Les différentes nationalités des rugbymen du Top 14 pour la saison 2016-2017

Par Frédéric Bonnet

A la mémoire d’Yves Malmartel le tulliste et de Jean Claude Mignaçabal le romanais, tous les deux partis trop tôt. 

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Cette année, parmi les rugbymen professionnels du Top 14, on comptera 250 joueurs recrutés à l’étranger. Mais de quels pays arrivent-ils ?

Les frontières de l’Ovalie, ce pays imaginaire inventé en 1953 par Raymond Gabaig, dessinent une France du rugby circonscrite dans le Midi de la France, en Occitanie. 

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La France du rugby (nombre de licenciés en 2013)

Ce rugby, qui se joue essentiellement dans la moitié sud du pays, s’internationalise de plus en plus depuis qu’il a créé le championnat d’élite le plus riche du monde.

Pour la saison 2016-2017, le Top 14, comptera environ 600 joueurs, soit une quarantaine par club. Près de la moitié, 251 soit 42 %, ont été recrutés à l’étranger. 

Lors de la saison 2015-2016, ces joueurs recrutés à l’étranger ont occupé 48,5 % du temps de jeu du Top 14. Une proportion inquiétante qui se révèle être encore plus élevée dans certains clubs.

Pourcentage de temps de jeu des joueurs recrutés à l’étranger (et nombre de joueurs formés en France qui ont joué au moins un match) en Top 14 pour la saison régulière 2015-2016.

Clubs Pourcentage de temps de jeu des joueurs recrutés à l’étranger Nombre de joueurs formés en France qui ont joué au moins un match
Toulouse 34 % 26
ASM 38 % 29
S Français 39 % 29
Castres 41 % 28
Racing 41 % 33
UBB 45 % 24
Brive 46 % 23
Oyonnax 47 % 28
La Rochelle 51 % 33
Grenoble 53 % 27
Agen 58 % 24
Pau 58 % 24
RCT 60 % 24
MHR 68 % 21
  Moyenne 48,5 % Total : 373

Il y a fort à parier que la saison 2016-2017 ressemblera à la précédente. D’ailleurs, on retrouvera encore certainement de fortes disparités entre les clubs.

L’idée de cet article m’est venue cet été en observant la sortie de l’entraînement des joueurs du RCT. Par groupes clairsemés, ils quittaient le stade Mayol pour rejoindre leurs voitures garées dans des parkings privés.

De fait, ces groupes n’étaient pas constitués au hasard, mais majoritairement en fonction de la nationalité des joueurs. Comment ce sport collectif, épris de valeurs de partage et de mixité sociale, peut-il accepter les risques liés au communautarisme ? 

Sur les 22 nations présentent dans le championnat français, quatre représentent 68 % des joueurs : par ordre d’importance l’Afrique du sud, la Nouvelle Zélande, les îles Fidji et l’Australie. 

Le Top 14 fait désormais son marché dans l’hémisphère sud. Il attire cette multitude de joueurs en leur proposant des salaires très largement supérieurs à ceux proposés par la Sanzar dans le Super Rugby

Certaines nations, historiquement très implantées dans le rugby français, ont quasiment disparu : la Roumanie, le Canada, l’Italie (depuis la création de deux clubs dans la ligue celtique), l’Argentine (depuis la création de la franchise des Jaguares en Super rugby) et dans une moindre mesure la Géorgie.

Les nations anglo saxonnes (Angleterre, Pays de Galles, Ecosse et Irlande) ont réussi à garder la plupart de leurs joueurs en créant des contrats fédéraux avantageux.

Les différentes nationalités des joueurs recrutés à l’étranger du Top 14

Pays Nombre Pourcentage
Afrique du sud 58 23,1 %
Nouvelle Zélande 49 19,5 %
Fidji  36 14,3 %
Australie 28 11,1 %
Samoa 15 6 %
Géorgie 15 6 %
Argentine  11 4,3 %
Tonga 9 3,6 %
Irlande 6 2,4 %
Angleterre 6 2,4 %
Pays de Galles 3 1,2 %
Ecosse  3 1,2 %
Italie 3 1,2 %
Namibie, Chili, Ukraine, Roumanie, Uruguay, Hollande, USA, Japon et Canada 1 3,6 %

Les différents clubs du Top 14 ont opté entre différentes stratégies de recrutement :

  • recrutement d’un nombre limité de joueurs à l’étranger : Castres, ASM et Toulouse.
  • recrutement d’un grand nombre de nationalités différentes pour limiter les sous groupes par nationalité dans leur effectif : Castres, ASM, Toulouse, Bayonne ou Lyon.
  • au contraire, recrutement de nombreux joueurs de même nationalité dans un même club : le MHR et le stade français très sud africains ; La Rochelle et le Racing très néo-zélandais ; Brive la fidjienne ; l’UBB et Pau qui possèdent un petit noyau néo zélandais et le RCT sud africain.

Les clubs du Top 14 et le nombre de nationalités étrangères de leurs joueurs recrutés à l’étranger

Clubs Nombre de joueurs recrutés à l’étranger

Nombre de nationalités différentes

dont dont dont dont

MHR

staff français et sud africain

21 5

10

Afrique du sud

4

Fidji

3

Géorgie

2 Australie

2 Nouvelle Zélande

LOU

staff français et néo-zélandais

21 9

4

Nouvelle Zélande

4

Afrique du sud

 

3 Australie

3 Samoa

 

2 Argentine

2 Géorgie

 

Bayonne

staff français et sud africain

19 12 4 Nouvelle Zélande 3 Afrique du sud

2 Tonga

2 Samoa

 

La Rochelle

staff français

19 8 7 Nouvelle Zélande 3 Fidji

2 Géorgie

2 Afrique du sud 

2 Australie

 

RCT

staff italien, français et néo zélandais

19 10 5 Afrique du sud 4 Australie

2 Fidji

2 Géorgie

 

Grenoble

staff irlandais

19 7

4 Afrique du sud

4 Australie

4 Nouvelle Zélande

3 Fidji 2 Irlande  

Pau

staff néo zélandais et français

18 10 5 Nouvelle Zélande

3 Irlande

3 Fidji

   

UBB

staff français et anglais

18 7 5 Nouvelle Zélande

4 Fidji

4 Afrique du sud

3 Australie  

S Français

staff argentin, fidjien et néo zélandais

17 7 7 Afrique du sud 3 Australie

2 Fidji

2 Samoa

 

Brive

staff français

17 5 6 Fidji 5 Afrique du sud 3 Australie 2 Nouvelle Zélande

Racing

staff français et irlandais

17 5 7 Nouvelle Zélande 5 Afrique du sud

2 Fidji

2 Argentine

 

Toulouse

staff français

16 10 4 Samoa

2 Fidji

2 Afrique du sud

2 Nouvelle Zélande

   

ASM

staff français et néo-zélandais

15 8

3 Fidji

3 Nouvelle Zélande

2 Angleterre

2 Géorgie

2 Afrique du sud

   

Castres

staff français et anglais

14 8 4 Afrique du sud

2 Tonga

2 Nouvelle Zélande

2 Argentine

   

5 réflexions sur “Les différentes nationalités des rugbymen du Top 14 pour la saison 2016-2017

  1. La mode est au recrutement connotation hémisphère sud , pays de hautes valeurs rugbystique où maintenant les jours ont trouvé une destination « eldorado  » pour palier aux nombreux problèmes sociétaux que leur pays rencontre . De plus, je ne trouve pas toujours ces joueurs au niveau de la réputation qu’on leur prête . Il est reconnu qu’ils sont « joueurs » ou entreprenants mais dans un système de jeu qui est verrouillé( Nadolo l’ailier au physique monstrueux de Montpellier qui est joueur mais n’a pas pesé sur le match face à Clermont ) , on ne les voient pas trop briller et ils auraient tendance à « s’endormir » . Bref, pas toujours une réussite , mais ils sont là !!!!

  2. Bravo belle étude qui montre les faiblesses de notre sport dans notre giron.
    Même S il est plaisant de voir évoluer certains de ces grands joueurs chez nous il n’en demeure pas moins que nous ne devons pas nous étonner de notre niveau à tous les étages de nos équipes.
    Le pire C est que ce phénomène se multiplie jusqu’en F3 …!!

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