Les clubs de rugby du top 14 qui font jouer les rugbymen qu’ils ont formé : les bons et les mauvais élèves.

Par Frédéric Bonnet

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En plus de son école de rugby, chaque équipe du top 14 et de la pro d2 possède une équipe espoir (joueurs ayant tous moins de 22 ans). Une des raisons de la débâcle de l’équipe de France lors de la coupe du monde sous l’aire St André, de son tournoi « moyennasse » sous Noves et de son probable 10 ième mondial actuel, est que notre championnat professionnel, le top 14, laisse de moins en moins de place à ses jeunes joueurs français (joueurs qu’elle a pourtant si patiemment pris le temps de former).

Ce vivier de jeunes joueurs français ne serait donc destiné qu’à jouer au mieux en pro d2, voire en fédérale. Ces propos sont-ils véridiques et tous les clubs du top 14 sont-ils équivalents ? Font-ils tous jouer dans leur équipe première le même nombre de joueurs qu’ils ont formés? Amènent -ils par ailleurs le même nombre de joueurs à devenir professionnels en top 14 ou en prod2 ?

Cet article rend compte de deux aspect de la formation française pour chaque club de top 14. Tout d’abord, il rend compte de la capacité de chaque club à retenir ses meilleures joueurs ou à les faire revenir en fin de carrière. Quel bonheur pour un supporter de voie évoluer au fil des années un joueur parti de l’école de rugby. Je pense à Rougerie de l’ASM, à Plisson du SF, à Ouedrago de Montpellier, à Médard du ST, à Chiocci du RCT, à Chavancy du Racing ou  à Namy de Brive. Quel plaisir aussi de revoir Traille ou Bouilhou à Pau ou au contraire de suivre l’éclosion d’Erbani, au nom illustre, à Agen. A ce propos, le deuxième propos de cet article est de montrer quels clubs à lancent  leurs jeunes espoirs dans le grand bain.

Toutes les données recueillies ici proviennent du site internet its rugby et du magazine rugbyrama 2015-2016 sur les 632 joueurs du top 14. Les résultats compilés ci-dessous montrent :

  • qu’il est faux de dire que les clubs ne font plus jouer les joueurs qu’ils forment, puisqu’en tout 131 joueurs restent dans leur club formateur (soit 9 joueurs en moyenne par club).
  • Mais qu’il est vrai que ces joueurs ne représentent qu’une minorité des effectifs de chaque club, en moyenne 18 %seulement.
  • qu’il existe une extraordinaire disparité entre les clubs,
  • que bien entendu, l’effet coupe du monde explique en partie ces fortes disparités, les clubs à gros budget ayant un nombre plus important d’internationnaux, ce qui laisse plus de chance aux jeunes joueurs pendant cette période.

Le top 14 ne semble pas aimer les extrêmes :

  • ni le super champion de la formation française, le Stade français, détenteur du dernier bouclier de brennus et grand pourvoyeur de neointernationnaux, ce qui a certainement causé en partie sa perte cette année. 
  • Ni son exact inverse Oyonnax, qui a misé cette année, autant sur ses recrues étrangères, que sur sa pelouse synthétique.

Ce n’est pas tant sa promotion espoir pourtant prometteuse qui vaut sa troisième place à la section paloise, mais ses gloires béarnaises  Traille, Bouilhou et Fumat.

Le cas des agenais est particulièrement intéressant. Ils ont mis cette année sur leurs jeunes espoirs, premier de leur poule et particulièrement prometteurs. Ils ont joué le jeu de la formation à fond et devraient, si malheureusement ils devaient descendre en pro d2, y remonter rapidement et s’y installer durablement. S’ils ne se font pas piller comme l’avait été dans les années 90 le RCT.

C’est peut être l’équilibre entre jeunes et anciens qui vaudra le bouclier de brennus 2016 aux cinq clubs qui figurent en bonne position dans mon classement : dans l’ordre l’ASM, puis Toulouse et le Racing, enfin le RCT  (grâce à 4 joueurs de la première ligne Chiocci, Frésia, Chilachava et Orioli) et l’UBB (grâce à Serin, Poirot, Tauleigne et Lonca).

Le cas de la « franchise sud africaine du top 14 » à Montpellier est paradoxal. Un centre de formation parmi les meilleurs, mais quel temps de jeu pour les Castets, Delannoy, Pesenti, Devergie ou Perraux ? Le pari est réussi pour l’instant puisque les héraillais sont à la quatrième place du championnat, mais pour quel réussite à moyen terme. 

Les quatre clubs du ventre mou de notre top 14 (peu de risque de descente, mais peu de chance d’accéder aux phases finales), Brive, La Rochelle, Grenoble et Castres semblent se désintéresser cette année de leur centre de formation. Le stress de la descente et la pression du résultat les font certainement choisir la solution qui leur semble la plus pratique et efficace : recruter des valeurs sûres en dehors du club.

Classement en fonction du temps de jeu accordé aux joueurs formé au club après 18 journées de top 14

Stade français 

 16 joueurs  dont 6 ayant moins de 22 ans pour

6492 mn (405 mn par joueur)

5 8 29
ASM

13 joueurs dont 5 ayant moins de 22 ans pour

5198 mn (400 mn par joueur)

14 8 35
Pau

8 joueurs dont 3 ayant moins de 22 ans

pour 4781 mn (597 mn par joueur)

5 13 26
Toulouse

1o joueurs dont 6 ayant moins de 22 ans

pour 4672 mn (467 mn par joueur)

22 22 54
Racing

11 joueurs dont 7 ayant moins de 22 ans

pour 3918 mn (356 mn par joueur)

6 5 21
Agen

 10 joueurs dont 7 ayant moins de 22 ans

pour 3871 mn (387 mn par joueur)

3 10 23
Rct

11 joueurs dont 4 ayant moins de 22 ans

pour 3006 mn (273mn par joueurs)

8 15 34
UBB

9 joueurs dont 5 ayant moins de 22 ans

pour 2651 mn (294 mn par joueur)

7 12 28
Brive

6 joueurs dont 3 ayant moins de 22 ans

pour 2471 mn (411 mn par joueur)

8 6 20
Montpellier

10 joueurs dont 5 ayant moins de 22 ans

pour 2061 mn (206 mn par joueur)

5 11 26
La Rochelle

7 joueurs dont 3 ayant moins de 22 ans

pour 1766 mn (252 mn par joueur)

3 9 19
Grenoble

9 joueurs dont 5 ayant moins de 22 ans

pour 1148 mn (127 mn par joueur)

6 9 24
Castres

7 joueurs dont 5 ayant moins de 22 ans

pour 819 mn (117 mn par joueur)

1 7 15
Oyonnax

4 joueurs dont 3 ayant moins de 22 ans

pour 252 mn (63mn par joueur)

2 0 6

dans l’ordre :

nombre de joueurs formés par et jouant pour leur club ; nombre de minutes de temps de jeu cumulées sur la saison et temps moyen par joueur.

Puis nombre de joueurs jouant dans un autre club de top 14, nombre de joueurs partis en pro d2 et nombre total de joueurs formés par chaque club.

Cette année, 60 joueurs de moins de 22 ans ont joué en top 14 pour un temps de jeu total de 12 197 mn, soit en moyenne de 203 mn par joueur. Mais quatre équipes leurs donnent un temps de jeu conséquent : le Racing (1961 mn), le Stade toulousain (1859), l’UBB (1454 mn) et Agen (1059 mn).

Pour les autres clubs, à part pour quelques joueurs, les jeunes rugbymen ne sont que des joueurs d’appoint. Dans l’ordre : 

Stade francais 979 mn, Brive 961 mn,

Pau 739 mn, Castres 681 mn, La Rochelle 582 mn, ASM 577 mn, Grenoble 501 mn,

RCT 435 mn, Oyonnax 225 mn et Montpellier 184 mn, bon dernier.

Au final, tant que les clubs du top 14 ne seront pas obligés d’aligner un nombre minimal conséquent de joueurs issus réellement de la formation française (pas des faux jiffs) sur chaque feuille de match, leurs présidents recruterons toujours plus de joueurs à l’étranger. C’est non seulement scandaleux pour notre jeune génération de joueurs : quel avenir leur assurons nous ? Mais aussi catastrophique pour notre equipe de Françe, qui peu à peu s’enfonce dans le classement mondial.

 

 

9 réflexions sur “Les clubs de rugby du top 14 qui font jouer les rugbymen qu’ils ont formé : les bons et les mauvais élèves.

  1. Que les clubs élites piochent ailleurs voir à l’étranger cà ne me dérange pas, par contre que des clubs de fédérale recrutent des étrangers çà le hérisse le poil. Je suis pour un partenariat élite fédérale

  2. Ton classement me semble bizarre. Un exemple, ou places tu Atonio qui n’avait jamais pratique le XV et encore moins la place de pilier avant son arrivé? Ou place tu debaty et Julien Pierre? Ou place tu Barraque passer chez Biarritz et Toulouse? De même pour Fikou. Toulouse ou toulon? Le nom des joueurs formes et restes en club serait un bon plus pour la véracité de ton classement

    1. Antonio jouait en nez à counties manukau, barraque a est arrivé jeune au St, Pierre arrivé jeune à la Rochelle, idem pour débaty, fickou formé à la seyne puis au RCT…

      1. Donc tu ne valides pas la formation d’Atonio par l’ASR pourtant arrive à 20 ans. Barraque jeune à Toulouse mais trois année au centre de Biarritz puis à nouveau Toulouse (1an). Ce classement est intéressant mais prend en considération une large part de subjectif.

        1. Concernant atonie je ne nie pas le boulot formidable accompli par le Toulonnais collage, mais notre ami a bien appris le rugby en nz.qd à baraque il a même commencé en Bretagne mais les bases du rugby il les a créé au St.

  3. je te rejoints sur le faits qu’ils soient trop nombreux , mais je crois aussi qu’on à tendance oublier qu’ils sont 15 aussi en face et que ceux ne sont pas des manches la frustrations des résultats résulte peut êtres aussi de notre manque d’humilité !!!

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