titre de champion de France se jouera entre eux et les bonnes (Amiens, Troyes) ou mauvaises (Lille, Saint Etienne, Metz) surprises sont rares et surtout ne bousculent pas la hiérarchie du haut de tableau. Le sentiment que tout se joue par avance prévaut et la glorieuse incertitude du sport a disparu au bout des 38 journées de matchs. 

L’écart entre les budgets des clubs Pro D2 est beaucoup plus important qu’en TOP 14, mais les résultats des clubs sont tout aussi prévisibles (63 %). Mont de Marsan et Montauban et Massy obtiennent des résultats sportifs bien supérieurs à la puissance de leur budget, au contraire de Bayonne et de Narbonne.

Pour le reste, un simple coup d’oeil au budget prévisionnel des clubs suffit à expliquer les classements des autres clubs. 

La grande majorité des clubs dont les budgets oscillent entre 5 et 6 millions n’ont plus grand chose à jouer sportivement parlant depuis longtemps. Ils peuplent le ventre mou de la Pro D2. Mt de Marsan et Montauban qui pourront jouer les phases finales à la place de Bayonne, qui se cherche un directoire, et Nevers qui apprend à connaitre le monde pro après avoir licencié la plupart de ses joueurs de fédérale 1.

En bas, deux clubs historiques de la première division française, appartenant au rugby des villes moyennes, disparaîtront en fédérale 1 faute de moyens financiers.

Un signe de plus, que la financiarisation du rugby amène ce jeu à sa perte de repère culturel, mais aussi sportif.

Clubs Budget en millions d’Euros Classement et points après 30 journées  
Grenoble 13,41 3° et 89 points  
Bayonne 11,78 8° et 69 points – 23 points / au 2°
Biarritz 10,57 6° et 80 points   
USAP 10,29 1° et 97 points  + 13 points / au 4°
Nevers 10,14 7° et 69 points  – 15 points / au 5°
Béziers 6,82 5° et 84 points  
Colomiers 6,66 9° et 68 points  
Mt de Marsan 6,59 4° et 84 points  + 15 points / au 8°
Montauban 5,82 2° et 92 points  + 24 points / au 9°
Vannes 5,71 10° et 62 points  
Angoulème 5,69 13° et 59 points  
Narbonne 5,52 16° et 35 points  – 24 points / au 12°
Aurillac 5,18 11° et 61 points  
Dax 4,5 15° et 46 points  
Carcassonne 4,21 14° et 53 points  
Massy 4,04 12° et 59 points + 24 points / au 16°
Moyenne

7,31

écart : x 3,31

 

63 % des clubs ont des résultats sportifs qui correspondent à leur budget. 

Perspectives d’avenir

Le rugby français est un sport de clubs, pas de franchises, plus d’université, ni de provinces ou de régions. Sa gouvernance est depuis les années 2000 bicéphale : la LNR pour les clubs pro et la FFR pour les autres. Cette organisation délétère et absurde provoque une scission de fait entre deux rugbys qui n’ont plus grand chose en commun. La FFR ne peut pas compter sur un secteur professionnel, la LNR, qui ne gère plus qu’une industrie du divertissement et des entreprises de spectacles. Séparons ces deux mondes, comme le rugby à XV  amateur avait enfanté jadis le rugby à XIII professionnel.

Côté professionnel : LNR

Le TOP 11  division à 11 clubs, qui pourrait s’apparenter au super rugby de l’hémisphère sud et qui regrouperait les clubs les plus riches à plus de 20 millions de budget et ne comporterait qu’une descente : ASM, Toulouse, Toulon, Stade Français, MHR, LOU, La Rochelle, Racing, UBB, Pau et Castres.  

Le PRO8 sorte de championnat de réserve pour des clubs susceptibles d’aller en TOP 11 avec des budgets de plus de 10 millions : Brive, Oyonnax, Agen, Grenoble, Bayonne, Biarritz, USAP, Nevers. Avec des phases finales et deux descentes.

Côté amateur ou semi-professionnel : la FFR

La première division avec LE bouclier de brennus et deux poules de 8 clubs qui auraientt tous un budget supérieur à 3 millions (et 4 descentes) : Béziers, Colomiers, Mt de Marsan, Montauban, Vannes, Angoulême, Narbonne, Aurillac, Dax, Carcassonne, Massy, Albi, PARC, Tarbes, ROVAL et Rouen.

La deuxième division avec deux poules de 10 clubs dont le budget devrait dépasser 1 million d’euros (et 4 descentes): Aubenas, Bourgoin, Strasbourg, Bourg, Chambéry, Limoges, Cognac, Mâcon, Dijon, Nimes, Nantes, RCBA, Niort, Rodez, Blagnac, Valence d’Agen, Vienne, La Seyne, RCHH et Lavaur.

La troisième division et ses 48 clubs regroupant tous les clubs restant de la fédérale 1 (St J de Luz, Tyrosse, Langon,, Anglet, Oléron, St Médard en J, Hendaye, Bergerac, Bannières, Trélissac, Castanet, Graulhet, Lombez, St Sulpice sur Lèze, Grasse, ASVEL, Suresnes, Agde, Céret) et les meilleurs clubs de fédérale 2 et bien entendu La Voulte, Lourdes, Périgueux, Beaumont, Avignon, Bègles en damiers, Romans en damiers, Valence, Boucau, Mazamet, Montchanin, Le Creusot, Tulle, Thuir et Auch, qui auront des « wild cards » à vie.

Depuis le début de sa professionnalisation en 1996, le jeu de Rugby perd peu à peu sa dimension éducative et se transforme progressivement en spectacle. Le Racing avec son nouveau cirque Arena truc machin préfigure le futur proche du rugby business. ce club n’est plus qu’une vaste entreprise de divertissement.

Le show est avant et après le match, un écran géant fait office de distraction permanente pendant le match. Après les 15 premières minutes de jeu, temps d’attention moyen d’un public de plus en plus décérébré mais de plus en plus connecté, les spectateurs ne regarde les joueurs que quand ils se blessent ou pour siffler l’arbitre.  

Le rugby suit ainsi avec quelques années de retard et quelques millions en moins (budget moyen de 23,6 en TOP 14 et 87,1 millions pour la ligue 1) l’évolution du football européen et donc l’industrie du sport américain.

Les associations à but non lucratif ne seront bientôt plus cantonnées que dans le rugby semi-amateur et amateur, seules à même de faire perdurer la glorieuse incertitude du sport si elles cessent de copier les clubs pro. Les fonds de pension vont massivement investir dans les grands clubs des grandes métropoles et la création de ligues européennes, voire internationales semble inéluctable pour raviver l’enjeu sportif des championnats.

Qu’est ce qui pourrait stopper la machine infernale ?

RIEN, à moins qu’un défaut de paiement généralisé stoppe net les transferts et les achats de joueurs. A moins aussi d’une généralisation de l’arrêt du paiements des salaire des joueurs par banqueroute des clubs. A moins enfin que les états deviennent moins tolérants vis à vis des finances des clubs en exigeant des clubs qu’ils payent leurs arrivés d’imposte de cotisations sociales. A moins enfin que l’on sépare enfin en deux le rugby : dôté ‘un clé rugby marchand de l’autre le jeu de rugby tel qu’il avait été inventé, codifié et propagé au XIX è siècle par les élèves du professeur Thomas Arnold.

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