Par Frédéric Bonnet

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Je ne vote pas aux élections présidentielles de la FFR, mais ça ne m’empêche pas d’avoir des idées en matière de politique-rugby. 

Le monde de la finance, et son ultralibéralisme, fait souffrir la France et donc le rugby. 

Ce rugby gouverné par un aigle à trois têtes (le ministère des sports, la FFR et la LNR) est en plein marasme.

Il perd ses plumes, ses fameuses valeurs qui font son originalité, et donc son intérêt pour le grand public.

Il ne fait pas jouer les rugbymen qu’il forme, mais dans le même temps, il exploite de jeunes géorgiens ou fidjiens en les sous payants et en les traitant comme des esclaves modernes : les deux faces d’une même pièce.

Il ne donne pas toute sa place au rugby féminin.

Il n’a plus sa place dan sale parcours EPS dans les écoles primaires.

Il tourne le dos à son histoire et il dérive loin des ses fondations.

Il ne redistribue pas assez équitablement ses richesses aux clubs amateurs.

Il a fait du dopage un tabou honteux et il blesse de plus en plus ses joueurs de plus en plus costauds.

Enfin, conséquence logique de ce déplume en règle, il n’est plus une référence rugbystique mondiale.

Si tous les amoureux et acteurs du rugby votaient pour le président de la FFR, qui sait pour qui leur coeur pencherait ?
On ne le saura malheureusement jamais. Seuls les dirigeants des 1885 clubs de rugby français (au prorata du nombre de leurs licenciés) voteront.

Mais, pour quel programme vont-ils donc voter ? Pour quelle liste vont-ils pencher ? Quel président vont-ils préférer ? Quel mot d’ordre va les toucher ?

La fédé c’est nous ?
L’avenir du rugby nous appartient ?
Le club notre famille, notre combat ?

La campagne électorale ne les aura pas aidé à se positionner. Il a été plus souvent question de débiner son adversaire et de le calomnier que d’argumenter et d’avoir un discours agencé et structuré.

Certains et certaines ont essayé. En vain en général, tant leurs adversaires n’avaient de cesse de pinailler, de contredire arbitrairement, voire de censurer leur propos (un de mes articles a été ainsi censuré, va savoir pourquoi).

Le média du rugby s’est essayé à l’exercice du sondage…
Après l’ expérience de l’élection présidentielle américaine et celle des primaires de la droite, on ne devrait pas trop se fier aux prédictions des instituts de sondage, fussent-elles celles de Midi olympique !
Comment évaluer la détresse de la plupart des votants ? Comment connaitre les pressions qu’ils subissent et mesurer leurs intérêts personnels ?

Qui sélectionner en équipe de France de la FFR ?
– Papé, Rougé-Thomas, Estébanez et Vivies
-Dominici et janik
-ou Pelous, Blanco et Maso ?

Personne n’avait vu venir Trump ou Fillon.
En Amérique personne n’avait prédit la victoire d’un candidat démagogue et excessif contre un candidat représentant le pouvoir en place.
En France, personne n’avait misé sur le candidat discret, austère, lisse et thatchérien.

Le coeur des rugbymen français penche traditionnellement et historiquement plutôt à droite. Il n’y aura pas de Mélenchon du rugby. L’ultralibéralisme ne sera pas combattu.
C’est malheureux car mon rugby idéal, c’est celui des cercles républicains et des instituteurs landais. Celui qui combattait le foot et le basket des patronages catholiques. Celui qui dominait le rugby des années 60.

Alors bon et joyeux vote, en espérant que le rugby français ne s’en sorte pas trop mal et sorte vainqueur de ces élection.