Les trois diasporas des joueurs du Rugby Club Toulonnais

L’histoire du Rugby Club Toulonnais est faite de passion, de tumulte, d’amitiés indéfectibles et de ruptures. De sa naissance en 1908 au RCT contemporain, le club joue un rôle culturel central dans la ville de Toulon. Port ouvert sur le large, la ville a toujours su à la fois intégrer ses minots de Besagne, du Mourillon et des clubs innombrables de la ville et de la région, mais aussi accueillir des « estrangers », d’abord venant de toute l’Ovalie et désormais du monde entier. Sans les trois terribles diasporas des années 70, puis 2000 et enfin actuelle, le RCT aurait pu régner des décennies entières, comme l’ont fait Lourdes, Béziers ou Toulouse. Pire, qu’elle place laisse désormais le RCT du TOP 14 à ses jeunes formés par l’excellence école de Rugby de l’association du RCT ?

 

Naissance du RCT

Le rugby à Toulon est né à quelques kilomètres du stade Mayol aux milieux des chantiers navales de La Seyne sur mer. Le parisien Victor Marquet amena dans ses valises parisiennes les couleurs du Stade français (le rouge et le bleu) qu’il transmis à son premier club l’Union Sportive Seynoise. Le RCT est né le 3 juin 1908 de la dissolution du Stade Varois, lui même fruit de la fusion entre l’Union Sportive Seynoise et l’Etoile Sportive Toulonnaise. Le RCT dès sa naissance est donc familiarisé avec les crises, les querelles internes, la passion et les amitiés. Etonnant, il ne fut déclaré en préfecture que le 8 février 1917 !

D’emblée le RCT a épousé et reflété l’âme de la ville de Toulon :

  • Grand port de la Méditerranée ouvert sur le large, mais à la mentalité quasi insulaire,
  • ville de passage métissée et vivante, stigmatisée par la présence de son bagne et par divers envahisseurs, par des épidémies de choléra ou de peste, par le sabordage de la flotte, châtiée par l’armée de Napoléon pour son alliance avec les anglais au XVIIè siècle, mais ville fière qui a réussi à survivre à tous ces châtiments. 

Le RCT est donc a l’image de sa ville : mal-aimée, mais éprise d’honneur, courageuse, mais rebelle, rugueux, mais sentimental, refermé sur lui-même, mais accueillant successivement des générations de joueurs de rugby venus de tout l’hexagone, bref aussi mystérieuse, imprévisible et énigmatique que les paroles du Pilou-Pilou.

Même l’origine de ses couleurs rouge et noir reste floue : cadeau du grand rival si différent le Stade Toulousain ou apport des Saracens via un matelot anglais débarqué sur la rade ? Nul ne le sait précisément et cela n’a pas grande importance : la légende est en marche. Le rouge pour l’anarchie, la révolte, le sang, la rébellion, la couleur des bagnards, la passion ; le noir pour le deuil, la colère, la Terre, l’absolu.

Car le RCT a ses couleurs (bien différentes de celles de la ville, jaune et bleu), elle a sa cathédrale, le stade Félix Mayol en hommage à son premier bienfaiteur, le chanteur de variété auteur entre autre de « Viens poupoule », son emblème le muguet, symbole lui même du chanteur.

Le RCT ressemble à sa ville, c’est donc tout naturellement que les toulonnais se sont tout de suite identifiés au RCT. Le Toulon de l’Arsenal, du Port, de la  Marine, des Chantiers, des Forges, du cours Lafayette, du quartier Besagne, du Mourillon. 

Premier bouclier de Brennus 1931

Première finale perdue de 1948

Deuxième finale perdue de 1968

Troisième finale perdue de 1970 et première diaspora 

La reconquête de 1985 à 1992

Deuxième diaspora des années 97 à 2000 : les débuts du professionnalisme

Troisième diasporas : l’aire Boudjellal et son RCT tourné vers l’international 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *